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Martine Aubry se tourne vers François Hollande

La maire de Lille et Jean-Christophe Cambadélis ont lancé samedi un appel au rassemblement des gauches lors d’un meeting.

Malgré «parfois des erreurs» et «même des échecs» au fil de ce quinquennat, Martine Aubry a décidé de rester légitimiste. Il est loin le temps du «trop, c’est trop» dans sa tribune contre le gouvernement et le chef de l’Etat, publiée en février dernier avec d’autres acteurs de la gauche. Samedi à Lomme, en banlieue de Lilles, pour la 19e édition de la rentrée des socialistes de la Région, transformée en université locale par la direction du parti, l’ex-première secrétaire du PS a très largement épargné François Hollande. Augurant de son soutien à venir.

» Qui Aubry soutiendra-t-elle à la primaire?

Sans se préoccuper de n’être «pas à la mode», l’ex-candidate à la primaire de 2011 et figure du PS a souligné dans les premières minutes de son intervention, qu’elle serait «toujours, inlassablement, une militante du rassemblement de la gauche». Sans doute que la tempête annoncée à gauche à la présidentielle rend plus vif encore son militantisme en faveur de l’unité. Sans doute encore, les accords récemment noués avec le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, en faveur de ses proches aux prochaines législatives, facilitent aussi ce militantisme.

Martine Aubry veut avancer et l’objectif, c’est «de retrouver la crédibilité. Pas question donc pour elle, qui veut comme à son habitude tirer le parti sur sa gauche, de ne pas regarder en face ce qui n’a pas été bon dans le bilan. «Nous ne gagnerons pas avec cette seule idée qu’avec la droite, ce sera pire que nous», a-t-elle lancé sur son ton habituel à une assez petite assemblée socialiste et quelques ministres qui avaient fait le déplacement, dont Patrick Kanner, ministre de la Ville et Laurence Rossignol, ministre des Familles. Dans sa ligne de mire: la loi Travail, le travail du dimanche mais surtout la déchéance de nationalité. Et surtout, deux ministres ou anciens ministres: Manuel Valls et Emmanuel Macron. Le premier a été épinglé aussi bien sur le dossier de l’identité que sur celui des deux gauches qu’il a jugées irréconciliables. «Ceux, a-t-elle jugé, qui pensent que l’identité doit supplanter l’égalité dans le panthéon de la République, y compris des socialistes, se trompent». Quand à dire que les gauches sont divisées de façon définitive, cela la blesse, «énormément». Macron cité lui nommément, et sans son prénom, en a pris pour son grade. La question économique, ce n’est pas «de casser les protections d’hier, mais de trouver de nouvelles sécurités». Il faut trouver «de nouvelles règles contre l’ubérisation de la société», a conseillé Aubry, soulignant très volontairement en avoir «parlé récemment avec le Président». L’accord est noué.

François Hollande a donc été épargné et son action louée, qu’il s’agisse de l’international, de l’engagement dans la lutte contre le terrorisme… «Les difficultés rencontrées ont été énormes», a-t-elle insisté. Hollande n’étant pas encore candidat, il lui était difficile de le soutenir plus explicitement. L’Elysée et Solférino peuvent désormais se féliciter de cette prise de guerre, même si les doutes à ce sujet depuis le début de l’été étaient très ténus. Seul caprice manifestant son souci de rester toujours indépendante, la maire de Lille n’est pas montée sur la tribune pour la photo de famille. «Mal au dos», a-t-elle argué. «Plein le dos», ne vont pas sans doute tarder à lui répondre les frondeurs, déjà ouvertement lassés par ses positionnements fluctuant. Et par les odeurs d’arrière-cuisine sur fond d’investitures.

Présent, Cambadélis a résumé l’affaire en quelques mots. «Je dis à l’ensemble des militants de la gauche: ne vous trompez pas de colère, vous avez eu des jugements sur la politique gouvernementale, nous avons face à nous une offensive jamais vue dans la Ve République».

Le Figaro

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