Accueil FOCUS Analyses Quête du juste milieu : contre les barbaries

Quête du juste milieu : contre les barbaries

Ce serait une grave erreur, conséquence de la méconnaissance de la nature humaine, que d’accorder dans la vie de l’homme, d’hier comme d’aujourd’hui, une trop grande importance à la rationalité.

Outre que le cerveau reptilien constitue le fondement de nos comportements primaires, le néo-cortex, bien loin de canaliser nos pulsions animales, sert le plus souvent à davantage les satisfaire. D’où les comportements de prédation et de domination que nous pouvons constater au quotidien. Voilà qui fait de l’homme, suite justement à l’existence de ce néo-cortex, le plus grand des prédateurs.

En matière de politique, et plus spécifiquement d’économie, la rationalité est ainsi en berne. La révolution bolchévique en 1917, s’est traduite, très rapidement par de nombreuses catastrophes. Léon Blum (congrès de Tours) l’avait prévu. Il faut l’un des seuls à gauche à faire fonctionner sa raison, chez les autres, en panne. Quand bien même le plan quinquennal échouait partout (« il n’a jamais fonctionné déclarait Gorbatchev alors ministre de l’agriculture devant François Mitterrand ».), que beaucoup continuait à le célébrer, considérant que l’intervention majeure de l’Etat dans l’économie, ne pouvait être que la solution optimale.

Le temps passa et il fallut que la catastrophe soit véritablement patente pour que les peuples, enfin, décidèrent d’en finir avec le communisme mortifère et économiquement désastreux. On pourrait y voir, influence hegelienne, une victoire de la raison, prémisse de la victoire sur terre, du règne de l’Esprit.

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Las, il n’en a rien été. Nul besoin de poursuivre longtemps des études en philosophie pour constater que la vérité ne fait pas bon ménage avec l’extrémisme. Pourtant, les individus constituant le peuple, à distinguer des personnalités différenciées, basculent à nouveau dans l’excès : après la célébration imbécile de l’Etat omnipotent, les voici fustigeant toute intervention de ce même Etat dans l’économie. Comme de par le passé, les vents de la mode gonflent les voiles de navires nous menant vers de dangereux récifs. Il est à craindre que, là encore, tant que la catastrophe ne soit pas encore avérée totalement, les peuples se laissent duper par une mode prônée par des politiques inféodés, aujourd’hui comme hier à l’idéologie, mort de la pensée souveraine.

Celui qui fustigea en son temps le plan quinquennal soviétique, les nationalisations à 100 %, cria dans le vide. Il en est de même pour celui qui aujourd’hui, tente en vain, de mettre un frein au tout libéral. Pourtant les catastrophes, notamment dans le domaine social, s’accumulent. Entre le malheureux succès croissant des restos du cœur, l’augmentation des bénéficiaires de minima sociaux, les sdf qui n’existaient pas voici 35 ans, les Français qui renoncent aux soins médicaux faute d’argent, les exemples ne manquent pas.

On nous présente le fait libéral comme incontournable comme on nous avait imposé l’Etat Behemoth. Pas impossible que la solution, en matière d’économie se situe dans le cadre de l’économie mixte, décriée hier (pas assez d’Etat) comme aujourd’hui (trop d’Etat).

Qu’importe les pays capitalistes, même l’Allemagne excellent élève capitaliste, est désormais sur une mauvaise pente, fait reconnu par les économistes capitalistes. Avec une nuance : c’est dans les pays scandinaves, qui justement disposent d’une forte tradition d’interventionnisme d’Etat, que la situation est la moins mauvaise en matière de qualité de vie.

Une piste en matière d’économie ?

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