Accueil ACTU Politique 2017 : Valls craint une élimination de la gauche «dès le premier tour»

2017 : Valls craint une élimination de la gauche «dès le premier tour»

Dans un entretien fleuve accordé à L’Express, le premier ministre s’alarme des divisions de son camp. Il dénonce notamment la «violence» des propos des anciens ministres Hamon, Duflot et Montebourg.

Ses mots sont toujours aussi durs. Figure du réformisme à gauche, Manuel Valls ne manque jamais de mots lorsqu’il s’agit de porter un regard critique sur l’état de sa famille politique. Ainsi, après avoir jugé début juillet qu’une partie de son camp avait «vingt ans de retard», le premier ministre exhorte aujourd’hui la gauche à «être consciente qu’elle peut être éliminée dès le premier tour» de l’élection présidentielle de 2017. «J’en appelle donc à la responsabilité de chacun», lance-t-il dans une interview à paraître jeudi dans L’Express.

En cause notamment: la profusion des candidatures, symbolisée par l’entrée en lice cette semaine des frondeurs Benoît Hamon Arnaud Montebourg, et de l’écologiste Cécile Duflot. «J’ai moi-même été candidat à la primaire du PS, quand nous étions dans l’opposition en 2011, donc je ne contesterai à personne le droit de se lancer. Mais chacun doit réfléchir au rôle qu’il entend jouer. Il faut une grand esprit de responsabilité. Il faut être à la hauteur des enjeux, pour la gauche bien sûr, mais d’abord pour la France», prévient-il.
«Je suis chef du gouvernement, loyal envers le président»

Le chef du gouvernement s’étonne de voir trois anciens ministres clés de François Hollande (respectivement: Éducation nationale, Économie et Logement) se lancer dans la course à la présidentielle. «Pourquoi, après avoir été solidaires et participé à l’action gouvernementale, une telle violence dans les mots, qui ne sert ni leur démarche, ni la gauche? Le moment oblige à beaucoup de gravité, de rigueur intellectuelle. La primaire n’est pas un congrès du PS, la présidentielle non plus», assène l’hôte de Matignon.

Enfin, interrogé sur ses ambitions personnelles dans le cas où le chef de l’État devait renoncer à se présenter, Manuel Valls botte en touche. «Je ne peux pas répondre à cette question». «Si je répondais à cette question, je jouerais un autre rôle que le mien. Je suis chef du gouvernement, loyal envers le président, totalement engagé dans ma mission. Et je ne prépare pas l’avenir avec des “si”. Je respecte le calendrier que le chef de l’Etat s’est fixé», balaie-t-il, sans révéler s’il envisage ou non participer à la primaire à gauche.

Arthur Berdah

Le Figaro

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