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Tourisme à New York et apocalypse mondiale

PAR NICOLAS BONNAL
Voyons quelques chiffres, à l’heure ou la bourse enthousiaste monte toujours…
66,6 millions de touristes à New York cette année (zerohedge.com). Presque trop beau…On les voit s’agglutiner par grappes, comme des frelons ou des cafards, bedaine à l’air, boule à zéro, smartphone au bec, tongues au pied, retraités-tatoués, jouvenceaux-illuminés, sans enfants, unisexes, et qui vont achever de chasser les newyorkais qui, comme les barcelonais ou les parisiens, fuient épouvantés leur ville asphyxiée/assiégée. Aucun hôtel, même miteux, à moins de 200 euros la nuit.
Arrêtons de parler d’apocalypse. La mondialisation marche, le capitalisme tourne à plein pot. Et qu’on ne nous dise pas que les oligarques confisquent l’argent imprimé par les banques centrales : il n’y a jamais eu autant d’andouilles dorées dotées d’autant de pognon sur terre, et disposées à tout saccager pour s’empiler.
Je cherchais sur booking.com, le meilleur site pour observer cette fin du monde le légendaire Timberlodge dans l’Oregon, où furent tournés les extérieurs de Shining. Cet hôtel est bien sûr une daube en contreplaqué, mais à 300 dollars la mansarde. A Denver une chambre dans un quatre étoiles vaut 777 dollars, comme à San Francisco, Boston ou à Seattle. Dette US ? Mais les chinois, mexicains, hindous se battent pour s’y établir et acheter en Amérique. Le rêve américain et l’increvable dollar les hypnotisent ces papillons, plus besoin de porte-avions…
On va citer Lucien Cerise qui nous disait en 2010 :

« Pour Baudrillard, la véritable apocalypse n’était pas la fin réelle du monde, sa fin physique, matérielle, assumée, mais son unification dans ce qu’il appelait le « mondial », ce que l’on appelle aujourd’hui le mondialisme, et qui signait la vraie fin, le simulacre ultime, le « crime parfait », c’est-à-dire la fin niant qu’elle est la fin, la fin non assumée, donnant l’illusion que ça continue. La Matrice, comme dans le film, si vous voulez. »
Voilà qui me parait plus lucide que de spéculer sur le bazar de l’empire…
Car Lévi-Strauss notait sur notre effondrement humain :

« Ce grand échec de l’Inde apporte un enseignement : en devenant trop nombreuse et malgré le génie de ses penseurs, une société ne se perpétue qu’en sécrétant la servitude. Lorsque les hommes commencent à se sentir à l’étroit dans leurs espaces géographique, social et mental, une solution simple risque de les séduire : celle qui consiste à refuser la qualité humaine à une partie de l’espèce. (…) J’y vois plutôt un signe annonciateur d’une évolution vers le monde fini, dont l’Asie du Sud a fait l’expérience un millénaire ou deux avant nous et dont, à moins de grandes décisions, nous ne parviendrons peut-être pas à nous affranchir. Car cette dévalorisation systématique de l’homme par l’homme se répand, et ce serait trop d’hypocrisie et d’inconscience que d’écarter le problème par l’excuse d’une contamination momentanée. »
Camp de concentration ou de déconcentration, c’est la même dévalorisation qui poudroie…

Sources :
Nicolas Bonnal – Apocalypse touristique (Amazon.fr)
Claude Lévi-Strauss – Tristes tropiques
Louis-Ferdinand Céline – Les beaux draps
René Guénon – Le règne de la quantité…

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