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La monogamie, c’est terminé

Le 21e siècle, le règne des avocats conjugaux

Ne vous mariez plus braves gens, ne vous mariez plus ! Ou avec un contrat en béton armé, car c’est bien la fin de la monogamie. Je vois déjà les plus bouillants d’entre nous songer à partir visiter Las Vegas entre copains, non les gars, c’est pas la fin des mœurs non plus. Enfin pas encore, même si on s’y dirige doucement. En fait, la monogamie a peu à peu laissé la place à quelque chose d’un peu plus hypocrite, d’un peu plus difficile à saisir. Pur reflet d’une société du paraître et des faux-semblants, du prendre et du jeter, des sites de rencontres adultères, du plug anal de 12 mètres en place publique et bientôt des sex-toys en vente dans les boulangeries, mesdames, messieurs, je vous demande d’accueillir la bien triste, la bien funeste : monogamie à répétition !

Ainsi, des années 90 à aujourd’hui, le nombre de ruptures en France a augmenté de 63 % (source Insee) et le pays champion du monde en matière de divorces est la Belgique, avec environ 70 divorces pour 100 mariages, unions qui sont en chutes libres un peu partout dans le monde au fil des ans. Le nombre de familles monoparentales a fortement augmenté ces dernières années (+31 % par rapport à 1999) tandis que les familles recomposées montent de 13 %. Quant à l’infidélité, elle est en constante hausse selon l’Ifop.

« Monogamie » et « à répétition ». Ça sonne froid et impossible à concilier, ça sonne faux. Si je m’en prends assez durement à cette conception du couple d’aujourd’hui, c’est parce que c’est en fin de compte la pire en terme d’impact sociétal. C’est la formule des extrêmes, celle qui offre la plus grande liberté, mais celle qui cause le plus d’insécurités et de souffrance. Les couples se font et se défont, les gens peuvent goûter au frisson de la passion de multiples fois, mais les dépressions et les suicides croissent en proportion. Plus personne ne croit à l’amour à vie ou alors sans grande conviction. Résultat de la glorification de l’individu-roi, du faux bonheur de magazine, on part désormais de plus en plus au moindre battement d’aile de l’entité couple. Mais bon, ne tombons pas dans la moralisation facile et analysons froidement l’affaire : en quoi la monogamie à répétition est une mauvaise chose ? Le problème n’est pas que les gens puissent se quitter librement et sans remords, le problème (pour une société, du moins) est que la sacralité du couple continue de chuter d’année en année. Jusqu’à quand ? Jusqu’à quoi ? Comparons-nous d’abord à l’époque de référence en matière de monogamie.

L’Angleterre victorienne

À cette époque, se marier était la grande étape de la vie. La formation d’une famille digne de ce nom était le devoir de chaque homme qui se respectait et voulait être respecté. Alors bien sûr, les mariages étaient plus ou moins des mariages d’intérêt. Les femmes cherchaient en premier lieu les hommes les mieux côtés, aux plus hauts statuts, les hommes courraient les femmes les plus belles, intelligentes et discrètes. Même si on pouvait sélectionner et faire la cour à l’élue de son cœur, le mariage par coup de foudre était rare. Mais on apprenait à s’aimer et à maintenir la chose. Les gens avaient un tas de bonne raison de se marier : en plus de l’accès au statut d’adulte respectable, l’amour et le sexe étaient choses sacrées et mystifiées que l’union amenait à découvrir. Hommes et femmes de l’époque, êtres humains donc curieux et transgressifs de nature, attendaient tous avec impatience (tu m’étonnes !) cette étape de la vie. Quand après mûres réflexions, on décidait de s’unir, ce n’était pas pour prendre le tout à la légère.

Qu’à cela ne tienne mon garçon, courage ! On ne peut pas passer sa vie en solitaire et la terminer en vieillard usé et frileux ne rencontrant chaque matin dans sa glace qu’un visage ridé. Tant pis, aie confiance en ta bonne étoile, et garde un œil ouvert ! Il peut exister des esclaves heureux … – Charles Darwin

Il faut cependant remarquer que, même si le mariage était en quelque sorte une étape obligée, cela n’enlevait en rien les craintes propres aux hommes sur ce sujet. Les hommes sont des chasseurs par essence, ce sont eux qui courtisent les femmes et non l’inverse. La raison en est simple : la femme est précieuse de par sa constitution même. Alors qu’un homme représente des millions de spermatozoïdes et peut féconder toute sa vie, une femme n’ovule qu’une fois par mois et la ménopause se profile au loin. Sans compter son indisponibilité une fois bébé en vue. Ce qui est rare est cher et les hommes se battent pour séduire le plus de femmes depuis la nuit des temps. La crainte de se marier pour un homme est donc la peur de ne plus avoir l’opportunité de séduire d’autres femmes. Certains se le disent clairement, pour d’autres, ce sera inconscient. Ajoutons que le mariage à vie n’est pas naturel en soi dans le sens ou une fois que les enfants sont assez grands pour être autonomes, les parents n’ont plus de raisons (darwiniennes) de rester ensemble. On passe alors dans une autre dimension de l’amour, quelque chose de plus spirituel : l’amitié ; l’échange ; l’entraide, etc.

Le système de l’Angleterre victorienne ferait hurler pas mal de monde de nos jours, à commencer par nos chères féministes extrémistes (pur produit d’une société du moi je poussée à outrance et qui n’existeraient pas dans d’autres conditions). Bien sûr, ce n’était pas tout rose non plus. Le mariage n’était pas vraiment forcé, mais passé un certain âge, il fallait y songer sérieusement si l’on voulait encore être bien vu. Et bonne chance si votre mari se révélait violent ou votre femme folle, car le divorce était presque un blasphème. Il fallait vraiment tout faire pour maintenir le cap et traverser les tempêtes de la vie de couple, on avait pas vraiment le choix. Nous n’avons pas vraiment moyen de dire si les couples étaient en général heureux ou non et si ce système sévère était bonne chose ou pas. Mais une chose est sûre, c’est qu’il y avait bel et bien des couples unis et heureux à vie. Ainsi, pour prendre l’exemple de Charles Darwin et sa femme Emma, leur fils écrit à propos de son père et sa mère : « son bonheur lui venait de sa seule présence, et sa vie, qui aurait pu être assombrie par la peine, connut grâce à elle la félicité d’une joyeuse et paisible existence ».

Le seul conseil que j’ai a vous donner, c’est de vous souvenir, en épousant une femme pour le meilleur et pour le pire, d’apprécier le le meilleur et d’oublier le pire. C’est pour avoir négligé ce point que tant d’hommes souffrent dans le mariage et regrettent le célibat comme une félicité. – Professeur Henslow à Charles Darwin

Aujourd’hui

La grande majorité des individus n’est pas vraiment douée pour le bonheur conjugal ou le bonheur tout court. Ils attendent du mariage beaucoup plus qu’ils n’en trouvent et s’imaginent qu’ils auraient été plus heureux avec quelqu’un d’autre de toute façon. C’est ici la grande barrière, le dernier halte-là du couple qui est tombé : autrefois, on se disait que, peut-être, si on survivait à une tempête, le sentiment de déception finirait par disparaître avec le temps et qu’on passerait le reste de notre vie ensemble avec autant de bonheur qu’on en aurait eu avec quelqu’un d’autre, sans avoir enduré l’épuisante répétition des amours ratés. Désormais, le conjoint ne rivalise plus qu’avec un amant ou une maîtresse potentielle, mais avec un possible futur remplaçant. Certains me rétorqueraient qu’il s’agit d’une grande avancée dans la liberté, qu’après tout, on se met avec qui on veut et on part quand on veut. Certes, chacun doit pouvoir jouir de sa liberté, mais à grande échelle, le couple perd alors une énorme part de solidité. Les femmes réfléchissent plus longtemps avant d’enfanter, les hommes s’investissent moins, tromper est glorifié. Une véritable fabrique de cœur brisé. Personne ne veut ça pas vrai ? Avant de quitter le navire, il faut tout essayer. La carte divorce, infidélité ou séparation doit être remise à sa juste place : une carte cachée et enfermée à clé, rare, dont on ne parle pas ou peu, qu’on peut utiliser oui ! Mais qu’en ultime recours.

Nous assistons actuellement à une véritable guerre menée à l’amour et au couple. La soupe de la libéralisation complète de la sexualité que nous vendent les médias, les stars de la scène musicale mainstream et autres sites de rencontres n’a en fait jamais existé. Jamais dans l’histoire de l’homme la sexualité n’a été promulguée comme un loisir quelconque, comme une banalité aussi petite que de se serrer la main entre hommes. Il y avait bien les Romains qui avaient des mœurs bien plus légères, mais là encore la sexualité était tout de même cadrée. La vraie tragédie est que plus les gens se débrideront sexuellement et à outrance, plus l’amour et l’union perdront du terrain. Dans la réalité, qui voudrait d’une femme débauchée ou d’un homme sans limites pour former un couple digne de ce nom ? Écoutez une bande d’ados discuter entre eux des filles de leur classe, ou une bande de filles discuter de mecs, vous comprendrez qu’on s’en méfie tout naturellement. Or, ce que font le porno et les applis de rencontres (comme Tinder) actuellement, c’est baisser de façon drastique l’image de l’autre sexe. Les jeunes soumis à du X hardcore 6 fois par semaine baisseront leur estime des femmes. Les jeunes filles habituées aux jolies phrases de mâles en rûte sur Tinder et aux animaux les reluquant dans le métro comme des loups baisseront également la barre. Les deux sexes se distancient donc un peu plus, ce qui alimente la roue : les hommes iront matter plus de porno, donc considéreront les femmes de plus en plus comme des choses ; les femmes verront les hommes comme des chacals affamés, seront donc beaucoup plus méfiantes ou accepteront la chose en tombant dans la débauche, ce qui alimente le moulin.

De mon regard d’homme sur le féminisme extrême de ces dernières années, le vrai crime de ces gens est d’avoir planté dans la tête de beaucoup de jeunes femmes que pour être libre, pour être des femmes accomplies, elles devaient presque forcément jouir d’une sexualité sans limites. Que c’était leur droit et une forme d’émancipation. La vérité est que beaucoup de ces femmes se retrouveront finalement seules, à se demander qui d’une femme ayant vu des centaines d’anatomies masculines différentes et parlant à ses chats ou d’une madone régnant fièrement sur sa famille et sur le bonheur de ses enfants est la plus heureuse. Et idem pour nous, les hommes ! Chacun est libre de ses actes, mais ne tombons pas dans le piège : non, une sexualité débridée, asséchée de sentiments humains, ne nous amènera aucun bonheur transcendantal, aucun avantage particulier. Juste des éclairs de plaisirs suivis du risque de gros passages à vide. Après chacun fait ce qu’il veut ! Mais faire la promotion de ce comportement n’est pas une bonne chose, tout simplement car nous ne sommes pas des bonobos.

Peu d’êtres humains accepteraient d’être réduits au stade de vil animal contre la promesse d’une vie entière vouée au plaisir bestial… Nous préférons notre condition d’être humain insatisfait à celui de porc comblé – John Stuart Mill

Un dangereux cercle vicieux
L’ironie avec cette perte générale d’importance pour l’amour, le couple, et finalement du sexe à tout les coins de rues est que nous n’avons jamais connu autant de misère sexuelle. On voit du sexe partout, tout le temps, mais les gens n’ont jamais aussi peu fait la chose. Enfin pas tous, car si un état ultra-fort qui nous infantilise favorise la monogamie à répétition, vu que les parents n’ont plus autant besoin de subvenir aux besoins de la famille, cela induit que ceux bien placés dans la hiérarchie auront beaucoup plus accès au sexe que les autres, plus bas. Et c’est très dangereux.

[…] Car il y a urgence: entre 2009 et 2011, le nombre de viols dénoncés (en Belgique) auprès de la police a augmenté de 20%. Source

[…] « Sur les cinq dernières années, les viols dénoncés aux autorités ont augmenté de 18% (de 10.762 faits en 2010 à 12.768 faits en 2014), tandis que les viols sur mineurs ont grimpé, dans le même temps, de plus de 20% (de 5.751 à 6.936 faits répertoriés) », écrit Le Figaro. Source

[…] Suède : En 1975, quatre cent vingt et un viols ont été signalés à la police ; en 2014, ils étaient six mille six cent vingt. Soit une augmentation de 1.472%. e

De tous temps, les hommes combattants d’autres groupes d’hommes s’emparaient des femmes comme des trophées. Des raids se menaient parfois dans le seul but d’enlever des femmes. Une société où beaucoup d’hommes se retrouvent seuls est une société qui devient très dangereuse et instable. Plus il y a d’hommes frustrés, plus il y a de viols, de violences, de rébellions, etc. Le meilleur exemple sont les ghettos américains ou les banlieues chaudes françaises, les gars mordent sur leur chique toute l’année car la misère sexuelle y est énorme pour les hommes, et tout le monde sait qu’être en couple réduit fortement la propension à vouloir faire des (grosses) bêtises.

Pour conclure

Que faire pour remettre l’amour et le couple à sa juste place ? Grande question qui mériterait un article à elle seule. Je dirais tout de même que le sursaut doit venir des jeunes, car nous en sommes les premiers acteurs et les premières victimes. Réalisons que le vrai bonheur ne se trouvera fondamentalement jamais sur un site X ou dans une froide application de rencontre. Soyons libres, mais pas idiots. Remettons les choses à leur place. Nous les hommes, réessayons de relancer la séduction saine, ne tombons plus dans le piège des rappeurs millionaires, des Tinder, des Pornhub. Quant aux femmes, bannissez déjà ces imposteurs du féminisme extrême, ce sera un bon début. Essayons de comprendre l’autre sexe, en s’instruisant, en lisant des livres sur la dichotomie madone-putain par exemple, sur nos différences de comportements induites par nos différences hormonales, d’où viennent nos préjugés, etc. Comment cohabiter avec quelqu’un que l’on ne connaît pas ? Alors oui, parfois, les chemins se croisent et se séparent. C’est la vie. Mais non, l’amour n’est pas mort dans un film de cul. Pas encore, et on va se battre pour lui.

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