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Le crépuscule du Kremlin et la revanche américaine 

Par Nicolas Bonnal

Le crépuscule du Kremlin et la revanche américaine

Malgré les rodomontades et les insultes de certains, l’Amérique de Trump est de retour et elle est plus forte que jamais, se renforçant même dans son chaos politicien. Elle a décidé de faire payer les uns pour leur protection militaire et les autres pour leurs exportations et leur utilisation de son adorable dollar, et pour l’instant tout le monde se soumet gentiment en bonne armée d’esclaves ; les marchés exultent au nez et à la barbe de nos éprouvants libertariens et autres vendeurs d’or qui ont fait rater à tout un chacun le plus fort rebond de l’histoire de la bourse. Les déficits budgétaires ou commerciaux se multiplient et renforcent notre empire au lieu de l’affaiblir, comme aux peu glorieux temps des années Bush. La reprise de contrôle de l’Amérique du sud gauchiste et populiste a aussi été d’un point de vue impérial absolument magnifique et on ne peut que féliciter les artistes que les uns et les autres enterraient depuis Obama, Nixon ou bien Truman (« le tigre de papier » sur lequel se jettent les chinois pour acheter du dollar ou acquérir la précieuse nationalité US). Quant aux partisans des Brics ils peuvent serrer les rangs et assister froidement à la dépossession-extermination des fermiers blancs d’Afrique du sud. On reconnait un arbre à ses fruits, pas vrai ?

On devrait insister sur la soumission du tigre de papier Pékin, qui a recours à Blankfein-Goldman pour défendre ses marchés et qui laisse ses banques suivre les ordres américains antirusses. Quant à Moscou, on n’a jamais vu une capitale aussi isolée ni aussi utile pour renforcer l’ordre impérial, vilain petit canard de la couvée mondiale.
Extraits des chroniques du grand jeu, site qui fanfaronnait sur la suprématie russe il y a peu. Ici aussi il y a du plomb dans l’aile :
« Cependant, on ne peut pas ne pas relever le retournement russe qui, il y a quelques jours encore, promettait d’en finir avec les terroristes… la toupie ottomane, agressive et déloyale, est de retour… L’avenir nous le dira. Mais dans ce contexte, l’on est forcé de repenser à l’inconcevable vente des S-400 à la Turquie. Le bijou anti-aérien devrait être livré dès 2019(…) Comme de coutume en ces cas, l’ambassadeur d’Israël à Moscou a été convoqué. Et après ? Il semble hors de question que Moscou engage des représailles directes contre Israël, mais un certain nombre d’options sont sur la table (…)A cet égard, votre serviteur ne peut s’empêcher – et il en sera j’en suis sûr d’avance pardonné – de revenir sur l’incongruité consistant à vendre des S-400 au vrai-faux ami turc et avoir reporté sine die la livraison de S-300 à l’allié syrien. Fermons la déplaisante parenthèse…

En réalité l’excellent partenaire d’Israël et des oligarques Vladimir Poutine devra tôt ou tard se soumettre ou se démettre. Avec sa politique provocatrice et son opposition systématique aux plus forts (et pour rien en plus, pour des sanctions tout au plus), il s’est mis 95% du monde à dos et il n’a ni les moyens financiers, psychologiques ou militaires de continuer comme ça. Comme dit Natalia, une bloggeuse russe pro-Poutine ici partisane de l’understatement à l’anglaise, sa politique étrangère n’est pas son point fort. Son seul point fort n’aura même pas été sa gestion, son seul point fort aura été un pétrole cher, qui a sauvé la Russie depuis vingt ans, et qui était à vingt ou dix dollars au temps du célèbre prédécesseur Eltsine. Pour le reste, voyez aussi ses relations avec l’Europe de l’est…qui semble revivre (mettez-vous à leur place, nous on était loin de la Russie et de son empire) les affres de l’époque stalinienne et qui s’adonne sans forcer à l’hystérie antirusse suscitée par Poutine depuis sa reprise de la Crimée (oui, je sais, c’était conforme au droit international…).
Notre génie géostratégique aura fait le pire qu’il pouvait avec son comportement militaro-multipolaire et il aura transformé le Moyen-Orient et l’Europe en poudrière. Pour le reste rappelons que la Russie comme la Chine font partie du grand-occident eschatologique-technologique.

Il est temps de se réveiller, de laisser les néostaliniens à leurs rêveries sino-russes et néo-soviétiques et de souhaiter que la révolution Trump se maintienne en Amérique. Pour le reste, si ce qui ne tue pas l’empire américain le rend plus fort, ce qui ne triomphe pas du petit tsar le rend plus mou.

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