Accueil FOCUS Analyses Alep : La Dernière ligne droite ?

Alep : La Dernière ligne droite ?

Alep, dernier avatar du western obamien au Levant ? Tentative d’ouverture de DA’ECH d’un nouveau front à Palmyre & Ultima ratio du locataire sortant de la Maison-Blanche : lever l’embargo US sur les armes. Sanguinaire & incompétent, Barack Hussein l’aura été jusqu’au bout dans son grand jeu Vs Moscou, nous servant, là, une rasade amère de Clintonade avant de tirer (enfin) sa révérence..

« Ni oubli, ni pardon, ni reconnaissance diplomatique, ni négociations. Destruction du pseudo-État islamique. Totale. Partout. Maintenant ».
Pensée d’une Internaute sur Facebook.

| Q.Dites-nous : à quoi a servi le Sommet de Paris ?

Jacques Borde. Comme tout ce qui se passe (en terme de raout diplomatique organisé par le Quai d’Oray) à rien, nada, niente, Bernique !

Le cirque cornaqué par John F. Kerry et Jean-Marc Ayrault, n’aboutissant sur rien, sauf les palinodies de service. Ah, si, tout de même une touche de comique : Kerry allant jusqu’à demander à Damas et Moscou de faire preuve de « compassion » envers la vermine nazislamiste. Grotesque et pitoyable !

| Q. Et le déploiement de troupes US supplémentaires à Raqqa ?

Jacques Borde. Là, aussi, nous ne sommes pas loin, excusez du terme, du foutage de gueule. Officiellement, ces 200 soldats supplémentaires1 vont renforcer les troupes supposées chasser Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)2 de Raqqa. Ça, c’est pour amuser la galerie.

En fait, ces renforts sont surtout là pour tenter de pallier à « certaines imperfections », pour reprendre les propres termes de US Secretary of Defense, Ashton Baldwin Ash Carter, car « certaines des puissances régionales au Moyen-Orient n’ont pas atteint le potentiel qu’on pourrait espérer ». Autrement dit, autant appeler un chat un chat, les bavardes pétromonarchies du Golfe, au pied du mur, ne dépassent guère le stade des rodomontades.

Mais, çà, on s’en doutait un peu.

| Q. Mais quel acharnement dans les combats pour Alep ?

Jacques Borde. Oui, c’est vrai ! Espérons qu’ils soient les derniers. Mais, comme l’a rappelé une amie sur Facebook, « La guerre en Syrie contre l’islamisme radical fait des morts civils : Mon Dieu, c’est affreux ! Qui a entendu parler d’une guerre gagnée avec jets de fleurs ou lancers de ballons ou sans dommages collatéraux ? Pas moi. L’ONU, les ONG, les médias, si prompts à donner des leçons devraient se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps les civils français ont payé un lourd tribu sous les bombes des alliés (près de 60.000 morts entre 1940 et 1945) destinées à éradiquer le nazisme. Soit on fait la guerre, soit on parle devant un micro pour commenter. Les deux actions sont incompatibles et les objectifs ne sont pas les mêmes ».

| Q. Moscou est donc pressé d’en finir ?

Jacques Borde. Moscou, oui. Mais, pas seulement, à Damas et Téhéran aussi, on a hâte de clore le volet de la guerre des villes qui n’a que trop longtemps saigné la Syrie.

Côté russe, « La Russie met le paquet parce qu’elle ne croit plus à la possibilité de collaborer avec les États-Unis en Syrie », commente Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie au Washington Institute. « C’est la guerre totale, car Moscou ne croit plus que Washington soit capable de faire quoi que ce soit en Syrie par manque de volonté ou incapacité ».

Quelque part, la décision de l’administration Obama de lever l’embargo sur la livraison des armes aux nazislamistes takfirî est une réponse, un peu vaine dirai-je, à la détermination de Damas et de ses partenaires. Techniquement, Moscou veut « en terminer avec une importante poche de résistance rebelle », souligne Igor Sutyagin, expert de la Russie au Royal United Service Institute (RUSI) de Londres. Il ne restera après « qu’à reprendre la province d’Idleb et quelques poches rebelles ».

| Q. Quid donc de cette décision de l’administration Obama de lever l’embargo ?

Jacques Borde. Deux choses, en fait.

Primo, il s’agit d’un manœuvre de dernier recours, d’ultima ratio de la part d’une administration à bout de souffle et d’idées. Une sorte de combat retardateur. Quant à la nature des combats à Alep et l’état des Contras pro-séoudiens, on voit assez mal où cela va conduire.

Quant à la suite de la guerre en Syrie, il y a de fortes chances que le prochain National Security Adviser, le lieutenant-général Michael T. Mike Flynn3, mette, dès janvier 2017, un bémol à ce genre d’initiatives. Entre-temps qu’auront eu le temps de livrer les amis (sic) du nazislamisme takfirî à DA’ECH et à Jabhat an-Nusrah li-Ahl ach-Chām4 ? Difficile de le savoir à ce stade. Mais probablement pas de quoi renverser la vapeur.

Secundo, Comme l’a fait remarquer le Pr. Frédéric Pichon, « Cette décision est incompréhensible dans la mesure où les États-Unis savent très bien, avec le recul, que beaucoup d’armes livrées par les États-Unis ont fini en de mauvaises mains. Les leçons n’ont pas été tirées et ils continuent de vendre des armes dont on n’est pas sûr des destinations »5.

En fait, beaucoup de ces armes, Remenber Benghazi, finiront par servir à frapper des intérêts occidentaux, dont étasuniens.

| Q. Mais, il y a quand même eu des résultats ?

Jacques Borde. Positifs, vous voulez dire ? Ah, bon lesquels ?

Comme le rappelle encore le le Pr. Frédéric Pichon, « Quand on voit l’échec cuisant du programme de formation des rebelles syriens qui a coûté 500 millions de dollars aux États-Unis pour avoir enfin des rebelles sûrs à qui on pourrait délivrer des armes sans risque, quand on voit qu’à la fin ils n’en ont formé probablement qu’une demi-douzaine, ce genre de décision est assez incompréhensible. Elle est compréhensible si l’on imagine que de la part de l’administration américaine il s’agit de prolonger cette guerre pour entraver en quelque sorte son dénouement, notamment par l’implication de la Russie dans un processus, en attendant peut-être aussi que Donald Trump prenne ses fonctions. Le dernier s’est déclaré plutôt favorable à ce que la Russie règle le problème syrien. À chacun son terrain de jeu, les Américains en Irak et la Syrie pour la Russie. C’est à la fois incompréhensible et en même temps, je pense que c’est le fruit d’une volonté de pourrir encore la situation, alors qu’elle est en train de se clarifier depuis la chute d’Alep Est »6.

Obama, là, nous sert une rasade amère de Clintonade avant de tirer, enfin, sa révérence.

| Q. Mais cette précipitation dans les décisions de la part de l’administration Obama, ça ne semble pas très réfléchi ?

Jacques Borde. Certes ! Mais qui vous a dit que l’establisment démocrate faisait preuve de beaucoup de réflexion avant d’agir.

| Q. Un peu facile comme réponse…

Jacques Borde. Oui, peut-être. Mais je pense que cela relève, surtout, chez ces gens-là d’un déficit chronique en personnels réellement compétents.

Prenez le cas, simple exemple, de Keith Mohammed7 Ellison, donné grand favori pour diriger les Démocrates. Comme l’a rappelé Eber Addad, « Il est persuadé que c’est l’Allemagne nazie qui a bombardé Pearl Harbor… il va aller loin le parti Démocrate avec ce genre de dirigeants ! ».

Pour quelqu’un qui a siégé au US House Committee on Foreign Affairs, reconnaissez que c’est un peu fort le café (Sourire), non ?

Sinon, pour vous situer le personnage, Keith M. Ellison a effectivement été lié au groupe radical Nation of Islam, mais a « affirmé que sa participation à Nation of Islam avait été limitée à une période de dix-huit mois autour de la période de la Million Man March en 1995, qu’il avait été peu familier avec les vues antisémites de Nation of Islam pendant sa participation au groupe, et qu’il n’avait jamais exprimé lui-même de telles opinions ».
Comme le note encore Eber Addad« Les libéraux8 sont les plus intolérants les gens dans ce pays et ils pense sérieusement qu’ils sont ouverts d’esprit. Ils sont le plus proche que tu peux être au fascisme. Si tu n’es pas d’accord avec eux, ils deviennent violents comme “les chemises brunes” et ils sont toujours sûr qu’ils ont raison. Pas de doutes, seuls des certitudes… ».

Vrai, Faux ? Allez savoir, on tape si nécessaire.

Mais, si ils sont nombreux de cet acabit au sein de l’establisment démocrate, on comprend alors mieux leurs indulgences récurrentes vis-à-vis des Kamiz brunes de DA’ECH. Asinus asinum fricat, disent les latinistes…

| Q. Et Palmyre ?

Jacques Borde. Palmyre nous prouve, ou plutôt nous confirme, cinq choses :

1- la Guerre de Syrie ne se terminera pas avec la guerre des villes ;
2- la puissance aérienne ne suffit pas à gagner des batailles ;
3- l’imperfection et l’insuffisance du dispositif russe en Syrie, notamment le refus de Moscou de s’engager sérieusement au sol ;
4- lâcher ainsi 4.000 chiens de guerre takfirî sur Palmyre n’a pus se faire à l’insu du dispositif de surveillance de la coalition, et en premier lieu, celui d’Américains dont le commander in chief est, pour l’instant, toujours le dénommé Barack Hussein Obama.

Qu’en déduire ? À vous de voir…

Notes

1 Il y en a déjà 300.
2 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
3 Ancien directeur, de 2012 à 2014, de la Defense Intelligence Agency (DIA, Agence du Renseignement militaire), répond aux besoins du président des États-Unis, du US Secretary of Defense, du Joint Chiefs of Staff (JCS, Comité des chefs d’état-major interarmées). Michael T.Flynn est l’auteur avec Michael Ledeen de The Field of Fight: How We Can Win the Global War Against Radical Islam & Its Allies. St. Martin’s Press. ISBN 1250106222.
4 Ou Front pour la victoire du peuple du Levant, ou de manière abrégée Front al-Nosra.
5 Russia Today .
6 Russia Today .
7 Son nom de converti. Précédemment Keith Maurice.
8 Par Libéraux, Eber Addad utilisant la terminologie US, entre la gauche et l’extrême-gauche.

Consulter aussi

De notre abrutissement par les chaînes info

La cuisinière de Flaubert et la politique C’est dans le journal de Flaubert : « …