Accueil DÉBATS Invités L’état d’urgence «devrait être prolongé jusqu’à l’élection présidentielle»

L’état d’urgence «devrait être prolongé jusqu’à l’élection présidentielle»

Le premier ministre souhaite que les mesures d’exceptions restent en vigueur jusqu’au printemps, une décision diversement appréciée au sein de l’opposition.

En ce jour de comémoration des attentats du 13 novembre, François Hollande a décidé de mettre la parole de l’exécutif en retrait. Le chef du gouvernement, lui, intervient depuis la rive britannique de la Manche. Invité ce dimanche sur la BBC, le premier ministre est notamment revenu sur les mesures de sécurités en vigueur depuis les attentats de novembre 2015 à Paris, un an tout juste après les faits. Le chef du gouvernement annonce que l’état d’urgence actuellement en vigueur devrait être prolongé à nouveau, jusqu’à l’élection présidentielle.

«Il est difficile aujourd’hui de mettre fin à l’état d’urgence. D’autant plus que nous allons nous engager dans une campagne présidentielle dans quelques semaines avec des meetings, avec des réunions publiques. Donc il faut aussi protéger notre démocratie», a expliqué Manuel Valls. Le premier ministre a estimé que les attaques commando étaient désormais moins probables, mais que les attaques solitaires, comme celle qui a visé Nice l’été dernier, restaient à craindre. C’est d’ailleurs à la suite du massacre du 14 juillet notamment que l’état d’urgence a déjà été prolongé pour la dernière fois. Il s’agissait alors de sécuriser l’organisation de l’Euro de football 2016 et le Tour de France cycliste. Cette fois c’est donc la protection du scrutin présidentiel qui est visé.

Le bilan effectif de l’état d’urgence reste controversé, notamment depuis qu’une commission d’enquête parlementaire sur les attentats de janvier et novembre 2015 a souligné l’apport «utile mais limité» de cette mesure d’exception à la lutte antiterroriste. Sur le plan des chiffres, selon un bilan dressé le 7 novembre par le ministre de l’Intérieur, l’état d’urgence a tout de même permis plus de 4000 perquisitions administratives en un an ainsi que 95 assignations à résidence, toujours en vigueur. Ces perquisitions ont permis la saisie de près de 600 armes à feu, «dont 77 armes de guerre», avait précisé Bernard Cazeneuve. Un certain nombre d’abus ont par ailleurs été dénoncés.

La droite partagée

L’annonce de Manuel Valls suscite des réactions contrastées au sein de l’opposition. Georges Fenech, président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats 2015 et soutien de Nicolas Sarkozy, a manifesté ses doutes sur Twitter. «L’état d’urgence a montré toutes ses limites et ne permet plus d’avoir des enquêtes approfondies sr les réseaux djihadistes», a déploré le député du Rhône.

À l’inverse, Bruno Le Maire, invité sur BFMTV a salué la décision: «L’état d’urgence doit être prolongé. Nous avons besoin d’une constance dans l’application des mesures antiterroristes. Ne laissons pas les terroristes perturber la présidentielle». Dès vendredi dernier à gauche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé le prolongement de la mesure d’exception, avant même son annonce: «Si c’est tout le temps l’état d’urgence, ça veut dire qu’il n’y en a plus. Qu’est-ce que ce sera après? La super-urgence?»

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