Accueil ACTU Politique Primaire à droite : qui sont les huit candidats sur la ligne de départ ?

Primaire à droite : qui sont les huit candidats sur la ligne de départ ?

Ils étaient treize, ils ne sont plus que huit après l’étape des parrainages. Portraits des prétendants à la primaire de la droite.

Le dépôt des parrainages de ce vendredi vient clore le suspens autour du nombre de candidats qualifiés pour la primaire à droite. Des treize prétendants, il n’en reste plus que huit. Une compétition où tous ne nourrissent pas les mêmes ambitions. Voici le profil politique et programmatique des postulants à la course à l’Elysée.

» Alain Juppé, «l’identité heureuse» qui fait la course en tête

Son parcours: Né en 1946, Alain Juppé est le candidat le plus âgé de la primaire. Ce qui ne l’empêche pas de caracoler en tête des sondages depuis plusieurs mois. Plume de Jacques Chirac lorsque celui-ci dirigeait le RPR, Alain Juppé fut ministre du Budget, des Affaires étrangères, puis premier ministre d’un Chirac fraîchement élu à la présidence de la République. Il retrouva le Quai d’Orsay en 2011 sous la tutelle de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Maire de Bordeaux depuis 2001, Alain Juppé veut mettre en avant à la fois sa carrure d’homme d’État et son expérience du terrain.

Ses idées: Depuis son entrée en campagne en 2014, l’ex-premier ministre a fait de son «identité heureuse» une pierre angulaire de sa candidature. D’inspiration anglo-saxonne, elle dessine les contours d’une «droite à visage humain», qui ne serait pas arc-boutée sur la notion d’assimilation pour les immigrés et qui n’hésiterait pas à se montrer progressiste sur le plan sociétal. Ce qui ne l’a pas empêché de faire la promotion d’un «État fort» dans son dernier ouvrage programmatique. Un positionnement, donc, à la fois résolument libéral et suffisamment modéré pour capter les voix du centre, notamment dans les grands espaces urbains.

Ses ambitions: La victoire. En tête des sondages de manière quasi-constante depuis son entrée en campagne, Alain Juppé fait le pari de puiser dans le vivier des déçus de la gauche et du hollandisme. Entouré de soutiens modérés, comme François Bayrou et Jean-Pierre Raffarin, il compte également sur la mobilisation de l’électorat centriste. Mais il doit composer avec la remobilisation du camp sarkozyste après l’entrée en campagne de l’ancien président.

» Nicolas Sarkozy, le revenant qui veut prendre sa revanche

Son parcours: Jeune gaulliste, Nicolas Sarkozy entre en politique avec la volonté, dès le départ, «de devenir président de la République». Après avoir un temps été proche de Jacques Chirac, il choisit finalement son frère ennemi Édouard Balladur pour l’élection présidentielle de 1995. Après la défaite de son champion, il est contraint de se ranger du côté de l’ancien maire de Paris, devenu président. Après une traversée du désert, il devient ministre de l’Intérieur en 2002. Il imprime alors sa marque en plaçant la sécurité au cœur de ses priorités. Puis il occupera, lors du même quinquennat, le poste de ministre de l’Économie dans le gouvernement Raffarin. Il présidera enfin l’UMP jusqu’à être élu chef de l’État en 2007. Sa défaite contre François Hollande, cinq ans plus tard, l’a conduit à s’imposer une retraite d’environ deux ans. En novembre 2014, il devient enfin chef de l’opposition en prenant les rênes de l’UMP, devenue Les Républicains (LR) en mai 2015.

Ses idées: Cela a longtemps été la grande inconnue de cette élection. Arrivé avec un projet neuf et aux accents libéraux en 2007, Nicolas Sarkozy a changé de ton et droitisé sa campagne en 2012: l’édition 2017 était donc attendue par les observateurs. Révélées dans un livre-programme intitulé Tout pour la France, les grandes lignes de ce projet s’axeront autour de cinq grands points: la vérité, l’identité, la compétitivité, l’autorité et la liberté. Parmi les mesures phares figurent notamment la suspension temporaire du regroupement familial, le rétablissement provisoire du contrôle aux frontières, la décentralisation du temps de travail à l’échelon de l’entreprise, ou encore la promesse de baisses d’impôts.

Ses ambitions: Nicolas Sarkozy veut très clairement prendre sa revanche. Persuadé qu’il aurait pu refaire son retard et remporter l’élection de 2012 si la campagne avait duré deux semaines de plus, l’ancien chef de l’État n’a jamais digéré d’être battu par François Hollande. Ainsi, fort d’une stature internationale certaine et d’une expérience incontestable, il ambitionne de franchir à nouveau les portes de l’Élysée pour cinq ans.

» Bruno Le Maire, la carte du «sang neuf»

Son parcours: Normalien, énarque, diplômé de Sciences Po, Bruno Le Maire fut longtemps un fidèle de Dominique de Villepin, travaillant pour lui au secrétariat général de l’Élysée, au Quai d’Orsay puis à Matignon, où il fut son directeur de cabinet. Élu sous l’étiquette UMP dans l’Eure en 2007, il est promu secrétaire d’État aux Affaires européennes puis ministre de l’Agriculture sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Ne cachant pas sa passion pour la littérature, le candidat a plusieurs fois retranscrit ses expériences au sommet de l’État au travers d’ouvrages à succès. Depuis l’élection de François Hollande, il dit se consacrer à plein temps au travail de terrain.

Ses idées: Plus jeune candidat en lice à 46 ans, Bruno Le Maire veut incarner le renouveau des élites politiques. Même s’il fustige le «modèle autoritaire et énarchique» qui guide d’après lui la France, le député de l’Eure en est un pur produit. Il l’assume d’ailleurs. Voulant se montrer au plus proche des Français, Bruno Le Maire a enchaîné, d’après son équipe, plus de 320 déplacements depuis 2013. Au-delà du désir de changer «les vieilles recettes et les vieilles ficelles», l’élu normand ne diverge pas radicalement de ses concurrents au niveau programmatique. Si ce n’est que Bruno Le Maire mise beaucoup sur l’allègement du rôle de l’État au profit de la société civile et de l’individu. Une proposition phare allant dans ce sens: la suppression d’un million de fonctionnaires en 10 ans.

Ses ambitions: En une phrase, distillée dans les colonnes du Monde, l’ancien ministre a voulu résumer sa pensée: «Que c’est bon de se lever le matin et de vouloir diriger le pays». De fait, malgré sa jeunesse, Bruno Le Maire a pour objectif de figurer à l’élection présidentielle de 2017. Pour cela, il lui faudra jouer des coudes pour se faire une place parmi les favoris de la primaire et se démarquer de son image de «premier ministre idéal». Les sondages font de lui le troisième homme de cette primaire pour l’instant, certes loin derrière les deux favoris, mais avec tout de même 17% des intentions de vote selon un sondage TNS Sofres-One Point du 28 août.

» François Fillon, candidat de la «rupture» thatchérienne

Son parcours: Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant toute la durée de son quinquennat, François Fillon a entamé sa carrière sous l’aile de l’ancien ministre gaulliste et député de la Sarthe Joël Le Theule, dont il reprend le siège lors des législatives de 1981. Depuis, il aura arpenté les couloirs ministériels, notamment ceux de l’Enseignement supérieur puis des Affaires sociales, avant d’être nommé à Matignon par Nicolas Sarkozy en 2007.

Ses idées: François Fillon veut se présenter comme le candidat de la «vraie» rupture en prescrivant, pour la France, une cure libérale quasi-thatchérienne. Baisse de 110 milliards d’euros dans les dépenses publiques, retraite à 65 ans, fusion des retraites du public et du privé, retour aux 39 heures… Toute une série de mesures censées adapter le modèle social français à la mondialisation, «un fait» et non une «hypothèse» selon le député de Paris. Un positionnement que n’aurait pas renié un Alain Madelin en 2002, mais qu’aurait sûrement rejeté Philippe Séguin, mentor politique à qui François Fillon avait rendu un vibrant hommage lors de son décès en 2010.

Ses ambitions: Comme Alain Juppé, François Fillon ambitionne de diriger la France. Dès 2013, il avait annoncé qu’il serait candidat «quoi qu’il arrive» à l’élection de 2017. Rival affirmé de Nicolas Sarkozy et critique à l’égard de la «modération» d’Alain Juppé, le député de Paris, malgré les sondages qui ne décollent pas, défendra sa candidature jusqu’au bout.

» Nathalie Kosciusko-Morizet, la «tueuse» en liberté

Son parcours: La politique est une affaire de famille, chez les Kosciusko-Morizet. Née en 1973, la jeune «NKM» est à la fois fille, petite-fille et arrière-petite-fille d’hommes politiques. C’est d’ailleurs probablement ce qui l’a poussée à s’engager elle aussi. Élue conseillère régionale d’Ile-de-France à trente ans, la polytechnicienne a enchaîné des postes toujours plus prestigieux: maire, secrétaire d’État, ministre, vice-présidente déléguée de l’UMP, députée, porte-parole des Républicains… Une ascension fulgurante qui a toutefois connu deux coups d’arrêt ces derniers mois: lorsqu’elle a largement perdu la municipale à Paris, en mars 2014, et lorsqu’elle a été évincée de la direction de LR, en décembre dernier. Une façon pour elle de reprendre sa liberté.

Ses idées: Elle a longtemps porté la parole de Nicolas Sarkozy. Mais Nathalie Kosciusko-Morizet a profité de la défaite de 2012 pour s’émanciper définitivement de l’ancien chef de l’État et commencer à défendre ses propres convictions. Femement opposée à la «droitisation» impulsée par l’éminence grise Patrick Buisson, l’élue francilienne a fait de sa liberté de parole l’une de ses principales caractéristiques. Libérale sur les questions économiques – elle prône la fin des 35 heures et la retraite à 65 ans -, elle est plutôt progressiste sur les questions sociétales – favorable au mariage homosexuel et à la procréation médicalement assistée (PMA). «NKM» n’a par ailleurs pas hésité à multiplier les prises de position allant à l’encontre de celles de son parti: notamment lorsqu’elle s’est opposée au «ni-ni» adopté à l’entre-deux tours des régionales, ou lorsqu’elle a cherché à prendre la tête de la fronde contre la déchéance de nationalité.

Ses ambitions: Créditée en moyenne de 2% des intentions de vote, la quadragénaire n’ambitionne pas de l’emporter en novembre prochain. Mais, véritable caillou dans la chaussure de Nicolas Sarkozy, cette «tueuse» autoproclamée entend peser de tout son poids pour faire avancer ses idées. Pour obtenir les vingt parrainages de parlementaires indispensables à sa qualification, la candidate, isolée dans son parti, a bénéficié du soutien d’Alain Juppé, de François Fillon et même de Nicolas Sarkozy. Un soutien stratégique de la part de l’ancien président de la République, destiné à faire de l’ombre à son principal rival, Alain Juppé.

» Jean-François Copé, promoteur d’une «France décomplexée»

Son parcours: Avant de devenir un «bébé Chirac» au milieu des années 90, Jean-François Copé a démarré son parcours sous la tutelle d’Edouard Balladur. Choisissant le camp (finalement gagnant) de Jacques Chirac, l’énarque deviendra secrétaire d’État en 2002. Ambitieux assumé, ce descendant de juifs roumains a présidé le groupe UMP à l’Assemblée avant que Nicolas Sarkozy ne l’adoube à la tête du mouvement en 2010. Un échange de bons procédés, Copé promettant en retour de soutenir le président pour sa réélection. Mêlé à la ténébreuse affaire Bygmalion à partir de 2014, le député-maire de Meaux a réussi à éviter une mise en examen.

Ses idées: Avec sa «France décomplexée», défendue lors de sa déclaration de candidature sur France 2, Jean-François Copé s’éloigne peu des thèses qu’il défend depuis plusieurs années. Notamment le concept de «droite décomplexée», à la fois dure au plan sécuritaire et moral, et économiquement libérale. Fustigeant avant tout la crise du «résultat», Jean-François Copé opère donc une sorte de synthèse entre les positions de certains de ses concurrents, allant volontiers de François Fillon à Nadine Morano pour piocher ses idées.

Ses ambitions: Ne pouvant pas, selon toute vraisemblance, se démarquer véritablement de ses rivaux, Jean-François Copé vise d’autres objectifs. Même s’il en a juré autrement, il semble avant tout vouloir arpenter les plates-bandes idéologiques et grignoter les voix de Nicolas Sarkozy, avec lequel il est entré en guerre ouverte depuis l’éclatement de l’affaire Bygmalion. Un duel en gestation depuis plusieurs décennies, la présidentielle de 1995 ayant à jamais rendu les deux hommes méfiants l’un de l’autre.

» Hervé Mariton, le candidat de la Manif pour tous

Son parcours: Éphémère ministre des DOM-TOM de Jacques Chirac, Hervé Mariton a fait sa percée médiatique au moment du débat sur le mariage pour tous. Polytechnicien, ingénieur du Corps des mines et russophone, le député et maire de Crest (Drôme) aura d’abord été un fervent soutien de Dominique de Villepin. Il a été candidat à la présidence de l’UMP en 2014, récoltant 6,3% des suffrages.

Ses idées: À la tête d’un club libéral depuis 2006, Hervé Mariton défend certaines positions économiques assez similaires à celles de ses rivaux, hormis le concept peu repris de «flat tax». Sur le plan sociétal en revanche, le député de la Drôme s’est plusieurs fois déclaré en faveur d’un droit du sang «ouvert». Conservateur sur le plan des mœurs, il s’oppose à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels.

Ses ambitions: Déjà candidat à la présidence de l’UMP en 2014, Hervé Mariton veut incarner le bloc des conservateurs libéraux lors de la primaire. Devenu farouche opposant de Nicolas Sarkozy, à qui il a demandé de retirer sa candidature, l’ancien ministre a obtenu sur le gong les parrainages pour la primaire.

» Jean-Frédéric Poisson, le successeur de Christine Boutin

Son parcours: Président du Parti chrétien-démocrate, le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson occupera l’espace laissé vacant par Christine Boutin. Un temps maire de Rambouillet, le patron du PCD avait soutenu la candidature d’Hervé Mariton à la présidence de l’UMP en 2014. Fidèle de l’ancienne ministre du Logement, il s’est illustré médiatiquement lors des débats parlementaires sur la loi Taubira. L’élu francilien s’est également fait connaître en partant à la rencontre de Bachar el-Assad, en Syrie.

Ses idées: Là où Hervé Mariton défend un positionnement davantage teinté de libéralisme au plan économique, Jean-Frédéric Poisson s’est beaucoup focalisé sur les questions de famille et la défense des chrétiens d’Orient. Notamment par l’intermédiaire de son voyage polémique en Syrie.

Ses ambitions: Contrairement à ses rivaux, Jean-Frédéric Poisson n’a pas été soumis aux règles de parrainages parlementaires adoptées par les Républicains. Il se présente avant tout comme le représentant d’un parti autonome. Tout en exprimant son manque d’intérêt pour le processus des primaires: «C’est comme les salsifis! Je n’aime pas ça mais quand il n’y a que ça à manger et que j’ai faim, je m’en contente», avait-il déclaré à Valeurs Actuelles.

Le Figaro

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