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Au sujet du remarquable article de Nicolas Bonnal : mai 68

Voici un bien bel éclairage que vient de nous offrir Nicolas Bonnal dans le cadre d’un superbe article (1) consacré à mai 68, très récemment mis en ligne sur le site Emprise.

Concernant ce que l’on a appelé « les événements », chacun ou presque – signe des temps – y va de sa petite subjectivité.

Mai 68 est souvent considéré comme un mouvement de gauche. Encore faudrait-il définir le terme. Bien évidemment, la majorité de ces jeunes portaient cheveux longs, phénomène importé d’ailleurs – encore Nicolas Bonnal – d’outre atlantique. Mais 68, lui même, est d’importation américaine. C’est ainsi qu’il eut son équivalent américain lors du soulèvement de Berkeley dès 1964. Voilà qui corrobore donc la thèse de Nicolas Bonnal.

Evidemment, les jeunes de 68, avaient l’allure gaucho et chantaient l’internationale. Il n’empêche. Si la contestation du pouvoir en place était leur leitmotiv, il ne s’agissait pas pour autant d’antigaullisme. En effet, ce que rejetaient les étudiants, c’était le pouvoir, en tant qu’il était justement pouvoir. On commettrait d’ailleurs une erreur en passant sous silence les critiques des jeunes concernés, très virulentes, à l’encontre du parti communiste. Là encore, c’est le refus de structures à fort contenu paternaliste et encadrante qu’ils firent passer pour fascistes.

En ce sens, mai68, le libertaire – c’est bien de cela dont il s’agit – fut la grande propédeutique à l’avènement du fait libéral, très bien représenté par la nobelisation d’autorités économiques très libérales que furent Hayek et Friedmann durant les années 70. Mai 68, malgré les idées reçues, n’est donc pas un mouvement de gauche mais l’amorce d’un mouvement authentiquement libéral : clairement exprimé, de droite ! Sachant cela, on ne sera guère surpris de la trajectoire des anciens révoltés : ils sont aujourd’hui très rangés, à l’aise comme des poissons dans l’eau, au sein du monde libéral. Il n’y eut non pas trahison mais logique continuité.

D’ailleurs, ce que l’on appelle gauchisme aujourd’hui – les fameux antifas par exemple – n’est autre qu’une variante du libertarisme américain. Là encore et quoiqu’ils disent, il ne s’agit pas de lutter contre le fascisme, décédé au demeurant depuis des lustres, mais de s’opposer à toute forme d’autorité.

On parvient donc à un résultat sidérant : c’est que le gauchisme est encore plus à droite (comprendre encore plus libéral), que ne le sont Sarkozy et ses amis. Et le « jouir sans entraves » est beaucoup plus une opposition aux entraves, qu’une apologie de la jouissance. Après tout, les slogans de 68, comme par exemple « Ni Dieu, ni Maître » ressemblent particulièrement à l’expression libérale « laissez faire, laissez passer ».

Mais 68 n’est donc pas ce que beaucoup croient savoir ….

(1) L’article de Nicolas Bonnal

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