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Trump vu de gauche par Ignacio Ramonet

La vraie gauche a disparu depuis longtemps. Georges Sorel dénonçait déjà cette entropie politique propre aux partis socialistes dégénérés de la fin du dix-neuvième siècle. Lénine aussi soulevait avant la guerre de 14 la trahison des socialistes (ils déclarent toujours la guerre, ne savent faire que cela). L’alignement sur les USA dont Trotski a parlé en 1924 est également de l’histoire ancienne : je l’ai évoqué ici même. Le cas français relève de la pathologie avec le répugnant PS aux commandes. Menaces contre la Chine ou la Russie, guerres à la Syrie, à la Libye, en attendant la guerre aux USA de Donald Trump. Le tout en saccageant le droit du travail français et en privatisant les aéroports pendant les vacances. Ces types sont bons pour les asiles en attendant les poubelles de l’histoire, et ils adorent châtier le populisme. On croit rêver, c’est la réalité.

Et c’est partout pareil en Europe occupée. El Pais ose titrer dans son édition du 1O novembre : Obama et Hillary invoquent la démocratie. Alors posons la question : pourquoi donc « la démocratie » en Europe comme en Amérique ne signifie-t-elle qu’inégalités fantastiques, adoration du fric et du luxe, idolâtrie de la crétinerie médiatique, invasions à domicile, guerres humanitaires aux quatre coins du monde ? Oui, pourquoi ? Tocqueville toujours : le despotisme de la démocratie met fin aux libertés anciennes.

Maintenant une question : et si Donald Trump était plus de gauche que ce qu’on dit ?

Ignacio Ramonet, homme de gauche sincère du Monde diplomatique et analyste pertinent, a récemment écrit ceci :

« Depuis la crise dévastatrice de 2008 (dont nous ne sommes pas encore sortis), plus rien n’est comme avant nulle part. Les citoyens sont profondément déçus, désenchantés et désorientés. La démocratie elle-même, comme modèle, a perdu une grande part de son attrait et de sa crédibilité. »

Et de soulever la croissance du populisme et du rejet des élites débiles (France-Allemagne) ou criminelles (Amérique) qui nous contrôlent :

« En Europe les séismes électoraux inédits se succèdent, depuis la victoire de l’extrême droite en Autriche jusqu’au Brexit anglais ou la récente défaite de la chancelière allemande Angela Merkel dans son Land de Mecklembourg-Poméranie. Mais le bouleversement ne se limite pas à l’Europe, il suffit de voir l’écrasante victoire électorale, en mai dernier, de l’inclassable et tonitruant Rodrigo Duterte aux Philippines… »

Ignacio Ramonet explique le caractère populacier de la propagande de Trump :

« Nombre d’électeurs sont, en effet, fort irrités par le « politiquement correct » ; ils estiment qu’on ne peut plus dire ce qu’on pense sous peine d’être accusé de « raciste ». Ils trouvent que Trump dit tout haut ce qu’ils pensent. »

Puis Ramonet explique le programme de Trump, que les médias ne vous ont jamais permis de connaître ; en Espagne un journal de droite abruti a dit qu’il voulait rétablir l’esclavage !

Je le résume sans le synthétiser :

« Il a fallu fendre le mur de l’information et analyser de plus près le programme complet du candidat républicain. On découvre alors sept autres options fondamentales qu’il défend, et que les grands médias passent systématiquement sous silence.

1) En premier lieu, les journalistes ne lui pardonnent pas ses attaques frontales contre le pouvoir médiatique. Ils lui reprochent d’encourager régulièrement son public à huer les médias « malhonnêtes ».

2) La dénonciation de la globalisation économique qu’il tient pour responsable de la destruction des classes moyennes. Selon lui, l’économie globalisée est une calamité dont le nombre de victimes ne cesse de croître.

3) Trump est un fervent protectionniste. Il propose d’augmenter les taxes sur tous les produits importés. Et se dit prêt, s’il arrive au pouvoir, à établir des droits de douanes de 40% sur les produits chinois… Partisan du Brexit, il a déclaré que, s’il était élu, il ferait sortir les États-Unis de l’Accord de libre- échange nord-américain (ALENA). Il s’est également attaqué au Traité Trans-Pacifique (TPP).

4) Trump s’oppose aussi aux réductions budgétaires néolibérales en matière de sécurité sociale. De nombreux électeurs républicains victimes de la crise économique, et tous ceux qui ont plus de 65 ans, ont besoin de la Social Security (retraite) et du Medicare (assurance maladie) mis en place par le président Barack Obama que les autres dirigeants républicains veulent supprimer.

5) Dénonçant l’arrogance de Wall Street, Trump propose également d’augmenter de manière significative les impôts des traders spécialisés dans les hedge funds (fonds spéculatifs) qui gagnent des fortunes. cette loi.

6) En matière de politique internationale, Trump s’est fait fort de trouver des terrains d’entente à la fois avec la Russie et avec la Chine. Il veut notamment signer une alliance avec Vladimir Poutine et la Russie pour combattre efficacement Daesh même si pour l’établir Washington doit accepter l’annexion de la Crimée par Moscou.

7) Enfin, Trump estime qu’avec son énorme dette souveraine, l’Amérique n’a plus les moyens d’une politique étrangère interventionniste. Elle n’a plus vocation à garantir la paix à n’importe quel prix. »

Et notre sémillant sémiologue (lisez par exemple son excellent Chewing-gum des yeux) de conclure :

« Ces sept propositions n’oblitèrent pas les déclarations odieuses et inacceptables du candidat républicain diffusées en fanfare par les grands médias dominants, mais elles expliquent sans doute un peu mieux les raisons de son succès auprès de larges secteurs de l’électorat américain. L’aideront-ils à l’emporter ? »

L’important texte de Ramonet, que j’ai découvert sur le site ami et communiste legrandsoir.info, qui cite parfois mes textes de Sputnik, permet de voir en Trump le populiste qui plaît à la fois à un électorat identitaire et à un électorat pauvre.

On verra si Trump a le courage de ses idées et de ses propositions. Certains pensent que non, mais ne boudons pas déjà notre plaisir.

 

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