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Retraite : la fin de l’exception française

En matière d’âge de départ en retraite, l’écart entre la France et l’Allemagne s’est réduit ces dernières années.

Comparer les systèmes de retraite d’un pays à l’autre, l’exercice est toujours délicat. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) s’y essaie pourtant dans un panorama international rendu public mardi. L’occasion de constater qu’en matière d’âge de départ, contrairement à une idée répandue, la France n’est pas tellement plus généreuse que les autres grands pays industrialisés suivis par le COR. Il est intéressant de le relever alors que la droite promet de faire passer l’âge légal de 62 à 64 voire 65 ans si elle arrive au pouvoir.
« Lorsque l’on compare les mêmes critères d’âge (d’ouverture des droits d’une part et de pension à taux plein d’autre part), les écarts entre la France et l’Allemagne se réduisent au terme des réformes en cours », note le COR. Dès l’année prochaine, l’âge légal minimal pour toucher une pension passera à 62 ans dans l’Hexagone, contre 63 ans outre-Rhin. L’ âge permettant de toucher le taux plein même si la durée d’assurance est insuffisante sera dans les deux pays fixé à 67 ans.

Mais alors, pourquoi les Allemands sont-ils réputés travailler beaucoup plus longtemps que nous ? Parce que dans ce pays, comme chez les Anglo-Saxons, l’âge de référence est celui du taux plein, alors qu’en France et dans les pays latins c’est l’âge minimum qui compte. Cette différence d’approche s’explique aussi par des nuances dans la mise en oeuvre. Ainsi, en France il est possible de bénéficier du taux plein à 62 ans lorsque l’on dispose de ses 43 années cotisées, alors qu’en Allemagne il y aura toujours une décote à 63 ans. Un Allemand pourra partir à 65 ans que s’il a accumulé 45 années de cotisation.

L’âge moyen effectif de départ pourrait être le juge de paix. Il est légèrement supérieur à 62 ans en France (régime général plus RSI) contre un peu plus de 64 ans en Allemagne au régime de base. Toutefois, même cet indicateur est trompeur, souligne le COR, car chaque pays a mis en place des dispositifs qui faussent les comparaisons : départs anticipés pour les invalides en France, Allemagne ou Espagne ; régimes professionnels par capitalisation grâce auxquels les assurés peuvent avancer leur âge de liquidation au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ; départs anticipés pour carrière longue en Italie, qui représentent la moitié des départs avec un âge moyen de 59,9 ans contre 65,6 ans pour l’ensemble de la population de la Péninsule.

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Des voisins audacieux

Pour faire face à l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre de pensionnés, la plupart des pays ont relevé l’âge légal. Ils l’ont fait de façon progressive, au rythme d’un à deux mois de plus par an, et avec une mise en oeuvre à retardement. Mais la crise a précipité le mouvement : la réforme a été menée tambour battant en France, en Espagne, aux Pays-Bas, et « même dans les pays qui avaient commencé à relever les âges légaux avant la crise (Royaume-Uni, Italie) ». Certains de nos voisins réformateurs ont été plus audacieux que nous. Prenons l’exemple d’une carrière complète commencée à 22 ans. A quel âge se situe le taux plein ? Pour les Britanniques, il est à 65 ans mais va passer à 68 ans (l’âge minimum et celui du taux plein ne font qu’un). Pour les Allemands il reculera d’un peu plus de 65 ans à 67 ans, et pour les Français d’un peu plus de 63 ans à 65 ans.

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