Accueil ACTU Politique Pour rebondir, Sarkozy veut rejouer le peuple contre les élites

Pour rebondir, Sarkozy veut rejouer le peuple contre les élites

L’ex-chef de l’Etat voulait faire de son meeting, ce dimanche à Paris, une démonstration de force.

Frapper fort, montrer qu’il est « inébranlable », dixit un proche, face aux aléas de la campagne, à la « tendance médiatico-sondagière », renchérit un autre, qui le place derrière Alain Juppé pour la primaire « mais devant chez les sympathisants de droite hors FN », souligne-t-il. C’était l’objectif, dimanche, de Nicolas Sarkozy qui tenait le plus important meeting de sa campagne, au Zénith de Paris, devant plus de 6.000 personnes. Avec notamment Laurent Wauquiez, François Baroin et une invitée de marque, la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

« Le peuple de France a besoin de lui […] Il a eu des erreurs, mais a eu le cran de se reprendre », a-t-elle avancé. « Comme ancien président, il doit sauter plus haut que les autres pour être qualifié », a glissé Eric Woerth, qui estime que « d’omniprésident, Nicolas Sarkozy est aujourd’hui devenu une omnicible ».

Alors, pour tenter d’inverser la tendance, Nicolas Sarkozy a développé le thème du « déclassement » de la France contre lequel il dit vouloir lutter : déclassement économique et à l’international, déclassement des quartiers, à l’école, de la ruralité — et en particulier déclassement de « cette classe moyenne qui s’est mise à compter ses fins de mois ». Dans une veine qui ressemble très fortement à sa campagne de 2012, et sans oublier de lâcher de nombreuses piques à Alain Juppé, l’ancien président a voulu se poser comme le candidat qui « parle du quotidien des Français » et non pas « le représentant d’une élite pour qui tout va bien ». Sous-entendu, selon lui, le maire de Bordeaux.

La « majorité silencieuse » contre les « bien-pensants »

Bref, Nicolas Sarkozy s’est remis à entonner haut et fort la chanson du « peuple » contre les « élites », de la « majorité silencieuse » contre les « bien-pensants ». « Je ne cherche pas la bénédiction du petit Paris mondain. Je cherche la résurrection du peuple français », a martelé Nicolas Sarkozy, citant tour à tour le travail, le mérite, l’effort, les racines, Renan et la nation, De Gaulle, la lutte contre le communautarisme, l’assimilation, les Gaulois mais aussi Aimé Césaire, l’autorité, l’immigration, l’identité, « seule façon de préserver notre unité ».

Et de remettre en avant sa proposition de deux référendums au second tour des législatives, sur la suspension du regroupement familial et l’internement administratif des fichés S les plus dangereux . Des référendums qui ont immédiatement fait polémique, en particulier sur leur faisabilité. « Quel scandale, quel populisme », s’est-il amusé, singeant l’indignation et fustigeant « le cartel des non ».

Un meeting peut-il changer la donne des primaires ?

C’est avec eux qu’il espère lever l’énorme doute sur le fait qu’il fera ce qu’il dit s’il est élu. C’est aussi avec eux qu’il veut faire tourner le débat autour de lui, notamment jeudi sur TF1 lors du premier débat de la primaire. « On ne rassemble pas la France en esquivant les sujets les plus difficiles », a-t-il ensuite martelé, visant Alain Juppé, répétant qu’il veut « une alternance forte, pas l’alternance molle ».

« La France se rassemblera sur un projet clair. […] Redevenons une seule France ! » a-t-il lancé avant de dérouler ses propositions. « Le déclassement, en d’autres temps, on aurait appelé cela la fracture sociale », avance Gérald Darmanin, son directeur de campagne, espérant que, comme Jacques Chirac jadis, Nicolas Sarkozy sera cette fois le candidat qui gagne « contre le système ». «Le problème, c’est que le peuple de France a déjà dit non, je ne connais pas de peuple qui change d’avis, veut croire un poids lourd du parti.Le paysage de la primaire est en train de se caler, ce n’est pas un meeting ni le débat de jeudi qui pourront changer la donne. »

Les Echos

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