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De notre manque de réaction face aux tyrans néolibéraux

N.B.

 

De notre manque de réaction face aux tyrans néolibéraux

 

Certains trouvent que le peuple réagit en France ou ailleurs, je trouve moi qu’il réagit peu. C’est du congelé tout ça (dixit Caitlin Johnstone, qui espérait une révolution en France). La jacquerie n’est pas une révolution, pas même une rébellion, et elle sert à renforcer le pouvoir. Les minoritaires partis populistes sont infiltrés, tous sous contrôle, tous adorateurs de l’OTAN (voyez Dinucci). Depuis Thatcher, comme je l’ai montré dans ma Lettre ouverte à la vieille race blanche, le système autoritaire-libéral n’a fait que se renforcer. Et à chaque fois nous réagissons moins. En France dans le pire des cas il faudrait remplacer l’actuel pion de cour par un autre pion – une pionne – et le tour sera joué. Le système occidental fonctionne comme une hallucination collective et répétitive, et tout le monde se soumet à sa réalité dans la lignée du bon vieux modèle totalitaire anglo-saxon. En réalité la révolution conservatrice traîtreusement décrite par Sorman dans les années 80 a très bien marché. La fortune et la morale pour les oligarques, la pauvreté, la précarité et la malédiction (raciste, fasciste, antisémite, violent, macho, etc.) pour le bon peuple. Monsieur LVMH est ainsi plus riche que dix millions de Français, et il nous fait la morale avec ses indécents défilés de mode immonde.

Il y a dix ans dans sa fameuse interview, Lucien Cerise disait déjà :

« L’oligarchie occidentale ne craint qu’une chose : que les peuples qu’elle est en train de martyriser, à commencer par les Grecs et à suivre par nous, se tournent vers des pays non-occidentaux pour y trouver du soutien, d’abord moral et plus si affinités. L’oligarchie craint par-dessus tout que l’on puisse comparer les systèmes de société et que cela soit en défaveur du système dans lequel elle veut nous faire rester. Elle veut que nous aimions notre cage et nous inoculer le syndrome de Stockholm afin que nous aimions notre bourreau. À cette fin, les pays non-occidentaux sont décrits dans les médias comme  » autoritaires « , ou pires encore, des horribles dictatures, où les gens sont malheureux, persécutés, assassinés, les élections truquées, etc. »

 

Dix ans après, Trump a trahi, la Russie est toujours aussi impopulaire et sanctionnée, et la Chine est considérée comme un tiers-monde incapable de gérer sa crise médicale. Syrie, Irak, Iran sont ruinés, comme le Venezuela. Les USA peuvent imposer n’importe quoi à l’Europe, et tous les leaders humanitaires sont contents. On a eu une hausse fantastique du coût du logement, trois millions de migrants, une dizaine de guerres et on a voté pour qui l’on sait en France avec les conséquences mutilantes que l’on sait. Que sont devenus nos grands militants, nos grands révoltés ?

Cerise faisait le bilan déjà bien triste :

« Balayons devant notre porte et ne cessons jamais de rappeler la triste réalité de l’Occident atlantiste : dictature des banques, démocratie virtuelle, référendums annulés et scrutins trafiqués par diverses méthodes, fiction totale de la  » menace terroriste  » ici, mais soutien au terrorisme ailleurs, kidnappings de milliers d’innocents dans des prisons plus ou moins secrètes où on les torture en douce, épidémies de dépressions, de cancers, de divorces et d’enfants obèses ou hyperactifs, etc. Le multiculturalisme, qui permet de comparer les codes culturels, donc de les critiquer, est l’ennemi frontal de l’oligarchie occidentale car il ouvre sur autre chose que son modèle unique de société ; raison pour laquelle cette oligarchie essaie de remplacer le multiculturalisme et la pluralité des nations souveraines par un seul monde sans frontières où règnerait la monoculture occidentale libérale-libertaire. »

 

Depuis, on a touché le fond (voyez le Vatican…), alors on a creusé encore. La crise de la dette préparée par les élites achèvera de nous mettre au pas. On prendra sur ce qui reste de retraite ou d’épargne pour sauver un système que l’on n’a fait que renforcer.

 

Il faudrait comprendre enfin notre manque de réaction face aux réformes néolibérales et aux razzias écologiques de mille milliards et plus : la vérité c’est qu’il faut affamer le peuple et surtout le rouer de coups, car que dès qu’on lui donne à manger et à voter, il en veut plus. La logique néolibérale vise à de nouveau priver le peuple de tout, même d’air et d’eau (Villiers de l’Isle-Adam le disait déjà), pour qu’il ne puisse plus râler.

Tout cela était expliqué et référencé dans ma Lettre ouverte (vous pouvez la télécharger gratuitement), bien avant le décomplexé Macron.

Le système n’a plus peur des peuples, c’est lui qui fait peur aux peuples. Mettre une marionnette embrouillée dans ses fils comme Trump n’a fait que renforcer les maîtres. A coups de migrants, de transition énergétique, de sexophobie orwellienne et de manip’ sémantique, il vient à bout d’une résistance qui se limite à cliquer, elle qui a perdu tout  « pouvoir tellurique ». C’est Carl Schmitt qui parla de cette résistance tellurique perdue partout. Voyez ce que sont devenus les boliviens ou les vietnamiens qui vont bosser masqués (pollution…) pour Gap…

Deux citations de Nietzsche et Tocqueville pour expliquer ce qui se passe. Pourquoi le peuple résistait, pourquoi il ne résiste plus.

 

Nietzsche écrit avec son cynisme habituel, dans la Volonté de puissance (wikisource.org, § 154) :

 

« A l’arrière-plan de ces débordements, il y a l’explosion d’une répugnance concentrée contre les  » maîtres « , l’instinct profond du bonheur qu’il y aurait rien qu’à se sentir libéré d’une si longue oppression… (C’est généralement le symptôme que les couches inférieures ont été traitées avec trop d’humanité, qu’elles commencent déjà à sentir sur la langue le goût d’un bonheur qui leur est interdit… Ce n’est pas la faim qui engendre les révolutions, c’est le fait que chez le peuple l’appétit vient en mangeant…) »

 

Cela c’est quelque chose que les leaders de Davos ont bien compris. Privons le peuple et il se soumettra. Il ne s’agit pas de donner plus, comme au cours des Trente Glorieuses, quand on avait une U.R.S.S. un peu plus convaincante que la Russie miniature de Poutine, des syndicats marxistes et des partis communistes. Car si on lui donne, il demandera plus. Faisons-lui peur alors avec la dette, le climat, le machisme, les migrants, il se soumettra.

Et bien c’est fait.

 

Tocqueville confirme Nietzsche, dans l’Ancien régime et la révolution (livre troisième, chapitre IV). Le peuple peut trop réagir dans certains cas, ce qui a contrario prouve qu’il ne réagira plus dans d’autres (les nôtres) :

 

« Nulle part, au contraire, l’ancien régime ne s’était mieux conservé que le long de la Loire, vers son embouchure, dans les marécages du Poitou et dans les landes de la Bretagne. C’est précisément là que s’alluma et se nourrit le feu de la guerre civile et qu’on résista le plus violemment et le plus longtemps à la Révolution ; de telle sorte qu’on dirait que les Français ont trouvé leur position d’autant plus insupportable qu’elle devenait meilleure. »

En ce moment c’est l’inverse ; les Français trouvent leur position d’autant plus supportable qu’elle devient pire. Ceux qui réagissent fuient sans demander leur compte comme moi. Les mille qui râlent dans la rue ne feront reculer personne.

 

Tocqueville (Soljenitsyne confirmera avec son tsarisme trop coulant) ajoute que le régime trop gentil se fait exterminer, n’est plus toléré. A contrario encore celui qui devient dictatorial est adoré, surtout en France où le bourgeois, el catho et le retraité adorent le bonapartisme.

Tocqueville, toujours dans son extraordinaire et oublié Ancien Régime rappelle que le régime de Louis XIV pouvait commettre n’importe quelle monstruosité alors que l’on ne passa rien au mari de Marie-Antoinette :

« Une telle vue étonne ; l’histoire est toute remplie de pareils spectacles. Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre, et comme s’il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé, et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets après une oppression longue. Le Mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Tout ce qu’on ôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant : le mal est devenu moindre, il est vrai, mais la sensibilité est plus vive. La féodalité dans toute sa puissance n’avait pas inspiré aux Français autant de haine qu’au moment où elle allait disparaître. Les plus petits coups de l’arbitraire de Louis XVI paraissaient plus difficiles à supporter que tout le despotisme de Louis XIV. Le court emprisonnement de Beaumarchais produisit plus d’émotion dans Paris que les Dragonnades. »

 

Je ne sais plus quel libertarien disait que tout va bien quand l’Etat a peur de ses citoyens, et pas les citoyens de l’Etat. Eh bien nous y sommes, et la conséquence de tout cela n’est pas la révolte mais la soumission aux gros bras armés du néolibéralisme. Je ne répéterai pas la phrase de Céline sur les Français parfaitement enthousiastes à la veille de la plus grosse raclée de leur histoire. Je citerai la chanson de Boris Vian plutôt : « ils cassent le monde… Il en reste assez pour moi. »

 

Sources

Nietzsche – Volonté de puissance

Tocqueville – L’Ancien régime et la révolution

Guy Sorman – La révolution conservatrice américaine

Nicolas Bonnal – Littérature et conspiration, Lettre ouverte à la vieille race blanche

 

 

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