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Primaire à droite : les réseaux sociaux votent Sarkozy et Fillon, Juppé décroche

La dynamique sur les réseaux sociaux penche clairement en faveur de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, qui ont dominé le troisième débat télévisé alors qu’Alain Juppé décroche. Cette tendance va-t-elle se concrétiser dans les urnes dimanche au premier tour ?

François Fillon va-t-il réaliser un hold-up et se qualifier lors du premier tour de la primaire de la droite et du centre, qui se tient ce dimanche ? Si la plupart des sondages placent toujours Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en tête, la remontée spectaculaire du “troisième homme” et l’incertitude autour du niveau de participation lors du scrutin rebattent les cartes.

Depuis les victoires surprise du Brexit et de Donald Trump malgré des sondages défavorables, les analystes accordent une plus grande importance aux “signaux faibles” de l’opinion. Les signaux faibles ? Des indices, perceptibles notamment sur Twitter et les réseaux sociaux, qui décèlent des lames de fond qui échappent aux sondeurs – ou que ces derniers prennent en compte trop tard. Leendert de Voogd, ancien directeur mondial de l’institut TNS en charge de la Politique et du Social, dirige aujourd’hui la startup française Vigiglobe. Spécialisée dans l’analyse en temps réel des réseaux sociaux, elle utilise le big data et une série d’algorithmes propriétaires extrêmement fins, prenant en compte de nombreux paramètres, pour ausculter l’opinion en temps réel.

Les réseaux sociaux en avance sur les sondages

En mai dernier, Vigiglobe avait prédit le Brexit. Désormais, la startup garde un œil sur la primaire de la droite et du centre. Pour le premier tour de dimanche, Leendert de Voogd estime que les jeux sont loin d’être faits :

“Aujourd’hui, les trois hypothèses Sarkozy-Fillon, Fillon-Juppé et Sarkozy-Juppé sont possibles, et aucune ne me surprendrait. Ce qui est sûr, c’est que les signaux faibles de l’opinion perceptibles sur les réseaux sociaux, ces mêmes signaux qui pointaient vers la victoire du Brexit et de Donald Trump malgré les sondages, montrent que la dynamique est clairement du côté de François Fillon. Et que Juppé, s’il se qualifie, ne sortira peut-être pas vainqueur du premier tour. Tout dépendra de la participation, qui avantagera Juppé si elle est très forte et Sarkozy et Fillon si elle se limite aux militants et sympathisants de droite.”

La conjugaison des faiblesses d’Alain Juppé – perçu par une partie des sympathisants de droite comme “la droite molle” – et du risque que représente Nicolas Sarkozy – en raison de sa personnalité et de ses “affaires” avec la justice – rend l’option Fillon de plus en plus attirante pour une partie de l’opinion.

La percée brusque et nette de François Fillon est apparue dans les sondages en fin de semaine dernière, voire au début de cette semaine. Mais les données de Vigiglobe, que La Tribune a pu consulter, indiquent que la tendance s’était manifestée sur Twitter largement avant. Coïncidence ? Pas le moins du monde, explique Leendert de Voogd :

“Comme l’ont montré le Brexit et Trump, les réseaux sociaux sont en avance sur les sondages. Car les sondages sont souvent, en politique, la traduction dans le monde physique d’une tendance observée au préalable sur Internet. Fillon a éclos fortement sur Twitter dès la fin du mois d’octobre. Et il est passé devant Juppé depuis le deuxième débat du 3 novembre.”

Fillon, une progression fulgurante en un mois

La Tribune a demandé à Vigiglobe les données relatives aux trois débats du 13 octobre, du 3 novembre et du 17 novembre, ainsi que la progression des candidats sur l’ensemble de la période.

 Du 11 octobre au 18 novembre, Nicolas Sarkozy, qui déclenche les passions de ses fans et de ses détracteurs, a généré 1,7 million de tweets. Le favori des sondages, Alain Juppé, également très bien organisé sur la Toile avec des militants très actifs, atteint 1 million de tweets. François Fillon arrive troisième, avec 735.000 tweets.

Mais le nombre de tweets quotidiens consacrés à François Fillon a quasiment doublé sur la période, tandis qu’il est resté stable pour Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy et François Fillon dominent les débats

C’est dans le détail des trois soirées de débat que l’on mesure le mieux l’ascension de François Fillon. Lors du premier débat, le 13 octobre, François Fillon et Alain Juppé étaient au coude à coude : 35.751 tweets mentionnaient Fillon (dont 32% avec un contenu favorable, un score très élevé pour un débat politique), contre 35.289 pour Juppé (25% de tweets positifs). Lors du deuxième débat, François Fillon a distancé Alain Juppé (46.671 tweets, contre 38.166). Enfin, jeudi soir, Alain Juppé n’a engendré que 37.397 tweets, contre 55.712 pour François Fillon. Les deux hommes se situent derrière Nicolas Sarkozy, qui suscite toujours énormément de réactions sur Twitter en réaction de sa personnalité très clivante (97.759 tweets le 13 octobre, 70.142 le 3 novembre et 81.366 le 17 novembre).

Si l’on regarde uniquement le dernier débat, force est de constater qu’il a été dominé par Nicolas Sarkozy et François Fillon. L’ancien duo à la tête du pays a fait la course en tête du nombre de mentions minute par minute toute la soirée, distançant largement Alain Juppé, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé (dans l’ordre).

En ce qui concerne le fond, le moment le plus tweeté jeudi soir a été la tirade de François Fillon sur l’échec de l’école. Vient ensuite celle de Nicolas Sarkozy sur la Syrie et le Moyen-Orient. Puis l’appel de Fillon à une coalition contre Daesh, la déclaration de Sarkozy sur le thème “le travail doit être récompensé”, et enfin le passage où Fillon a critiqué le format de la primaire. Autrement dit, les deux hommes ont aussi réussi à imposer les thèmes forts de la soirée, avec un léger avantage pour François Fillon.

Trop tard pour Fillon ?

La progression de François Fillon sur Twitter est d’autant plus notable que ce dernier ne dispose pas d’une armada numérique aussi puissante que ses deux principaux rivaux.

François Fillon progresse énormément entre le premier et le troisième débat alors que Juppé et Sarkozy stagnent. L’important n’est pas de regarder le nombre de tweets, car l’activisme des candidats et de leur équipe fausse la donne, mais de repérer la dynamique”, explique Leendert de Voogd

En 2011, lors de la primaire de la gauche, la dynamique de la fin de campagne se situait dans le camp d’Arnaud Montebourg. Mais le bouillant défenseur du Made in France partait de trop loin. Ce qui n’est plus le cas de François Fillon depuis une semaine.

Reste à savoir s’il n’est pas déjà trop tard pour l’ex-Premier ministre. “En 2012, Nicolas Sarkozy a vécu le même genre de dynamique très forte sur les réseaux sociaux en fin de campagne. Comme pour François Fillon aujourd’hui, cette dynamique s’est ensuite traduite dans les intentions de vote, mais il n’a pas eu le temps de renverser la vapeur, il lui a probablement manqué deux semaines”, indique Leendert de Voogd. François Fillon vivra-t-il la même désillusion ? Verdict dimanche.

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