Accueil DÉBATS Invités Après l’évacuation de Calais, les camps à Paris grossissent

Après l’évacuation de Calais, les camps à Paris grossissent

Devant les marmites de distribution de repas, les files s’étirent inexorablement. Dans le nord de Paris, les tentes igloo se multiplient depuis lundi dans les campements de migrants, au moment où, à 300 kilomètres de là, la «Jungle» de Calais est démantelée.

Beaucoup de ces migrants viennent à Paris en bus, par train ou en voiture, selon une source de la police aux frontières du Nord. D’autres sont récupérés par des voitures venues de la capitale. De manière générale, Violette Baranda, élue du XIXe arrondissement et visiteuse régulière du «triangle des migrants» du nord parisien, estime qu’il est «difficile de dire d’où ils viennent» : «Une chose est sûre», ajoute-t-elle, les camps grandissent «de manière inquiétante. Et il y a des familles avec des enfants, parfois de quelques mois.»

Sous le métro aérien place Stalingrad, une grande partie de l’espace a été grillagé après une évacuation policière mi-septembre. Mais le moindre bout de trottoir accessible est recouvert de dizaines de tentes. Quelques mètres plus loin, près de la station Jaurès, les tentes s’alignent le long du quai de Jemmapes, point de ralliement des Afghans. Sur le terre-plein de l’avenue de Flandres, les tentes, isolées à la hâte avec des bâches ou des couvertures de survie, s’entassent désormais sur plus de 700 mètres, du linge sèche sur des fils tendus entre deux arbres.

«Je ne sais pas comment on va faire»

«Il y a trois jours, on distribuait 700 à 800 repas. Aujourd’hui, on est à plus de mille. Je ne sais pas comment on va faire», confie Charles Drane, un coordinateur de l’ONG Adventist Development and Relief Agency (Adra) qui y distribue des repas le midi. Ce vendredi, une opération de contrôle y avait d’ailleurs lieu, avec une douzaine de cars de CRS présents. La Ville de Paris a annoncé qu’une évacuation aura lieu dans les jours qui viennent. Elle devrait ouvrir la voie à l’ouverture du premier centre d’accueil humanitaire pour les migrants de la capitale, d’une capacité de 400 lits.

Soudanais, Somaliens, Ethiopiens, Erythréens, Syriens, Libyens, Afghans… «Il y a tous les malheurs du monde ici», sourit Ibrahim Zakaria, originaire du Darfour soudanais. Comme lui, Wahidullah Karimi, 26 ans, ancien ingénieur afghan dans l’énergie arrivé à Paris depuis un mois, attend impatiemment une évacuation «pour pouvoir dormir au chaud, qu’on nous sauve de cette situation». Un peu plus loin, un homme a mis son rêve par écrit sur l’arrière d’une tente: «No place like home», a-t-il griffonné en anglais : rien de mieux que sa maison.

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