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L’échec de la politique anti-terroriste française

Il y a environ deux semaines à l’assemblée nationale se tenait une « Commission d’enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 » ; présidée par George Fenech juge d’instruction membre des « républicains », la commission faisait face à Bernard Cazeneuve.

Dès le début de cette audience Fenech soulignait non sans raison le fait que les attentats de 2015 représentent un « échec collectif »

Cazeneuve pour sa part avait souhaité défendre les forces de l’ordre en pointant notamment du doigt « l’absence d’un système européen d’alerte et d’une coordination efficace des services européens », et affirmant qu’il était « réducteur d’imputer la responsabilité aux seuls services français »

Le « républicain » et le « socialiste » ont ici (une fois n’est pas coutume) tout deux raisons. Les attentats commis sur le sol français sont le symbole de l’échec non pas seulement de la politique française en matière de terrorisme, mais du système dans son intégralité. Et cet échec n’est pas seulement celui des services impliqués dans la lutte contre le fléau terroriste: blâmer ces services est aussi réducteur qu’insultant à leur égard.

Mais d’un coté comme de l’autre, les grands partis politiques refusent de nommer les véritables causes des attentats terroristes en Europe et préfèrent demeurer coincés entre idéologie et démagogie.

La commission à laquelle faisait face Cazeneuve n’a certainement pas étudié les phénomènes majeurs que sont l’immigration de masse, le communautarisme, la délinquance/criminalité en zones de non droit et ses liens avec la radicalisation religieuse, le déracinement individuel et la désacralisation du monde occidental…C’est là le véritable terreau composite d’où sortent les individus déséquilibrés prêt à commettre l’irréparable.

Sans grande surprise le terrorisme a donc encore frappé hier lundi 13 juin. Un peu plus de discrétion cette fois aussi bien du côté des médias que des politiques puisque l’attentat n’a fait « que » deux victimes, membres des forces de police qui plus est – lesquelles sont aujourd’hui l’objet de toutes les haines sur les réseaux sociaux, et ce depuis le début des manifestations socialo-communistes de « nuit debout » Comme toujours le profil du meurtrier est le même : jeune, issu de l’immigration, cité/zone de non droit, délinquant/criminel de droit commun et enfin auto-radicalisation et passage à l’acte.

On ne peut pas créer une poudrière géante puis reprocher aux pompiers de n’avoir pas su prévenir l’incendie ; Yves Trotignon1 dans une analyse publiée dans la revue diplomatie2 rappelle que dès les années 90, Oussama Ben Laden incitait Al Qaïda a recruter les futurs membres de l’organisation au sein des « communautés immigrés en Europe ». Un projet formalisé en 2004 par Abou Moussab al-Souri dans l’ouvrage encyclopédie du djihad3 : « nous demandons aux jeunes musulmans d’être des terroristes » peut on y lire « Pourquoi appelons nous au terrorisme individuel ? D’abord parce que les organisations secrètes et hiérarchisées ne parviennent pas à attirer les jeunes musulmans (…) ensuite parce qu’il nous faut donner la chance aux jeunes musulmans de jouer un rôle sans appartenir à une organisation »

Un autre théoricien d’Al Qaïda Younis al-Mauritani va dans la même direction dans un texte daté de 2010 intitulé « future work » : « un frère qui se présente à nous et que nous estimons inconnu des services ennemis en tant que moudjahid doit être entraîné à une mission précise pu renvoyé aussi vite que possible (…) Nous devrions lui attribuer des cibles, l’entraînement nécessaire et le renvoyer réaliser son opération. Il ne devrait y avoir aucune raison pour nous de rester en contact avec lui, ou alors simplement pour être informé de la date de l’attaque ou s’il rencontre des difficultés. Nous devons réaliser ces opérations pour maintenir l’ennemi sous pression, et essayer de le frapper régulièrement »

Dans un entretien accordé à la même revue, Hugues Eudeline4 nous explique « qu’à l’ère de la mondialisation, les mouvements migratoires parfois massifs, font que l’on retrouve des personnes de toutes origines partout dans le monde. La Ghettoïsation qui en résulte souvent nourrit le communautarisme, un terreau favorable à l’endoctrinement des plus réceptifs et à la diffusion d’idéologie extrémiste sous couvert d’une spiritualité de paix »

Ce sont là les paroles d’hommes issus des services français en charge de la défense et de la sécurité de l’état français, l’un est officier de marine l’autre vient de la DGSE. Comment se fait il que le gouvernement socialiste ne soit pas à l’écoute d’analyses aussi limpides, non plus que les « républicains » au pouvoir il y a quelques années ?

Nous étions donc une fois de plus d’accord – et consternés – lorsque Cazeneuve « passait aux aveux » devant la commission il y a à peine quinze jours, en admettant l’échec de l’état social-libéral actuel : il n’est « pas exclu que d’autres commandos puissent entrer sur le territoire de l’Union » dixit le ministre…

L’heure est donc à la résignation, les terroristes entreront sur le sol européen pour y commettre de nouveaux attentats. Ce n’est non seulement pas exclu mais fatal, dès lors que la très médiatique « guerre contre le terrorisme » ne deviendra pas un engagement réellement politique, tenant compte des différents facteurs évoqués plus haut.

Pour notre part nous serions tentés d’ajouter aux propos de Cazeneuve que ces « commandos » sont déjà là et depuis longtemps, comme le démontre à nouveau l’attentat de ce début de semaine. Tant que la politique dite « anti terroriste » refusera obstinément de mettre un visage sur le phénomène en attaquant ses causes réelles, des attentats réguliers sont à prévoir. Et compte tenu de la prison idéologique dans laquelle les sociétés démo-libérales sont enfermées, l’avenir s’annonce sombre.

Notes

1 Yves Trotignon est ancien analyste de la DGSE, ancien diplomate et consultant dans une société d’ingénierie et intelligence des risques

2 Diplomatie « géopolitique du terrorisme » les grands dossiers n°32 avril-mai 2016

4 Hugues Eudeline est ancien officier de marine, docteur en histoire et conférencier. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage intitulé « le dossier noir du terrorisme : la guerre moderne selon sun tzu » Le bouscat, l’esprit du temps 2014

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