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Le Kevlar ? Un pur hasard

Derrière ce jeu de mot évident (désolé…), se cache une véritable information. Hé oui, le Kevlar, ce matériau extrêmement résistant et léger utilisé dans la fabrication de certains casques et plaques de protection balistiques, a été découvert par…chance.

Un heureux hasard

Il faut se remettre dans le contexte. Nous sommes en 1965 et Stephanie Kwolek, une américaine fille d’immigrants polonais, est chimiste pour l’entreprise DuPont. La firme, déjà connue pour avoir inventé le nylon en 1935, est sur un projet qui passionne peu ses employés : trouver une nouvelle fibre légère et robuste, pouvant être utilisée pour les pneus d’automobiles. En effet, monter des pneus plus légers et plus solides permettrait aux véhicules de consommer moins de carburant. Et avec la pénurie d’essence qui s’annonce, c’est plutôt une bonne idée…

Pendant ses travaux et mélange pour trouver la meilleure fibre, Stephanie obtenait une solution translucide cristalline. Cette dernière était ainsi habituellement jetée car jugée inutile. Stephanie réussit tout de même à convaincre un de ses collègues de tester la solution. Bien lui en a pris : cette dernière se révéla être beaucoup plus solide que le nylon et ses fibres plus robuste. En fait, à masse équivalente, cette solution montra des propriétés de résistance jusqu’à cinq fois supérieur à l’acier ! Le Kevlar était né.

Spécificités et particularités

Le Kevlar existe sous plusieurs formes et peut donc être utilisé dans diverses applications : renforcement des pneumatiques, fabrication des cadres de vélo, pièces pour l’aéronautique, conception de hauts-parleur, certains types de prothèses médicales…et évidemment, la fabrication des protections balistiques. Cette découverte fera date car avant cela, les protections balistiques étaient fabriquées en acier. En plus d’être plus résistant, le Kevlar est également moins lourd et plus maniable. Mais il n’est pas parfait : en effet, le Kevlar perd une grande partie de sa résistance au contact de l’eau et aux ultra-violets. De ce fait, une simple exposition au soleil peut rendre une plaque de Kevlar tout à fait inutile. Il a donc fallu recouvrir les plaques d’un matériau impénétrables et étanches. De plus, le Kevlar est très sensible au feu et peu fondre à plus de 400°C.

Un véritable bond en avant

Néanmoins, sa découverte est une véritable avancée technologique. Le gouvernement américain fit développer et fabriquer des protections balistiques spécifique aux policiers pour les protéger contre les calibres de .22 Long Rifle et .38, très utilisés à l’époque. En 1975, Richard Armellino, fondateur de American Body Armor, mis sur le marché un gilet répondant au nom de K-15. Ce gilet pare-balles était constitué de 15 couches de Kevlar et une plaque d’acier positionnée à la verticale, protégeant le cœur. Plusieurs autres déclinaisons et produits similaires firent leur apparition. En 1985, l’armée américaine lança le programme PASGT (Personnel Armor System for Ground Troops) offrant à chaque soldat un casque et une veste capable d’arrêter la plupart des cartouches de pistolets et les divers éclats.

Merci Stephanie !

Depuis son invention, le Kevlar est toujours le matériau le plus utilisé dans la confection de protections balistiques. De nombreux militaires et policiers peuvent remercier Stephanie Kwolek pour sa découverte qui a sauvé bien des vies. Peut-on améliorer ce système ? Depuis une dizaine d’années, des chercheurs se penchent sur l’utilisation de la soie d’araignée, qui a des propriétés de résistance uniques et un potentiel très intéressant. La question est de savoir si l’on va pouvoir l’utiliser de manière industrielle. A suivre…

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