Accueil DÉBATS Invités Hillary Clinton accuse le directeur du FBI d’être responsable de sa défaite

Hillary Clinton accuse le directeur du FBI d’être responsable de sa défaite

Discrète depuis mercredi, la démocrate s’est exprimée samedi lors d’une conférence téléphonique avec ses grands donateurs, accusant James Comey d’avoir renversé la campagne en relançant l’enquête sur les e-mails à dix jours du scrutin.

Lors d’une conférence téléphonique samedi à ses donateurs les plus importants, Hillary Clinton, discrète depuis mercredi, s’est exprimée sur les raisons de sa défaite. Selon deux participants à la conférence, elle a directement accusé le directeur du FBI James Comey d’être responsable. «Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles une élection comme celle-ci n’est pas couronnée de succès, mais notre analyse est que le courrier envoyé par Comey a fait resurgir des doutes non fondés et a mis un terme à notre état de grâce», aurait affirmé Clinton lors de cet appel téléphonique, selon l’un des donateurs qui l’a confié au New York Times. La candidate malheureuse a également admis avoir eu le «coeur brisé» par le résultat de l’élection.

Fin octobre, alors que Clinton était donnée gagnante dans tous les sondages, Comey a envoyé une lettre pour informer les membres du Congrès de la réouverture du dossier des emails, au mépris des recommandations du ministère de la Justice qui lui avait rappelé la règle traditionnelle qui veut que les services n’influencent pas l’élection. Il annonçait dans cette lettre que de «nouveaux emails pertinents pour l’enquête» avaient été découverts, sans en indiquer la teneur. Un scandale dont s’était immédiatement saisi Donald Trump. Pourtant, une semaine plus tard et deux jours seulement avant le jour de l’élection, après avoir épluché des centaines de milliers d’e-mails, James Comey avait déclaré que leur examen n’avait rien changé aux conclusions formulées en juillet, qui recommandaient de ne pas poursuivre la candidate démocrate à la présidentielle. Selon l’équipe de Clinton, cette seconde lettre a eu un effet encore plus dévastateur, appuyant l’idée d’un establishment prêt à tout pour sauver la candidate du «système» et l’idée développée par Trump d’une «élection truquée».

«L’obstacle de trop»

Cette «bombe politique» aurait fait basculer l’élection, selon l’équipe de Clinton. Selon un mémo interne de l’état-major de campagne publié par le New York Times, «il n’y a aucun doute qu’une semaine avant le jour de l’élection, Clinton était prête à une victoire historique», mais «au final, cet événement décisif qui est intervenu tard dans la course a constitué l’obstacle de trop pour que nous puissions l’emporter». Une défiance qui a eu un impact particulier auprès des «femmes blanches de banlieues» indécises qui se seraient brusquement souvenues de l’affaire des e-mails qui était enterrée.

Le New York Times rappelle que les perdants de la présidentielle américaine sont coutumiers du fait d’attribuer leur défaite à une cause extérieure. Le quotidien rappelle le cas de John Kerry en 2004, qui avait lié sa défaite à une vidéo d’Oussama Ben Laden publiée quelques jours avant l’élection, ou encore de Mitt Romney qui avait en 2012 accusé Obama d’avoir fait des «cadeaux» aux minorités hispaniques et afro-américaines juste avant l’élection. «Mais l’affirmation de Clinton semble, elle, plus liée à la réalité», écrit le NYT.
«Ils doivent assumer»

Pourtant, le fait d’attribuer sa défaite à autre chose que sa propre campagne (le «plafond de verre», les «médias», «James Comey») agace profondément une partie du camp démocrate. «Ils disent qu’ils n’ont rien fait de mal, ce qui est ridicule», juge un représentant de Clinton sur le site Politico. «Elle était le mauvais émetteur et tout le monde a sous-estimé la colère de la classe ouvrière», ajoute-t-il. «Ils ont perdu une course qu’ils devaient de toute évidence gagner. Ils doivent assumer», lance un autre militant proche de Clinton depuis longtemps. Plusieurs autres raisons de la défaite sont alors mises en avant par le camp démocrate: son discours aux banques de Wall Street, l’absence de message pour les classes moyennes blanches, le fait d’axer sa campagne uniquement sur le tempérament de Trump, l’échec à mobiliser les électeurs de Bernie Sanders. Quelques jours après le fiasco, les Démocrates débutent leur droit d’inventaire.

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