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Les économistes en pot de chambre de LR

La thèse fondamentale des économistes de LR

On peut résumer la pensée économique du mentor, car il est unique, c’est l’impérialisme US, des divers candidats de la droite aux primaires de la manière suivante :

“La crise est due au fait que la France dépense trop d’argent. C’est en virant des millions de fonctionnaires qui coûtent la peau des fesses et en redonnant l’argent aux patrons que l’on résorbera le chômage.”

Les sous-entendus de cette thèse

Premier sous-entendu : la dépense publique est mauvaise par nature. Elle ne produit rien.

Deuxième sous-entendu : si l’on redonne l’argent aux patrons ils vont bien sûr l’investir primo dans l’économie réelle et non dans la finance et secundo dans l’industrie française et non l’industrie étrangère.

La réfutation des sous-entendus de la thèse des économistes de LR

Premier sous-entendu : la dépense publique est mauvaise par nature. Elle ne produit rien. Notez que c’est aussi le cas de la plupart des dépenses privées : manger, se vêtir, se soigner, se loger, se divertir ne produit rien. Par conséquent donner de l’argent aux “bâfreurs” est une stupidité sans pareil. Il faut diminuer les salaires, supprimer la couverture sociale (santé, retraite, chômage etc). On voit immédiatement où cela nous mène : droit vers la misère pour le peuple et l’opulence pour une infime minorité dont bien sûr les politicards de droite, du centre et même de gauche ou d’extrême-gauche.

Deuxième sous-entendu : si l’on redonne l’argent aux patrons ils vont bien sûr l’investir primo dans l’économie réelle et non dans la finance et secundo dans l’industrie française et non l’industrie étrangère. Or et c’est là un fait quand on donne de l’argent aux entreprises en général cet argent est en priorité placé dans le secteur financier. Toutes les grandes entreprises ont un secteur financier qui souvent génère plus d’argent que l’économie réelle. Cet argent est ensuite redistribué aux actionnaires qui eux aussi l’investissent en priorité dans le secteur financier où il rapporte plus que l’économie réelle. Et quand finalement une partie faible de cet argent redistribué aux patrons arrive dans l’économie réelle la plupart du temps ce n’est pas en France mais en Asie et dans les pays à charges sociales inexistantes. D’où l’obsession des Juppé, Sarkozy etc, nous l’avons vu plus haut, pour considérer la dépense sociale comme intrinsèquement mauvaise et leur acharnement à vouloir la faire disparaître. De plus la France est maintenant un pays en voie de désindustrialisation accélérée, quasiment sous-développé et les synergies industrielles qui hier faisaient sa force font aujourd’hui celle de la Corée, de la Chine, du Japon, de la Turquie etc. C’est dans ces pays que va l’argent, pas en France.

D’où ces idées fausses et bêtes, que les économistes de droite font mine de trouver intelligentes, viennent-elles ?

Elles viennent du rejet du keynésianisme. Keynes a fait une découverte majeure : pour sortir d’une crise économique grave due à la terrible spirale déflationniste il faut injecter massivement des liquidités dans l’économie réelle. Mais qu’est-ce que la déflation et que signifie “injecter des liquidités dans l’économie réelle” ? Voici quelques explications succinctes.

Qu’est-ce que la déflation ?

La déflation c’est la baisse généralisée des prix. Elle peut être limitée à un seul pays (le Japon par exemple est en déflation depuis le début des années 90), à un groupe de pays (l’UE est actuellement en déflation) ou au contraire être mondiale. Et c’est le cas actuellement. Les prix exprimés en dollars baissent. La valeur des marchandises produites en un an dans le monde a baissé de 6%. On le sait parce que cette valeur est mesurée par le PIB mondial qui a régressé de 6% en 2015. En voici la preuve : banquemondiale.org

Fort bien me direz-vous. Les prix ont baissé and so what ? Pourquoi serait-ce une mauvaise chose ? Il est très facile de comprendre à partir d’un exemple pourquoi les personnes qui ont de l’argent n’achètent plus certaines catégories de biens.

Si Tartempion achète une voiture à 100.000 euros ou une montre à 20.000 euros aujourd’hui et que demain, dans un futur proche, elles ne valent plus neuves que 80.000 et 16.000 euros alors il se sentira floué, il aura la certitude de s’être fait avoir. Et c’est parce qu’il est intelligent et capable d’anticiper le futur qu’il différera ses achats car il se dit que demain son argent vaudra plus qu’aujourd’hui. Les constructeurs d’automobiles et de montres, confrontés à la baisse de leurs ventes, vont tirer leur prix vers le bas en licenciant des ouvriers et en payant moins ceux qui restent. Ce qui aggravera la chute du niveau de vie de l’ensemble de la société et incitera les détenteurs de capitaux à attendre encore avant de dépenser leur bon argent. C’est ça le coeur de la spirale déflationniste. Les anticipations que les investisseurs potentiels font les incitent à différer leurs investissements et le fait de différer les investissements aggrave la crise et l’aggravation de la crise fait que les anticipations des investisseurs les conduisent à différer les investissement. Le marché et la finance sont incapables de se sortir par eux-mêmes de cette spirale qui est un mécanisme auto-entretenu.

Les conséquences pour la politique économique

On comprend aisément qu’en période de forte déflation ça ne sert à rien de donner de l’argent aux détenteurs de capitaux. C’est une stupidité sans pareil ! Or donner de l’argent aux capitalistes c’est justement ça le coeur de la politique économique non seulement de LR et du Centre mais aussi du PS. Les dirigeants de ces partis donnent du fric à des capitalistes qui ne savent pas où l’investir dans l’économie réelle. Et bien entendu cet argent finit dans la finance où il alimente des bulles spéculatives qui finiront par exploser.

Si les économistes de LR étaient logiques ils devraient considérer que donner de l’argent aux patrons comme ils le font constitue une dépense inutile à laquelle il convient de mettre un terme au plus vite. Mais les économistes de LR ne pensent pas, ce sont des économistes en pot de chambre. Pour parodier Shakespeare, ils monologuent avec componction : “étron ou ne pas pas étron, telle est la question” !

Que faut-il faire pour sortir d’une spirale déflationniste ?

That is the question, the real question ! Commençons par observer comment les USA puis le monde sont sortis de la terrible déflation des années 30. Par le fait l’Allemagne est sortie la première et elle est sortie grâce à des injections massives de capitaux provenant… des USA, de la finance américaine et de Wall Street. L’affaire a été étudiée par Antony Sutton dans son fameux livre Wall Street and the Rise of Hitler (que l’on peut télécharger librement sur le Net). Mais nous nous intéresserons à la sortie de crise des USA uniquement.

Les USA sont sortis de la déflation des années 30 par la seconde guerre mondiale. Mais en quoi une guerre peut-elle débloquer la spirale déflationniste ? C’est très facile à comprendre. Avec l’entrée en guerre des USA l’état américain a eu besoin d’uniformes, d’armes, de navires, d’avions, de tanks, de camions, de jeeps, de carburant, de bombes, de rations de combat etc. Il a donc injecté dans les circuits économiques des sommes considérables. Le secteur industriel a été certain d’avoir de très grosses commandes et a investi beaucoup de capitaux dans la construction d’usines. Comme tous les hommes jeunes étaient au combat les salaires des travailleurs ont été tirés vers le haut.

Comment les USA ont-ils financé la seconde guerre mondiale ?

Les USA ont financé la seconde guerre mondiale par l’endettement massif. D’ailleurs en voici la preuve sur ce graphique : Wikipedia: US Federal Debt

L’endettement US est monté jusqu’à un peu moins de 120% du PIB. C’est l’injection massive de liquidité dans l’économie par le biais de commandes gouvernementales qui a permis de sortir de la spirale déflationniste.

Essayons de comprendre ce qui s’est passé. L’état américain a relancé l’économie par le biais de commandes massives. Il n’a pas distribué d’argent à des individus pour qu’ils s’achètent des voitures japonaises ou des téléphones chinois qui n’existaient pas encore ! Il n’a pas non plus distribué l’argent à la finance d’où il ne s’échappe jamais vers l’économie réelle. Il a distribué de l’argent de manière à ce qu’il ne profite qu’à l’industrie nationale.

Les règles pour sortir de la déflation

Pour sortir de la déflation :

a. Il faut injecter des liquidités de manière massive dans l’économie réelle mais pas sous la forme d’argent donné à des individus soumis à la mode mais sous la forme de prêts à l’investissement et de commandes à des industries nationales. L’argent injecté ne doit pas sortir du pays sans quoi il se produit ce qui se passe depuis les années 90 : les pays occidentaux s’endettent pour distribuer du pouvoir d’achat aux consommateurs qui s’empressent de le dépenser en marchandises produites en Chine. Résultat : l’argent injecté a profité à la Chine et aux pays asiatiques mais pas à l’Occident.

b. Comment faire pour éviter que les consommateurs se précipitent sur les produits bon marché fabriqués en Chine ? Le protectionnisme. D’ailleurs il vaut mieux que l’état investisse l’argent dans des commandes ou dans la production plutôt que de le distribuer aux individus qui de toute manière profiteront des retombées économiques et de la hausse des salaires.

c. Le problème de la dette est très important. Plutôt que de s’endetter auprès du secteur financier l’état peut financer ses emprunts en recourant à des prêts à taux zéro consentis par sa banque centrale. Au pire s’il ne rembourse pas cela créera de l’inflation, ce qui est excellent pour sortir de la déflation.

Faut-il faire une guerre pour sortir de la déflation ?

Bien évidemment non ! L’état doit investir dans un secteur qui rapporte immédiatement à tous, dans un secteur nouveau, où l’investissement n’aggravera pas pas la crise de surproduction. Reprenons l’exemple des fabricants d’automobiles et de montres qui ne parviennent plus à vendre leur production. L’état ne doit surtout pas investir dans le secteur des voitures et des montres car l’augmentation de l’offre ferait chuter les prix et aggraverait la déflation. Il faut une véritable réflexion économique avec des plans intelligibles et intelligents pour sortir de la crise.

Dans quel secteur faut-il investir ?

La solution est suggérée mais de manière trompeuse par deux personnes liées à la fois au mondialisme et à l’écologie : Gaël Giraud, sorti de Normal Sup, économiste au CNRS et jésuite et Jean-Marc Jancovici, polytechnicien et Young Leader de la French American Foundation (une sorte de collègue de Juppé, de Hollande, de Montebourg et de Macron qui appartiennent eux aussi à la tristement célèbre FAF).

Ces deux éminentes personnalités ont fait une découverte fondamentale : le PIB d’un pays est lié au volume d’énergie primaire consommée, pas au prix mais à la quantité physique. Et cela est vérifié sur les longues périodes avec des graphiques et des raisons théoriques. C’est sans doute une découverte majeure si ce n’est la découverte fondamentale en économie. On trouve sur Youtube des vidéos fort pédagogiques de ces deux chercheurs qui expliquent que pour augmenter la production il faut consommer plus d’énergie. Mais hélas on se heurte, disent-ils, au fameux pic de l’énergie.

Selon ces deux chercheurs la stagnation est inévitable car on ne trouvera plus de ressources suffisantes pour continuer la croissance économique et à terme nous allons connaître la décroissance qu’il faudra gérer avec les énergies renouvelables. Ces deux éminents spécialistes proposent donc de sortir de la déflation par l’investissement massif dans les énergies renouvelables. Mais le futur de l’humanité reste sombre puisqu’il sera impossible d’augmenter la consommation d’énergie sans rendre le monde invivable en le couvrant d’éoliennes qui tombent sans cesse en panne et qui sont fort coûteuses à entretenir ou de panneaux solaires dont la fabrication consomme beaucoup de ressources naturelles. La suite est facile à comprendre : l’homme est de trop. La surpopulation est une obsession constante chez les mondialistes et les écologistes.

Gaël Giraud et Jean-Marc Jancovici ont-ils raison ?

Ils ont tort et on peut même dire qu’ils mentent par omission car il est impossible que deux personnes sorties des grandes écoles (Normal Sup pour le premier, Polytechnique pour le second) ignorent que la terre est très loin d’avoir épuisé ses ressources énergétiques : il y a de l’uranium dans l’eau de mer qu’il est possible d’extraire par l’énergie solaire ou éolienne, il y a la filière surgénératrice qui permettrait d’utiliser presque tout l’uranium au lieu de l’infime fraction utilisée dans nos centrales actuelles et surtout il y a le thorium. Et le thorium permettrait d’avoir de l’énergie pour une dizaine de milliers d’années au rythme actuel de la consommation. Or une telle durée laissera sans doute le temps nécessaire à l’humanité de parvenir à la maîtrise de la fusion nucléaire contrôlée. C’est une quasi certitude énorme : l’espèce humaine est pourvue de suffisamment de ressources énergétiques pour tenir encore quelques milliards d’années, jusqu’à ce que la terre devienne inhabitable à cause du réchauffement et du grossissement inéluctable du soleil.

Quel est l’investissement stratégique pour sortir de la crise déflationniste ?

Le secteur industriel dans lequel tous les états – car cela ne concerne pas que la France – doivent investir est celui de l’énergie afin de passer à la surgénération pour les pays les plus avancés (car cela demande une maîtrise technologique dont seuls quelques pays dont la France sont capables) et pour tous les pays, développés ou non, à la filière thorium avec des réacteurs à sels fondus quasiment écologiques, sans danger et qui surtout permettraient de se débarrasser des actinides (produits par la filière uranium) dont la radioactivité dure des millions d’années contre trois cents ans pour les déchets des centrales à sels fondus.

La solution pour la sortie de la déflation est donc l’investissement massif et mondial dans la filière thorium. Mais c’est à chaque pays de se débrouiller pour éviter que des opportunistes sans scrupules comme les Allemands ou les Chinois n’en profitent pour détourner à leur profit l’investissement fait par d’autres.

Conclusion

Les thèses économiques défendues par Juppé, Sarkozy, Fillon, Copé et au delà Macron, Hollande, Montebourg voire Mélenchon (ennemi acharné du protectionnisme et du contrôle nécessaire des frontières étatiques) sont ineptes, contre-productives, dangereuses. Donner de l’argent à des patrons qui s’empresseront de le placer dans le secteur financier ou de l’investir en Turquie, en Tunisie, en Corée ou au Vietnam ne fera qu’aggraver le délabrement de la France. Pour qui voter alors ? Le Pen n’a aucune réflexion sur la déflation et dans un pays où le tiers de la population a des origines noires africaines elle n’a aucune chance d’arriver au pouvoir. Asselineau n’a aucune réflexion non plus alors que sa tête pensante en matière économique et financière, Vincent Brousseau, s’était signalé à la fin de 2014 par un article lumineux, encore présent sur le site de l’UPR, où il décrivait le commencement de la spirale déflationniste entièrement piloté par la Fed puisque la hausse du dollar, qui est la monnaie mondiale, de la finance, des grandes entreprises, des détenteurs de capitaux, des rentiers et de nombreux pays du tiers-monde, a enclenché la spirale déflationniste. Le crétinisme des économistes de LR est largement partagé par tous les partis politiques. Et la France n’a hélas pas les ressources intellectuelles et morales pour se sortir par elle-même de la crise.

Source: Alter Info

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