Accueil DÉBATS Tribune Règlement de comptes entre soutiens de Valls et de Macron

Règlement de comptes entre soutiens de Valls et de Macron

Alors que le projet politique d’Emmanuel Macron entre désormais dans une phase programmatique, les partisans du premier ministre n’entendent pas lui laisser le champ libre en vue de 2017.

La torpeur estivale n’y fait rien, les soutiens de Manuel Valls ont toujours la dent dure face aux ambitions du ministre de l’Économie. Des tensions ravivées ce weekend, alors que la Grande Marche d’Emmanuel Macron a pris fin dimanche, ouvrant une nouvelle phase de rédaction d’un programme, en vue probablement de la présidentielle de 2017. Alors qu’entre le chef du gouvernement et le patron de Bercy, la tension s’est accrue tout au long du mois de juillet, le sénateur PS Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, est directement passé à l’offensive ce dimanche dans les colonnes du Parisien, ravivant de fortes tensions au sein de la majorité.

«Je ne me suis pas engagé en politique voilà plus de vingt ans pour m’extasier devant un rond-de-cuir devenu Brutus. C’est au président d’appliquer la règle qu’il a énoncée le 14 juillet, alors que Macron promet une tournée en province. S’il ne le fait pas, ce sera à mes yeux une marque soit de faiblesse, soit de complicité», a ouvertement tancé le maire d’Alfortville, n’hésitant pas à questionner l’autorité du président. Le franchissement d’une ligne rouge pour les soutiens d’Emmanuel Macron, qui s’est transformé en règlement de comptes sur les réseaux sociaux.

Fervent soutien de la Grande Marche de Macron, qu’il décline tout au long du mois de juillet en PACA, le député Christophe Castaner a été l’un des premiers à riposter aux attaques qui visent son champion. «Pendant les régionales, Luc Carvounas s’extasiait devant Christian Estrosi. Il s’en est excusé après auprès de moi. Il fera de même avec Emmanuel Macron?», s’interroge le candidat malheureux du PS, contraint au retrait le soir du premier tour en décembre dernier. Visiblement chargé de ressentiment quant au déroulé des élections régionales, il renchérit: «Quand Luc Carvounas voit Emmanuel Macron comme un “rond-de-cuir devenu Brutus”, ça me rappelle son soutien à Estrosi avant le 1er tour. Récidiviste!», assène-t-il. Avant de marteler: «Luc Carvounas qui flingue Emmanuel Macron, c’est bien lui qui fut directeur de campagne en île-de-France tout en soutenant Estrosi en PACA? Je dis ça, je ne dis rien».

Le patron du MJS en renfort du camp vallsiste

Un tir de barrage des soutiens de Macron auquel participe volontiers le député PS Richard Ferrand. «Nos vœux de succès au sénateur-maire Luc Carvounas, en pathétique quête de gloire par l’injure. Le zèle d’Icare sans doute», assène-t-il à son tour. «Luc Carvounas est un homme qui a le sens du cumul. En plus de ses nombreux mandats, il est aussi porte-flingue pour Valls», attaque de son côté Pierre Person, co-fondateur des Jeunes avec Macron avec Florian Humez. Ce dernier n’est d’ailleurs pas en reste, renvoyant l’élu du Val-de-Marne au rang de «second couteau», qui «ne s’est pas engagé en politique pour s’extasier sur un rond de cuir, ni pour siéger visiblement»

Un peu isolé en ce début de mois d’août, Luc Carvounas n’a pas pour autant renoncé à déballer son linge sale en public ce lundi. «Les marcheurs d’Emmanuel Macron ont des arguments sur le net à mon encontre qui vont se retourner contre ses propres soutiens», prévient-il, avant de s’en prendre au maire de Lyon. «Tu peux commenter aussi l’activité au Sénat de Gérard Collomb -principal pilier d’Emmanuel Macron- juste pour rire!», lance Carvounas. Le sénateur répond ensuite à son camarade député des Alpes-de-Haute-Provence: «Ce n’est pas beau de mentir cher Christophe Castaner, mais vu l’heure de tes tweets tu devais être fatigué et ta mémoire chancelante». Et le sénateur vallsiste de recevoir le renfort de Benjamin Lucas, le président des Jeunes socialistes. «Brutus, lui, n’avait pas besoin d’un prompteur», tacle à son tour ce dernier, en référence au meeting du 12 juillet dernier qu’Emmanuel Macron avait animé à l’aide de quatre prompteurs transparents.

Source: Le Figaro :: lien

Attachments

Consulter aussi

Oui, le colonialisme est un crime contre l’humanité !

En déclarant que “la colonisation est un crime contre l’humanité, une véritable barbarie”, Emmanuel Macron …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close