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La famille Philippot renforce ses positions stratégiques au sein du FN

Récent démissionnaire de l’institut de sondage Ifop, Damien Philippot devrait rejoindre mardi 15 novembre le comité stratégique de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle.

Au Front National, on aime faire de la politique en famille. Il y a bien sûr la lignée de Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti, qui compte la candidate pour la prochaine présidentielle, mais aussi l’étoile montante frontiste, Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse. L’autre famille qui compte dans le parti de Marine Le Pen sont les Philippot. Ces derniers prennent une importance cruciale dans le dispositif frontiste: Florian Philippot, très médiatique bras droit de la présidente du parti, va très probablement se voir renforcé par l’arrivée de son frère Damien, qui officialisera mardi son engagement auprès du FN. Tous deux doivent intégrer le «comité stratégique» qui sera présenté mardi 15 novembre, sorte d’état-major restreint de campagne appelé à se réunir chaque semaine d’ici la présidentielle de mai 2017. Pour parfaire cette implantation familiale, on trouve aussi au FN un Philippot moins haut placé, Daniel, le père. Tour d’horizon.

– Florian Philippot, le bras droit

Ancien chevènementiste âgé de 35 ans, il se réclame du souverainisme, et chose jusqu’à lui incongrue au FN, du gaullisme. Diplômé de HEC et de l’ENA, le discret Florian Philippot a débuté son ascension fulgurante au sein du FN dès 2009. Ancien haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, fin connaisseur des rouages de l’État et des médias, il est l’un des piliers de la stratégie de «dédiabolisation» impulsée par Marine Le Pen lorsqu’elle a pris la présidence du parti. C’est aussi l’initiateur de la ligne «sociale» du programme frontiste, qui a contribué au fort développement de son potentiel électoral, notamment dans l’est et le nord de la France, terres historiques de gauche en déliquescence économique. Cette posture de rupture avec l’ADN politique du FN lui vaut certaines inimitiés au sein du parti, où il s’oppose à la frange conservatrice et identitaire menée par Marion Maréchal Le Pen. Engagé dans une lutte à mort avec Jean-Marie Le Pen et régulièrement attaqué dans la presse d’extrême droite, il défend et obtient la mise à pied du père de Marine Le Pen en mai 2015. Vice-président du Front national en charge de la stratégie et de la communication, ses adversaires le désignent volontiers comme «l’âme damnée» de Marine Le Pen, avec laquelle il entretient une grande proximité. Il est également élu au conseil municipal de Forbach, député européen et conseiller régional du Grand Est.

– Damien Philippot, l’ex-sondeur

Dans un portrait réalisé par Envoyé Spécial sur France 2, l’ex porte-parole de la campagne présidentielle de 2012 Paul-Marie Couteaux raconte qu’il a présenté à Marine Le Pen non pas un mais deux Philippot. Frère aîné du vice-président du FN et spécialiste des sondages, Damien Philippot vient de quitter ses fonctions de directeur d’études à l’institut de sondages IFOP (où il était depuis 2003) pour rejoindre le dispositif de campagne de Marine Le Pen, comme révélé par l’Opinion. Il est souvent présenté comme un homme de l’ombre du parti, dont les activités discrètes en faveur du Front ont fait polémique bien qu’elles aient toujours été très protégées par son frère. À l’AFP, Paul-Marie Coûteaux et d’autres sources affirment avoir régulièrement croisé le sondeur au siège du FN, à Nanterre. «Ils sont tellement soudés qu’ils réfléchissent ensemble, font des notes ensemble» pour Marine Le Pen, affirme l’ex-député européen. La rumeur de sa promotion au sein de l’équipe de campagne semble se confirmer. «Je ne sais pas quel poste lui sera officiellement donné, mais il a quitté son poste à l’Ifop à un moment choisi, il n’y a bien sûr pas de hasard: cela veut dire qu’il va apporter sa contribution à la campagne», confie au Scan un pilier du parti.

– Daniel Philippot, le pater familias

Enseignant à la retraite, le père de la famille Philippot a rejoint le giron du FN en dernier à l’occasion des élections régionales de 2015, où il a figuré en 13e position sur les listes de Marine Le Pen en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, avant d’être élu. Enseignant puis directeur d’école primaire à Linselles (Nord), il est à la tête de l’antenne locale du collectif Racine, consacré au personnel enseignant. Au sein du FN, son rôle est bien moins exposé et déterminant que celui de ses deux fils, et il assure vouloir se limiter à un engagement local. Mais sa présence reste un fort atout symbolique pour Florian Philippot qui a poussé le patriarche de la famille Le Pen vers la sortie. Elle apparaît aussi comme un pied de nez aux détracteurs du numéro 2 frontiste, qui regrettent de voir le parti transformé par la «Philippot-mania» et sa présidente «sous influence» de son bras droit.

À noter que le Front national compte un quatrième Philippot dans ses rangs, dans le sud de la France. Mais celui-ci n’a aucun lien de parenté avec les trois autres. Prénommé Daniel lui aussi, il est président départemental du Centre national des indépendants dans les Alpes-Maritimes. Engagé dans la campagne des régionales en Paca, il s’est fait remarquer pour avoir lâché les listes du Républicain Christian Estrosi pour rejoindre celles de Marion Maréchal-Le Pen, dénonçant les arrangements de l’«UMPS» qui ont, selon lui, été déployés pour faire barrage au FN.

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