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Star Wars suscite des polémiques rebelles

Critiqué, avant même sa sortie, par les partisans les plus virulents de Donald Trump, Rogue One – A Star Wars Story semble inspiré par les études de genre et l’apologie de la “diversité”.

Alors que Dark Vador vient de faire son retour au cinéma, son ombre plane sur la vie politique américaine. Son nom se trouve régulièrement associé à celui de Donald Trump. Un conseiller du président élu, Steve Bannon, s’est lui-même placé sous son patronage, selon des propos, au demeurant confus, rapportés par le Hollywood Reporter (18 novembre 2016). Cela n’a pas échappé à Christopher Suprundec, grand électeur républicain, qui s’en est offusqué dans le New York Times (5 décembre), tout en annonçant qu’en dépit des usages, il n’accorderait pas sa voix à Donald Trump. C’était quelques jours avant la sortie de Rogue One, le nouveau Star Wars, ce mercredi 14 décembre 2016 en France. « Je n’emmènerai pas mes enfants le voir pour célébrer le mal, mais pour leur montrer que la lumière peut en triompher », a-t-il expliqué. Chris Weitz, coscénariste du film, s’est risqué lui aussi à galvaniser la résistance au trublion républicain. Sur Twitter, le 11 novembre, détournant le logo de l’Alliance rebelle, il lui a associé le slogan suivant : « La Guerre des étoiles contre la haine ». À ses yeux, « l’Empire est une organisation de suprématistes blancs ». À laquelle s’oppose, selon son collègue Gary Whitta, « un groupe multiculturel mené par une femme courageuse » – les héros de Rogue One. Les partisans les plus virulents de Donald Trump, affiliés au mouvement Alt-Right, ne s’y sont pas trompés : ils appellent au boycott du film. Aussi Bob Iger, P-DG de la Walt Disney Company, propriétaire de Lucasfilm, a-t-il tenté d’éteindre l’incendie : « en aucune façon, il ne s’agit d’un film politique », a-t-il déclaré à nos confrères du Hollywood Reporter (12 décembre).

Revendications féministes

Kathleen Kennedy, productrice, présidente de Lucasfilm, n’en revendique pas moins un certain engagement. Tout particulièrement vis-à-vis des femmes : « j’espère que nous avons une influence sur la façon dont elles sont vues tant dans les divertissements que dans l’industrie hollywoodienne », a-t-elle déclaré, comme le rapporte 20 Minutes (5 décembre). Les études de genre semblent avoir influencé l’écriture du rôle principal de Rogue One. Celui-ci n’aurait pas été conçu pour un homme ou pour une femme, au dire du réalisateur, Gareth Edwards ; « Jyn est une personne qui se trouve être une fille », a-t-il expliqué dans un entretien à Vulture (9 décembre). Échafaudant les théories les plus fantaisistes, certains fans s’imaginent d’ailleurs que Rey, l’héroïne du Réveil de la Force (un autre épisode de la saga), serait la réincarnation d’Anakin Skywalker… Quoi qu’il en soit, comme l’explique l’actrice Felicity Jones, il n’était pas question de « sexualiser » le personnage qu’elle incarne. Autrement dit, le bikini de la princesse Leia reste au placard. « On ne voit même pas les bras de Jyn », a-t-elle souligné dans un entretien à Glamour (29 novembre). Faisant la promotion du film, elle n’en a pas moins mis en scène sa féminité sur un plateau de télévision, retirant ses chaussures à talons hauts tandis qu’elle mimait un combat l’opposant à l’animateur Jimmy Fallon (The Tonight Show, NBC, 30 novembre).

Bons sentiments intéressés

Son personnage est le chef de file d’une équipe bigarrée. Diego Luna, un Mexicain, interprète du capitaine Cassian Andor, y voit « un beau message pour le monde dans lequel nous vivons », comme le rapporte Polygon (2 décembre). « La diversité nous enrichit et nous rend plus forts », a-t-il expliqué à The Wrap (5 décembre). Ce discours convenu, plein de bons sentiments, n’exclut par quelque considération plus terre-à-terre. « Nous vivons dans un monde de cinéma globalisé », a souligné Donnie Yen, un Chinois, interprète de Chirrut Îmwe, dans un entretien à Première (12 décembre). Dans les bandes-annonces destinées à l’Empire du Milieu, son personnage est d’ailleurs plus particulièrement mis en avant. Évoquant sur Écran large (12 décembre) « le “multicultularisme” du casting », Jacques-Henry Poucave soutient qu’il est « bien plus motivé par la nécessité pour le film de cartonner partout dans le monde que par la volonté d’attaquer les pauvres petits caucasiens ». Comme l’écrivait Charles Maurras, dans un tout autre contexte, « les idées […] sont toujours le masque des intérêts » (L’Action Française, 8 novembre 1937).

Paru dans l’Action Française 2000 n° 2945 du 15 Décembre 2016.

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