Accueil ACTU Économie Parisot loue la méthode Hollande, plus «efficace» que celle de Sarkozy

Parisot loue la méthode Hollande, plus «efficace» que celle de Sarkozy

L’ancienne présidente du Medef, organisation patronale à tendance libérale et traditionnellement proche de la droite, reproche à l’ex-chef de l’État d’avoir «échoué» dans certains domaines.

C’est un soutien assez inattendu. François Hollande, qui a conditionné son éventuelle candidature pour 2017 à la désormais fameuse «inversion de la courbe» du chômage, a reçu ce lundi l’appui bienveillant de Laurence Parisot. Alors qu’une embellie semble s’être récemment dessinée sur le plan économique, l’ancienne présidente du Medef – organisation patronale à tendance libérale et traditionnellement proche de la droite – loue dans Libération la méthode de dialogue social instaurée par le chef de l’État.

Ainsi, pour mieux vanter ses mérites, la vice-présidente de l’Ifop commence par tacler sévèrement Nicolas Sarkozy à qui elle reproche sa brutalité. «Il était dans une logique beaucoup plus étatique (et) estimait que l’efficacité passait par des décisions qui venaient du sommet et devaient s’imposer à l’ensemble du corps social. L’ancien président a réussi un certain nombre de réformes, comme celle des retraites, mais il a échoué dans d’autres domaines, par exemple sur les 35 heures», juge-t-elle notamment.

Macron «bouscule les lignes», Valls «sait briser les tabous»

«François Hollande, dans sa politique économique et sociale, a développé une approche social-démocrate qui correspond à ce que j’estime être efficace pour notre pays. (…) Si on fait le bilan de la méthode de François Hollande, on voit des mécanismes intéressants et positifs», enumère-t-elle, citant par exemple le CICE. «Il y avait dans l’approche de François Hollande une excellente intention, mais elle a malheureusement été contrée par d’autres facteurs et par des décisions malvenues», regrette-t-elle.

De même, Laurence Parisot tresse les louanges de Manuel Valls et Emmanuel Macron. «Même si je ne partage pas son approche “ni gauche ni droite”, la percée spectaculaire d’Emmanuel Macron est remarquable. Il bouscule les lignes. Manuel Valls est aussi dans cette logique-là, il est capable de briser des tabous», espère-t-elle. «L’intensité des débats entre les frondeurs, Manuel Valls, Emmanuel Macron et François Hollande peut faire émerger quelque chose de nouveau et d’intéressant. Je regarderai aussi de ce côté-là».

La primaire «rend le débat médiocre»

L’ex-représentante syndicale, qui se rendra «volontiers» à l’université de rentrée du MoDem sans pour autant «s’engager aux côtés» de François Bayrou, confie par ailleurs qu’elle a «l’intention de (s’)exprimer» dans la campagne à venir. «J’attends néanmoins que la primaire de la droite soit passée pour dire les choses avec plus de force. (…) Il faut aussi voir ce qui va se passer dans l’autre camp», prévient-elle, estimant que «la gauche n’est pas morte et peut tout à fait se reconstituer d’ici le début de l’année prochaine».

Enfin, l’ancienne patronne du Medef affirme qu’elle ne votera pas à la primaire à droite: «Je n’aime pas cette façon de désigner les candidats qui les amène à des expressions tout à fait détestables, des positionnements démagogiques, simplistes. Cela rend le débat médiocre», assène-t-elle. «Je constate qu’il n’y a aucune idée nouvelle à droite sur l’approche économique et sociale. Plusieurs candidats disent qu’il faut agir vite, fort et de manière autoritaire. Or je suis convaincue que c’est une approche erronée et dangereuse», conclut-elle.

Le Figaro

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