Accueil ACTU Politique 2017 : Hollande prêt à voter pour Sarkozy au second tour face à Le Pen

2017 : Hollande prêt à voter pour Sarkozy au second tour face à Le Pen

Dans un livre à paraître jeudi, le chef de l’État confie qu’il pourrait appeler à voter pour son prédécesseur au second tour de la présidentielle afin de faire barrage à l’extrême droite, et ce même s’il dénonce «la grossièreté» et «l’appât de l’argent» de Nicolas Sarkozy.

L’anecdote relayée par les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet dans leur ouvrage à paraître jeudi Un président ne devrait pas dire ça (Éditions Stock) risque de ne pas laisser la droite indifférente. Dans les bonnes feuilles publiées mercredi dans L’Express, François Hollande, s’il fustige avec vigueur la «grossièreté», «le cynisme» et «cette espèce d’appât de l’argent» chez Nicolas Sarkozy, confesse qu’il appellerait à voter pour lui au second tour de la présidentielle en cas de duel avec Marine Le Pen.

«Uniquement l’argent! Que l’argent…»

Les deux journalistes racontent dans leur livre le quinquennat de François Hollande à travers de nombreux entretiens avec le président de la République, qui se livre sur de nombreux responsables politiques dont celui qu’il a battu à la présidentielle de 2012. «Les cassettes» de l’ex-conseiller à l’Élysée de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, «sont très importantes, non pas qu’elles révèlent quoi que ce soit – il n’y a pas de secrets d’État – mais elles vont révéler ce qu’est ce type. Sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme», déclare encore le chef de l’État. «Ce qu’on ne voit pas chez lui, c’est qu’il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n’est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d’appât de l’argent? (…) Il s’entoure de gens d’argent. Pourquoi? (…) L’argent est toujours l’argent! C’est ça qui est étonnant», souligne François Hollande.

«S’il fallait appeler à voter Sarkozy, on le ferait»

Pour autant, tout en dénonçant «la ligne de Sarkozy» qui est «la peur» et «le choix de la radicalisation verbale pour aller chercher les électeurs du Front national», François Hollande n’hésiterait pas à voter pour Nicolas Sarkozy si celui-ci était opposé, au second de la présidentielle, en mai 2017, à la présidente du Front national, Marine Le Pen. «Oui, moi je le ferais. J’irais, pour voter contre Le Pen. Il faut se rappeler, c’était déjà très dur pour moi d’appeler à voter Chirac en 2002 (…) S’il fallait appeler à voter Sarkozy, on le ferait», confie-t-il.

 Interrogé sur l’issue de la primaire de la droite, il lançait en août 2015: «Normalement, ce devrait être Sarkozy (…) Mais si, dans les sondages, il apparaît que Sarkozy ne peut pas gagner ou est fragile, alors les gens iront vers Juppé». Car, insiste-t-il, Nicolas Sarkozy est «tellement excessif qu’il peut semer le trouble dans son propre camp».
«C’est hélas le comportement de la justice»

Le chef de l’État semble parfois compatir aux ennuis judiciaires de son prédécesseur. Évoquant la géolocalisation par les juges de ses téléphones, il déclare: «S’il n’y a rien dans le dossier, c’est choquant, c’est vrai». «C’est hélas le comportement de la justice», lâche-t-il même. Quant à l’affaire Bygmalion, qui empoisonne Nicolas Sarkozy, il assure que sa mise en examen ne le réjouit pas: «Non. Un ancien président de la République qui passe douze heures dans le cabinet d’un juge d’instruction (…) C’est quand même éprouvant».

«J’ai trouvé que la mise en examen sur ce point était peut-être automatique dès lors qu’il avait signé les comptes (de campagne) mais n’indiquait rien sur sa connaissance ou pas de l’affaire Bygmalion», ajoute-t-il.

Le Figaro

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