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En quête d’un référentiel politique absolu

Il s’est toujours posé ces derniers siècles la question de l’acte de naissance de la France. Bien évidemment, la date choisie n’est pas exempts de préjugés politiques. On le sait, les deux différences originelles et essentielles entre droite et gauche concernent et l’Eglise et la République. On peut affirmer, histoire et documents à l’appui que la droite mit plus de siècles pour les accepter. C’est aujourd’hui chose faite, et ce depuis des décennies.

Le magistère intellectuel de la gauche, aujourd’hui disparu, fut tel pendant de nombreuses décennies, que l’on tenta de faire accroire aux Français que la France naquit avec la révolution française. Façon de tenter – sans succès d’un point de vue intellectuel – de convaincre que l’ancien régime ne fut pas français véritablement. C’est bien évidemment ridicule et on sait depuis fort longtemps que la victoire militaire de tel ou tel Roy était la cause de réjouissances populaires jusque dans les campagnes les plus reculées, dès lors où la nouvelle était connue. Le patriotisme était donc bien réel, ce qui implique nécessairement l’idée de Patrie donc de pays constitué.

On s’accorde même si ce n’est mon point de vue, à reconnaître que la France naît en 987. Là encore, à mes yeux, c’est ignorer que la France est limitée géographiquement par des frontières naturelles existant déjà lors de la préhistoire la plus lointaine. Les Francs et même les gaulois n’étaient-ils pas en leur temps habitants de l’hexagone naturel, limité par eaux et montagnes ? Il existe donc une constante quant à ces frontières naturelles même si on le sait, le territoire français s’étendit géographiquement bien au delà, ce à plusieurs reprises.

Le fait droite/gauche, on le sait est initialement français et nous vient de la révolution française. Pourtant, si l’on tient compte de ce qui fut écrit dans les paragraphes précédents, force est de constater que la Politique existait bien avant, même si c’était sous une forme bien différente. Puisque nous sommes « Français d’Europe », nous ne pouvons passer sous silence ou ignorer que la Grèce antique connut des régimes politiques tout à fait distincts. Ceux ci furent étudiés dans le Politeia de Platon. Là encore, c’était bien de Politique dont il s’agissait, et à une époque où il n’était pas question de droite ou de gauche.

On en déduira donc logiquement que le référentiel droite/gauche, dont on considère qu’il n’est plus guère opérant aujourd’hui, n’a pas valeur universelle. Ni en terme de temps, ni d’espace.

Conséquemment, je me suis interrogé quant à la recherche puis découverte d’un référentiel qui pourrait se substituer au repère droite/gauche, mais qui soit lui universel, indépendamment des critères spatiaux et temporels.

Il n’est pas impossible que l’idée qui me soit venue en tête soit en prendre en considération.

Nécessairement, dès lors où il y a société constituée, il y a gouvernement que l’on peut appeler Pouvoir. Celui-ci, que l’on se remémore Platon, peut prendre plusieurs formes. Je considère que l’axe politique essentiel est borné à ses extrémités par l’ampleur du Pouvoir sur les administrés, allant de sa vacance jusque son omniprésence. Autrement exprimé, sur ce segment, on va des libertariens jusqu’aux totalitaires avec toutes les nuances présentes entre les deux.

Si ce nouveau référentiel est valide d’un point de vue strictement politique, il l’est tout autant d’un point de vue économique. On trouvera dans ce dernier cas, aux deux extrémités, dans un cas, ce que l’on a appelé « capitalisme sauvage », et à l’autre, le plan quinquennal soviétique.

On résout du même coup les problèmes de temporalité et de spatialité inhérents à l’obsolète référentiel droite/gauche. Se voit aussi résolu le problème topologique des deux totalitarismes majeurs du Xxème siècle que l’on a coutume de placer paradoxalement aux deux extrémités de l’ancien repère. Rappelons que dans ce cas, pas plus opposés qu’un totalitarisme de droite et un totalitarisme de gauche, placés donc aux deux extrémités du segment, alors même qu’ils présentent bien des points communs. En revanche, ils ne sont pas si éloignés dans le nouveau repère.

Autre exemple, dans le nouveau repère, on constate que droite bonapartiste et gauche républicaine ne sont pas autant éloignées l’une de l’autre. D’où la bien meilleure compréhension du fait que Front National et Front de gauche furent, l’un comme l’autre, très durs dans leurs jugements quant à la politique menée lors de la gouvernance Ayrault, mais aussi sous la gouvernance Valls. L’ancien repère (droite/gauche) n’était d’ailleurs plus crédible, et ce depuis longtemps. A titre d’exemple, si Ayrault premier ministre et Melenchon sont de gauche, alors fatalement Ayrault (premier ministre) est plus proche de Melenchon que de Borloo, pourtant lui, estampillé à droite. Or on le sait, Il n’y a que peu de différences entre Ayrault et Borloo d’un point de vue politique et économique. Melenchon, quant à lui, appartient à un tout autre monde.

La ligne de fracture aujourd’hui comme depuis toujours passe en fait quant à l’importance du Pouvoir face à l’Individu, oscillant du zéro à l’infini.

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