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Pourquoi Poutine nous fait suer avec la Syrie

Cet article de Nicolas Boileau, collaborateur de voxnr.com, est publié en Analyse, les rubriques Tribune et Débats étant réservées aux Invités. Vous pouvez poster votre avis au bas de cette page dans le fil des Commentaires.

Encore un peu de Poutine au menu. Qu’est-il allé faire dans cette galère ? Qu’est-il allé défier les USA, l’Europe hébétée, Israël, les saoudiens, tout le bataclan dans cette Syrie détruite, broyée, décomposée ? Il se prend pour Alain Soral ? Il ne peut pas prendre du recul comme le Dieudonné ?

Nous nous dirigeons vers une guerre dont nous allons faire les frais. Car le populiste Trump se soumettra au diktat-système comme tout le monde et maintiendra l’Otan. Alors je sais, dans la doxa des anti-mondialisation, des pas contents, des iconoclastes de BFM, des gauchistes de comptoir et autres islamisants patentés, la Russie est l’homme libre, le souverain, le modèle étatique, le grand frère national.

Mais tout de même, rappelons que ceux qui ne voulaient pas mourir pour Dantzig ont encore raison. Car il n’est pas question de crever gazé comme un scarabée pour une cause moderne, qu’elle soit polonaise ou nazie, anglo-normande ou libérale-démocrate. Comme disait John Flynn (d’America First) la deuxième guerre mondiale désossée n’est rien d’autre qu’une baston entre sectes socialistes. Il y avait le socialisme fasciste, le national-socialisme (faire l’Europe et sympathiser avec l’islam !), le socialisme stalinien, le socialisme mondain (le français), le socialisme Fabien (l’anglais), le socialisme New Deal, celui que le brave Flynn détestait entre tous car il avait prévu où il mènerait l’Amérique. Faillite, dette, population assistée ou remplacée. L’étatisme crée les assistés puis les envoie bien voter.

Pour en revenir à la Russie du petit tzar, je ne vois aucun intérêt pour elle (pas d’intérêt autre en tout cas que celui d’un autocrate tenté par la mort et la guerre à mort, comme tous les autocrates) de venir défier comme cela les Américains au Moyen-Orient. Ni pour nous. Je ne vois non plus pas d’excuse pour avoir annexé la Crimée qui mesure 140 000 km2 au motif qu’elle est peuplée de colons russes. Imaginez que l’Algérie annexe Marseille et sa région au motif qu’elle n’est peuplée que d’arabes ? Ridicule direz-vous, mais si l’Algérie avait la puissance militaire pour le faire ?

Alors, mettez-vous à la place des ukrainiens, qui étaient tous dans la rue pour chasser l’ancien régime – je sais, ils sont payés par Soros (cercueil, en grec), mais la théorie de la transpiration me fait parfois suer aussi. Ils ont après voté pour un gouvernement nul et corrompu, mais pas plus que le russe ou le français ! Mettez-vous à leur place et rappelez-vous Todd. Dans Après l’empire, il félicite les russes de ne pas tomber dans les provocations US ; eh bien c’est terminé, et si au lieu de saisir la Crimée contre toutes les règles du droit Poutine avait prévenu le coup américain, eh bien on n’en serait pas là – à moins que le judoka n’ait laissé faire pour mieux annexer !

Or en dérobant la Crimée, Poutine a ranimé toute la russophobie qui, venue des invasions et des exactions des armées russe et rouge, ne demandait qu’à renaître en Pologne ou dans les pays baltes (et rappelez-vous des quatorze millions de déplacés allemands). Comment voulez-vous qu’ils lui fassent confiance ? Après, je sais, certains prétendent que les présidents baltes sont des agents américains déguisés… Mais vérifiez, c’est bien sûr faux à 99% ; demandez autour de vous quel maso enverrait ses enfants faire ses études à Moscou.

Quant à la Syrie, pour soutenir le « seul allié Assad » et défendre sa seule base en Méditerranée (géostratégie, que de ridicules erreurs on commet en ton nom!), on risque une guerre totale contre des forces mieux équipées ? Pour défendre la Syrie, on favorise au final une guerre civile et un bain de sang ? Les Américains ont peut-être créé et armé Daech, mais pourquoi secourir Assad à mort ?

Soyons clairs. Au final c’est nous les Européens et nous les blancs qui allons y passer. Je considère moi que les torts sont au moins partagés entre russes et américains, et que Poutine me fait suer avec sa Crimée et sa Syrie.

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