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Thoreau, Walden et le racket immobilier

Nicolas Bonnal

 

Thoreau, Walden et le racket immobilier

 

Vive la fin de crise décidément : les prix des loyers ont monté de 50% en cinq ans en Espagne, ce qui fait que beaucoup de gens, jeunes et sous-payés, vivent plus mal que pendant la crise. Comme on sait la « sortie de crise » à la sauce Goldman-Draghi n’aura servi que les milliardaires, les marchés financiers et autres privilégiés. La moitié du revenu sert à mal s’abriter, l’autre à survivre. Même ingénieurs, avocats ou médecins, les jeunes n’ont pas fini d’en baver – sauf les fils à papa et les prédateurs-financiers-surhommes-Epstein supérieurs. « Quand l’économie toute-puissante est devenue folle, et les temps spectaculaires ne sont rien d’autre… », disait Guy Debord.

 Les moyens se logent comme des rats partout, et même certains riches pas assez riches. C’est ce que j’appelle la prolétarisation des millionnaires : un million le studio à New York ou à Londres, deux millions à Hong-Kong ou Monaco, 666 000 ailleurs (Paris, Sydney, Berlin, Vancouver), etc… L’individu est appauvri et sans défense, broyé par la mâchoire capitaliste et bureaucratique (vous vouliez la troisième voie, vous l’avez, auteurs de non-sens !)… Même des pays raisonnables sont devenus hors de prix : Allemagne, Scandinavie, Pays-Bas…

 

Nous ne sommes qu’au début du camp de concentration dystopique-économique-électronique-démographique. L’Afrique-Asie est encore un peu campagnarde. En France le gouvernement totalitaire bobo à fait la chasse au peuple des campagnes qui ne raque pas assez pour son immobilier. Il veut l’effacer par les taxes-transports.

Un prototype d’avant-garde ? En Australie, jadis un pays si sauvage et si vide (ah, Mad Max…), 90% du populo vit dans les cinq mégapoles. Le piège électronique, hypnotique et financier a magnifiquement marché. On vous concentre pour mieux vous plumer. Et comme disait Jünger la condition de l’animal domestique n’est pas loin de celle de l’animal de boucherie. C’est dans son traité du rebelle, pour ceux qui voudraient comprendre encore notre monde.

 

Un qui parle bien du piège de l’immobilier, c’est Thoreau vers 1840 (Walden ebooksgratuits.com) :

 

« Maint homme se voit harcelé à mort pour payer le loyer d’une boîte plus large et plus luxueuse, qui n’eût pas gelé à mort en une boîte comme celle-ci. Je suis loin de plaisanter. L’économie est un sujet qui admet de se voir traité avec légèreté, mais dont on ne saurait se départir de même. »

 

Thoreau conseille d’imiter les indiens : « Toutefois, se propose-t-on de bâtir une demeure, qu’il convient de montrer quelque sagacité yankee, pour ne pas, en fin de compte, se trouver à la place dans un workhouse, un labyrinthe sans fil, un musée, un hospice, une prison ou quelque splendide mausolée… J’ai vu des Indiens Penobscot, en cette ville, habiter des tentes de mince cotonnade, alors que la neige était épaisse de près d’un pied autour d’eux, et je songeai qu’ils eussent été contents de la voir plus épaisse pour écarter le vent. »

 

Et d’ajouter plus loin :

« Autrefois, lorsque la façon de gagner ma vie honnêtement, en ayant du temps de reste pour mes travaux personnels, était une question qui me tourmentait plus encore qu’elle ne fait aujourd’hui, car malheureusement je me suis quelque peu endurci, j’avais coutume de voir le long de la voie du chemin de fer une grande boîte, de six pieds de long sur trois de large, dans quoi les ouvriers serraient leurs outils le soir, et l’idée me vint que tout homme, à la rigueur, pourrait moyennant un dollar s’en procurer une semblable, pour, après y avoir percé quelques trous de vrille afin d’y admettre au moins l’air, s’introduire dedans lorsqu’il pleuvait et le soir, puis fermer le couvercle au crochet, de la sorte avoir liberté d’amour, en son âme être libre. Il ne semblait pas que ce fût la pire, ni, à tout prendre, une méprisable alternative. »

 

On répète cette merveille :

 

« Maint homme se voit harcelé à mort pour payer le loyer d’une boîte plus large et plus luxueuse, qui n’eût pas gelé à mort en une boîte comme celle-ci. Je suis loin de plaisanter. L’économie est un sujet qui admet de se voir traité avec légèreté, mais dont on ne saurait se départir de même. »

Le sujet-économie est tellement légèrement traité qu’aucun problème n’a été solutionné depuis deux siècles. Raison pourquoi j’évoque Poe, Tocqueville, Balzac…

 

Sources :

 

Thoreau, Walden, ebooksgratuits.com, pp.32-33

Nicolas Bonnal – Chroniques sur la fin de l’histoire (Amazon.fr) ; littérature et conspiration (Dualpha)

Ernst Jünger – le recours aux forêts

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