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Quand Nicolas Sarkozy fait du Sarko puissance dix

Le président des Républicains est enfin entré officiellement en campagne. Il a d’emblée axé son discours sur le thème de l’identité. Volontairement clivant, il renoue avec les thématiques de 2007. Sans complexe.

Ça y est, c’est parti, Nicolas Sarkozy est candidat. Il l’a annoncé dans un livre intitulé “Tout pour la France” écrit dans le plus grand secret et tiré à 100.000 exemplaires: “J’ai senti que j’avais la force pour mener ce combat à un moment si tourmenté de notre histoire”, écrit-il en introduction. L’ex-chef de l’Etat a souhaité, d’emblée, placer sa campagne sur le plan des idées. Et Eric Woerth confie: “Il voulait quelque chose de très personnel”.

La séquence a été soigneusement orchestrée. Tweets, ralliements de figures du parti (après François Baroin, Gérard Darmanin, Christian Jacob, Christian Estrosi), 20 heures de TF1 le 25 août, le 26 meeting à Chateaurenard, lieu de rendez-vous habituel de Jean-François Copé qui a dû émigrer ailleurs! Puis le 27, direction le Touquet pour le campus des jeunes républicains dont il a, comme patron de LR, fait avancer la date d’une semaine afin de court-circuiter Alain Juppé qui avait programmé son meeting de rentrée ce même jour. Et François Fillon qui, lui, réunit ses troupes dans la Sarthe le lendemain. Fidèle à sa stratégie de tension maximale, Nicolas Sarkozy surprend, inonde la scène médiatique, provoque, bouscule, hystérise…

Si l’identité, l’immigration et l’islam sont des thèmes majeurs dans son livre (il veut mettre fin au regroupement familial, réformer le droit du sol), l’ex-président consacre aussi de nombreuses pages à l’économie et à la question de la compétitivité. Il faut selon lui, travailler davantage et accorder plus de libertés aux entreprises, notamment sur le temps de travail. Pour soutenir la croissance, il veut relancer la consommation grâce à un choc fiscal: baisse immédiate de 10% de l’impôt sur le revenu, fin de l’ISF, suppression des droits de succession jusqu’à 400.000 euros…
Doubler Juppé dans les sondages

En contrepartie il promet une baisse de la dépense publique de 100 milliards. Avec la suppression de 300.000 postes de fonctionnaires en 5 ans, l’allongement de la durée du temps de travail dans la fonction publique d’Etat à 37 heures payés 37 heures, l’allongement de l’âge de départ à la retraite à 63 ans (contre 64 ou 65 pour ses concurrents), l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général, et la dégressivité des allocations chômage de 20% au bout de douze mois. Mais comme il sait qu’il est difficile de se faire élire avec seulement du sang et des larmes, il veut aussi rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires.

Ses proches sont certains que cette entrée en campagne va lui permettre de doubler Alain Juppé dans les sondages! La course est engagée. “Pas question de perdre une minute”, a déclaré Nicolas Sarkozy à ses fidèles réunis lundi soir dans son restaurant italien fétiche, le Rebelatto.

Un pari intuitif

Si son entrée en campagne a fait un énorme bruit médiatique, elle a aussi provoqué les sarcasmes de ses rivaux, qui ont pointé son manque de crédibilité. “Pourquoi ferait-il demain ce qu’il n’a pas fait hier”, interroge Benoist Apparu, un proche d’Alain Juppé. Bruno Le Maire lui raille la “cavalerie” Sarkozy. “Il veut écraser les autres candidats, c’est la stratégie du blast, mais cela ne marche plus, décode un proche du député d’Evreux. Les médias sont hystériques, mais les Français ne veulent plus de lui”.

En engageant sa campagne sur le terrain de l’identité, de l’immigration, de la sécurité, de l’autorité de l’Etat, alors que les autres candidats se sont avant tout positionnés sur des thématiques économiques, faisant du redressement de la France le cœur de leur réflexion, Nicolas Sarkozy a fait un pari intuitif. Il affirme dire tout haut ce que les gens disent tout bas. Et le “On ne se sent plus chez nous”, relayé dans ses discours, résume selon lui, le ressenti du peuple. Et il n’a cure des procès en populisme.

Pendant quelques semaines encore les candidats à la primaire de droite vont faire campagne dans leurs couloirs respectifs avant de croiser le fer lors du premier débat programmé le 13 octobre sur TF1. Rien n’est écrit. Et dans le camp Juppé on se prépare à un duel serré.

 

 

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