Accueil FOCUS Analyses Rome isolé ? & si (perchè no ?) c’était Berlin ?

Rome isolé ? & si (perchè no ?) c’était Berlin ?

Ayant échappé au coup d’État constitutionnel (visant à refiler les clés du Capitole à la finance cosmopolite.2) tenté par les Vieillesses Junckeriennes & les kapos italiotes à leurs bottes, la nouvelle administration romaine ne s’en est pas laissé compter & a lancé ses premiers chantiers. « L’Italia farà da sè ». disait l’autre ! & si, au bout du compte, c’était ça la solution ?…

| Q. Certains commencent à parler d’une fin de l’hégémonie allemande. Comment est-ce possible ?

Jacques Borde. Il est certainement beaucoup trop tôt pour être aussi catégorique. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que le ciel se couvre de plus en plus en plus pour l’administration Merkel désormais directement mise en cause dans un scandale sur les migrants (sic) en Allemagne.

| Q. Et c’est grave, Docteur ?

Jacques Borde. Au point, en tout cas que le partenaire social-démocrate de l’actuelle coalition demande désormais des « explications » à la Bundeskanzlerin1 Angela D. Merkel, qui avec son gouvernement ont été mis en cause dimanche dans le vaste scandale qui secoue le Bundesamt für Migration und Flüchtlinge (BAMF)2, chargé de gérer les centaines de milliers de migrants arrivés en Allemagne depuis 2015.

| Q. C’est donc sérieux ?

Jacques Borde. On a là tous les ingrédients d’un méga scandale d’État.

« L’échec se situe dans l’inaction (du gouvernement) dès lors que les défis auxquels l’Allemagne allait être confrontée avec l’arrivée des réfugiés étaient clairs » a déclaré l’ancien président du BAMF, Frank-Jürgen Weise, qui a préféré ouvrir le parapluie en s’adressant à l’hebdomadaire Der Spiegel. « La crise aurait pu être évitée », a-t-il ajouté. Il a indiqué avoir « personnellement informé » Angela Merkel « à deux reprises » des problèmes en 2017, sans que des mesures soient prises.

En résumé, on a eu plus de mille demandes validées en échange d’avantages divers (sic). Avec, à la clé, une haute responsable (sic) du BAMF, des avocats, des interprètes ont été mis en examen pour corruption notamment. Le BAMF est, au stade où en est l’enquête, accusé d’avoir validé au moins 1.200 demandes d’asile par des migrants, en échange d’avantages. Sa haute responsable (resic) conteste les accusations et affirme qu’elle était juste « débordée ».

Ach ! Debordieren grossssss malheur !

Depuis, le gouvernement vérifie plusieurs milliers d’autres dossiers, pour voir si le scandale n’est pas plus étendu. Pour le moment le BAMF doit surtout se défendre d’accusations « d’avoir au mieux ignoré des mises en garde en interne sur les malversations et problèmes qui étaient en cours, voire de les avoir étouffés ».

Mais, maintenant que la Boite de Pandore est ouverte…

Comme a dit je ne ne sais plus qui, « les hommes politiques et les couches doivent être changées souvent et pour les mêmes raisons ».

| Q. Et ça à un rapport avec la situation en Italie et les relations italo-allemandes ?

Jacques Borde. Oh, que trop ! Pour :

1- donner continûment des leçons à autrui, grosss spezialitat (allemand de cuisine encore) de l’administration Merkel, convenons-en.
2- espérer que ces leçons soient entendues.

Il faut, soi-même avoir le c…l propre. Or, en l’espèce, le Germain merkelien s’avançant dans la plaine a, c’est le moins qu’on puisse dire, les braies passablement souillées.
Difficile, en cette posture peu enviable, de monter sur ses grands chevaux et de faire à la nouvelle administration Conte le coup du Vae Victis de Brennos3 !

Donc, corollairement, tout n’étant que rapport de force, le Romain se sent d’autant plus à l’aise pour franchir quelques Rubicons

| Q. Lesquels ?

Jacques Borde. Celui de des questions migratoires, d’abord.

Sans plus attendre, celui, le vice-président du Conseil des ministres italien & ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini4, a annoncé que les navires des ONG ayant participé aux entrées de migrants (sic), se verront interdire l’accès aux ports italiens.

Ensuite, lorsque Matteo Salvini souligne que les clandestins devront faire leurs valises « de façon polie, sereine, pacifique et tranquille », il les avertit clairement urbi et orbi que toute rébellion sera réprimée.

| Q. Un début, je suppose ?

Jacques Borde. Oui. Rome compte bien tailler dans les dépenses et, par là, réduire la capacité d’attraction de l’Italie en matières migratoires…

| Q. Des propos d’estrade lorsque Salvini parle d’un « bon coup de ciseaux dans les cinq milliards d’euros » consacrés chaque année aux Migrants ?

Jacques Borde. En fait je ne pense pas, Matteo Salvini là, ne joue absolument pas avec les mots.

En 2017, l’ancien gouvernement italien avait annoncé un budget de 4,2 Md€ pour les migrants, réparti comme suit :

  • 18% pour les secours en mer.
  • 13% pour l’assistance sanitaire.
  • 65% pour les centres d’accueil pour « demandeurs d’asile » (sic). Lesquels qui hébergent encore actuellement près de 170.000 personnes.

Donc, parler d’un « bon coup de ciseaux » dans ces cinq milliards d’euros, semble plutôt factuel et réaliste. Ce dont il s’agirait c’est davantage une réaffectation de budgets tout à fait à la portée d’un État moderne.

Le drôle dans cette affaire, c’est qu’une partie des sommes dont nous parle Salvini, serait pour partie, des fonds d’origine européenne.

| Q. Tout cela n’est pas un peu du discours, aussi ?

Jacques Borde. Oui et non.

Oui, ce sont effectivement des paroles verbales (sic).

Non. Parce que les mots ont aussi un sens. Et que, en l’affaire, ceux visés par les propos de – les migrants (sic) et ceux qui les instrumentalisent – ont parfaitement saisi ce dont il s’agissait : que l’Italie ne sera plus le maillon faible de l’Europe en ces matières. Et, d’ores et déjà, le report commence à se faire sur les côtes espagnole et Gibraltar, au beau milieu de la Méditerranée.

Comme quoi !…

| Q. Mais, pour placer la barre aussi haut avec ses partenaires l’Italie n’est-elle pas un peu distancée, voire affaiblie ?

Jacques Borde. (Éclat de rires) C’est la soupe infâme cuite sur les roulantes merkeliennes que tentent de nous fourguer à tout prix les kapos bruxellois aux ordres.

Mais, entre nous qui croit vraiment à ces fadaises. Comme le note Henri Temple, dans Causeur, « … personne ne semble avoir eu l’honnêteté de lire le programme de gouvernement du deuxième pays manufacturier d’Europe (avant la France…), puissance exportatrice avec, en 2017, ‘le record historique de 448 milliards d’euros d’exportations, soit une hausse de plus de 7% sur un an’, selon Les Échos. L’Italie est même en tête des pays européens pour les relocalisations industrielles: entre 2014 et 2017, l’Italie devance notamment la France (23) avec 32 entreprises rapatriés. Un léger protectionnisme du marché européen suffirait pour accentuer le mouvement. Ou même une TVA sociale et des baisses d’impôt (à la Schröder). L’Italie était seulement malade de ses politiciens qui ont laissé l’extravagante et irresponsable incompétence de Bruxelles ravager leur société. Une dette qui atteint 130% du PIB. En 2016, 4,6 millions d’Italiens vivaient dans la ‘pauvreté absolue’ ».

| Q. Et les menaces de Salvini, ça peut marcher ?

Jacques Borde. Mais, ça marche déjà. Et surtout cela va de pair avec une baisse déjà significatives de flux en provenance de Libye.

Donc, les choses sérieuses commencent. Et c’était ça aussi le message de Salvini. Parfois, pour être compris du plus grand nombre, il faut être un peu directif, voir même menaçant. Prenez Trump : son mur anti-immigré quoique virtuel, et pas près d’être construit, a déjà bloqué l’essentiel de la vague…

Rome, à son tour, vient de déplacer les curseurs.

Notes

1 Chancelière fédérale.
2 Ou Office national des migrants & réfugiés.
3 Ou Brennus, chef militaire des Sénons. La tradition parle de 1000 livres d’or. Lors de la pesée de la rançon, les historiens (romains) rapporteront que les Gaulois utilisent à cette occasion des poids truqués, alourdissant alors le tribut des romains. Aux protestations romaines, Brennos répondra de manière éloquente en ajoutant son épée aux poids incriminés, se justifiant du droit des vainqueurs par la phrase « Vae Victis » (Malheur aux vaincus). Polybe rapporte une tradition différente d’après laquelle, les Vénètes envahissant leur pays, les Gaulois sont forcés d’interrompre le siège du Capitole.
4 Par ailleurs, vice-président du groupe Europe des nations & des libertés.

 

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