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Europe: Merkel enterre les «quotas» de réfugiés

La chancelière allemande a fait le constat de l’échec de ces mécanismes lors du sommet européen de Bratislava, ce vendredi. Elle avait tenté de les imposer à chacun des pays de l’UE au plus fort de l’exode syrien, suscitant la fureur des pays d’Europe orientale.

C’est la seule surprise d’un sommet européen qui aura respecté au millimètre le script prévu: Angela Merkel a donné le coup de grâce aux «quotas» nationaux de réfugiés qu’elle avait imposés à chacun des pays de l’UE, à partir de l’été 2015, au plus fort de l’exode syrien à travers la Turquie.

«Cette décision, c’est vrai, s’est heurtée à de sérieux obstacles, a reconnu la chancelière à l’issue du sommet européen de Bratislava. C’est pourquoi il faut maintenant imaginer d’autres approches.» Ce constat d’échec est sans doute nécessaire pour remédier à la brouille ouverte entre l’Allemagne et ses alliés traditionnels d’Europe orientale.

Mais l’aveu d’Angela Merkel consacre son affaiblissement sur la scène européenne. Il ouvre aussi une autre brèche avec l’Italie et la Grèce, pays de premier accueil submergés par l’exode migratoire. Signe de mauvaise humeur, Matteo Renzi n’a pas participé à une conférence de presse commune avec la chancelière et le président français. Elle était censée renvoyer une image d’unité des «grands» de l’UE, après le «non» fracassant des Britanniques.

Doublement du Fonds Juncker d’investissements

Le mécanisme de répartition obligatoire n’a jamais décollé. Il suscitait la fureur des pays d’Europe orientale comme la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie. Il a surtout offert une tribune de choix au premier ministre hongrois Viktor Orban, chantre européen du nationalisme et du rejet des musulmans. Il laissait planer le risque de nouvelles sécessions, après que le Brexit a montré que l’appartenance à l’UE n’est plus définitive.

Du coup, l’Europe change de cap dans la gestion de la crise migratoire. La protection de ses frontières maritimes sur la Méditerranée devient la priorité absolue. Ce n’est qu’une fois le résultat atteint que l’on reparlera d’un partage des nouveaux arrivants. «S’il n’y a pas de contrôle efficace aux frontières, aucun mécanisme de répartition (interne à l’UE) ne peut s’appliquer», a dit François Hollande à la même tribune.

C’est une variation de plus sur le thème de l’ «Europe qui protège», leitmotiv du sommet des 27 convoqué pour répondre à une défiance des électeurs d’ampleur continentale. Sans rien décider sur le fond, le rendez-vous de Bratislava s’est accordé sur les trois grandes lignes arrêtées depuis plusieurs jours. L’impératif de sécurité, avec l’ambition affichée de fonder une vraie défense européenne. La montée en puissance du nouveau corps européen de garde-frontière, avec un premier détachement en Bulgarie, en octobre. Et enfin la croissance et l’emploi, avec le doublement du Fonds Juncker d’investissements à travers l’Europe. Ce «programme de Bratislava» doit se concrétiser dans les six mois qui viennent, juste avant une téméraire célébration officielle des 60 ans du traité de Rome.

Le Figaro

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