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Le pourquoi de la victoire prochaine des populismes

Sur ce qu’est le Populisme, dans son essence comme dans son devenir, les spécialistes s’interrogent (1) et semblent intellectuellement déstabilisés

Il y a la nouveauté du phénomène, sa brusque montée en puissance ainsi que sa quasi généralisation à l’échelle européenne (2)

Il n’est pas impossible que le populisme soit un poujadisme actualisé :

  • On trouve en effet dans le cadre du populisme la contestation du petit peuple contre les élites d’où qu’elles viennent. C’est ainsi que le centre, la droite et la gauche sont tous sanctionnés par la montée du populisme
  • Là où il y a aussi néo-poujadisme, c’est en raison de l’actualité du slogan « Sortez les sortants ». En tant que telle, la démarche est dirigée à l’encontre de toutes les structures politiques, peu ou prou, liées au Système
  • En revanche, attitude novatrice qui va à l’encontre de l’Udca, il ne s’agit plus de contester l’omniprésence de l’Etat mais au contraire de souligner son recul progressif avec les conséquences que l’on connaît pour le petit peuple

Beaucoup ont tendance à croire que dans chacun des pays tel ou tel populisme se voit esseulé et, par voie de conséquence, condamné à ne jamais exercer le pouvoir. Là encore, il s’agit d’une erreur :

  • Qu’une vieille bête comme Jean-Luc Melenchon qui a toujours pensé référentiel droite/gauche ne changera plus de repère, on s’en doute bien. Mais quid de ses troupes, notamment jeunes ? Un rapprochement entre populismes dits de droite et de gauche n’est nullement impossible dans les prochaines années. A commencer par une coalition, même non affirmée, qui sera sensible dans les urnes. Et à bien des égards, les discours anti-Système, aussi bien de Marine le Pen comme de Jean-Luc Melenchon, échappent au référentiel droite/gauche
  • Il existe aussi une autre catastrophe à venir pour la structure politico-économique en place. En l’occurrence celle d’une rivalité interne entre partis du Système, davantage soucieux de combattre le concurrent interne, que de sauvegarder le Système, quitte à faire alliance avec une ou plusieurs structures anti-Système

Et que l’on ne rit pas. L’exemple italien est ici éclairant

  • C’est ainsi que le responsable de la ligue du Nord, Matteo Salvini, n’a pas hésité à appeler à voter pour le M5S, dès le lendemain du premier tour des élections municipales
  • C’est ainsi que face au pouvoir en place, toujours en Italie, une coalition tacite s’est faite au Parlement, réunissant la Ligue du Nord, Forza Italia, le M5S ainsi que la gauche radicale

On peut donc constater que la double hypothèse initiale n’a rien d’aberrant :

  1. Union – assumée officiellement ou pas – des structures populistes au sein d’un même pays
  2. Aide apportée – assumée officiellement ou pas – d’une ou plusieurs structures systémiques aux populistes

C’est donc à une véritable révolution dans les esprits et dans les urnes à laquelle nous assistons. Non seulement le populisme a le vent en poupe mais de surcroît, il est désormais devenu probable qu’il accédera au pouvoir dans les prochaines années

Notes:

(1)

(2) Ne pas oublier, hors Europe, le phénomène Trump

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