Accueil FOCUS Analyses Du Discours aux Actes : les Premières décisions de l’administration Trump [2]

Du Discours aux Actes : les Premières décisions de l’administration Trump [2]

L’adage est connu : on juge un arbre à ses fruits ! Aussi – sans médire de ses tweets, influant notablement sur le comportements de corporates comme Boeing & Ford – est-il intéressant de se pencher sur les premiers actes de Trump en tant que président ! Plutôt positif quant à ses engagements de campagne. Qui peut en dire autant dans le camp occidental ? 2ème Partie.

« Pour les pisse-vinaigres qui ont du mal à digérer la réalité, Trump est bien le 45ème Président des États-Unis en vertu des lois électorales en vigueur depuis 1789. L’ère Obama est terminée et celle de Trump commence. Vous pouvez continuer à cracher des inepties et du venin jusqu’à l’ulcère, ça ne changera rien. Comme on dit de ce côté de l’Atlantique, « deal with it »! Il a fait un discours inaugural qui montre bien qu’il entend respecter ses promesses, étonnant de nos jours. Il a insisté sur le fait qu’il honorera toutes les alliances existantes et en forgera de nouvelles sans essayer d’imposer « l’American way of life » à qui que ce soit, rien d’abusif là non plus. Il a demandé aux Américains d’oublier leurs préjugés et a rappelé que quelle que soit la couleur des citoyens leur sang est toujours rouge. Il n’y avait aucune haine non plus quand il a promis de redonner le pouvoir au peuple et qu’il souhaitait de bonnes relations avec le monde entier en même temps qu’éradiquer le terrorisme islamiste. De promettre de protéger les frontières et les intérêts de son pays n’a rien d’anormal surtout qu’il comprend que chaque pays en fasse autant. Il a invoqué Dieu et ça a choqué beaucoup d’européens mais je leur rappelle que ce pays a toujours invoqué Dieu et le fait jusque dans ses billets de banques en lui affirmant sa confiance. Il faudrait que l’Europe apprenne à respecter les autres cultures, elle n’a pas le monopole de la pensée. Apprendre à respecter les croyants comme les athées ou les agnostiques sans mépris pour personne parce que de ce côté-là elle n’a vraiment pas de leçons à donner ».
Eber Addad.

Où en est-on de la fronde, notamment les recours de justice, contre le décret Trump visant les ressortissants de sept pays musulmans ?

Jacques Borde. (Soupir). Primo, je vous rappelle qu’il ne s’agit pas d’un décret anti-musulman, mais très précisément du décret Protecting the Nation from Foreign Terrorist Entry into the United States. Ou en bon français : Protéger notre nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis.

Secundo, la déclaration du Department of Homeland Security (DHS), le 29 janvier 2017, qui affirme qu’il continuera à appliquer l’interdiction de voyager décidée par le président, reste d’actualisé. Quant aux recours de certains magistrats ils ne seraient que partiellement suspensifs.

Tertio, Trump fait le ménage. Ainsi, Sally Q. Yates a été mise à la porte et remplacée par Dana J. Boente, en tant que ministre intérimaire de la Justice dans l’attente de la confirmation par le Sénat de Jefferson B. Jeff Sessions III, en tant qu’Attorney general1. Le nouveau venu, qui est pourtant issu de l’administration Obama, a immédiatement annulé les instructions de Yates et donné instruction « aux hommes et aux femmes du Département de la Justice de faire leur devoir comme nous l’avons juré et de défendre les ordres légaux de notre président ».

Daniel H. Ragsdale a également été remplacé à la tête du US Immigration & Customs Enforcement (ICE) par Thomas D. Homan, qui « œuvrera à l’application de nos lois sur l’immigration sur le territoire des États-Unis, en conformité avec notre intérêt national », a souligné le patron du Homeland Security,2 le général John Francis Kelly3.
Quant aux diplomates ayant du vague à l’ame, ils ne devraient pas tarder à prendre la porte. « Soit ils acceptent le programme, soit ils s’en vont », a averti le White House Press Secretary4, Sean M. Spicer, .

Diriez-vous que Trump est isolé sur ce dossier ?

Jacques Borde. Au plan national ou international ?

Les deux…

Jacques Borde. D’accord. Au plan national : nettement moins que ne le prétendent les media, évidemment.

Si l’on s’en tient à ce qu’en a dit le Speaker du US House of Representatives, le Républicain Paul D. Ryan, « Nous sommes une nation compatissante et je soutiens le programme de réinstallation des réfugiés, mais il est temps de réévaluer et de renforcer le processus de vérification des visas ». Et « Le président Trump a raison de s’assurer que nous faisons tout notre possible pour savoir exactement qui entre dans notre pays ».

Ces propos ne sont qu’un exemple, mais je pense qu’ils sont assez révélateur d’un esprit plus général sur les rives du Potomac. Et je ne serais pas autrement surpris que la Représentante démocrate, Tulsi Gabbard5, soit du même avis. D’autres aussi. Même si la plupart des élus démocrates à penser comme elle se garderont bien d’en faire état par peur du lynchage médiatique et des ratonnades des sicaires payés par Soros.

Autre volet de la fronde, les caciques démocrates, dont l’ex-président Barack Hussein Obama, tentent de faire monter la mayonnaise sur le sujet, mais, sincèrement, je ne pense pas que cela aille bien loin. En plus les réseaux sociaux ne les épargnent pas non plus. Comme le montrent ce post, avec la photo de Lincon, disant qu’« On n’avait pas vu les Démocrates aussi déchaînés depuis qu’on leur a piqué leurs esclaves »…

Et au plan international ?

Jacques Borde. Là, ne nous faisons pas d’illusions. Au-delà des réactions d’humeur d’un monde arabe qui a toujours autant besoin des Américains (alors que les États-Unis ont nettement moins besoin de lui que lors des précédentes décennies) et n’ira guère plus loin, je suis persuadé que sorti du pré-carré des têtes pensantes de l’Union européenne et de quelques Munichois du même acabit, soldés à l’or golfique, la majorité des dirigeants de ce monde n’ont pas d’affect particulier quant à la décision qu’a prise le président américain.

On peut même supposer que, passées quelques semaines d’observation, des États emboîteront le pas aux Américains. Rappelons, aussi, les politiques de certains pays comme l’Australie, où l’Australian Defence Force (ADF) traite la questions des migrants comme un opération militaire.

Celle ci répondant au nom d’Operation Sovereign Borders (OSB)6, a été confiée initialement au lieutenant-général Angus J. Campbell7 remplacé8 depuis par le major-général Andrew Bottrell. Son but est clairement d’arrêter par tous les moyens qui y sont mis en œuvre l’afflux de clandestins. À rappeler, pour être complet sur le sujet, qu’Angus J. Campbell n’est pas n’importe qui. L’homme a commandé les forces spéciales australiennes (en Afghanistan). Et les SAS australiens, tout particulièrement.

Et, pour vous, agir de la sorte, que ce soit à Canberra et Washington, ça n’est pas surréagir ?

Jacques Borde. Non, pas du tout, bien au contraire. Rappelons, en effet, que les dirigeants d’Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)9 eux-mêmes ont dit et redit qu’ils considéraient les flux migratoires comme un des moyens de se projeter militairement chez leurs ennemis.

Nous, pour tous ceux qui n’auraient pas (encore) saisi le message.

Et, et le décret Trum, ça marche ?

Jacques Borde. Compte tenu du manque de patriotisme de certains élus10, à commencer par l’ex-Attorney General Sally Q. Yates virée à juste titre, et du fait du fait qu’il faut bien que la machine se rode, les premiers résultats semblent plutôt positifs.

À en croire le White House Press Secretary (porte-parole de la Maison-Blanche), Sean M. Spicer, sur les 325.000 étrangers arrivés aux États-Unis, le samedi 28 janvier 2017, « 109 personnes » sont passées par des procédures de contrôles renforcés pour « s’assurer que les gens que nous laissons entrer dans notre pays viennent avec des intentions pacifiques (…) Nous ne voulons pas laisser s’infiltrer quelqu’un qui cherche à nous nuire. C’est tout. Je sais que dans certains cas cela va causer des inconvénients ».

Toujours selon Spicer, la vitesse d’exécution était primordiale, dans la mesure où « l’administration ne pouvait pas télégraphier ses intentions avant l’entrée en vigueur du décret car cela aurait provoqué une venue massive de personnes de ces pays avant, ce qui aurait posé des problèmes de sécurité ».

De son côté, sur Fox News Sunday, la Conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, a indiqué qu’environ 200 autres personnes ont été empêchées d’embarquer vers les États-Unis.

Y compris à l’étranger ?

Jacques Borde. Surtout à l’étranger. Les pays de départ ne peuvent préjuger de situations juridiques proprement étasuniennes pour appliquer ou ne pas appliquer les attendus de cette loi.

La compagnie aérienne Swiss a appliqué « dès à présent » le décret  Trump . « Nous avons l’obligation légale d’appliquer ce décret » a souligné son directeur général pour la Suisse romande Lorenzo Stoll sur les ondes de RTS).

KLM a aussi refusé de transporter sept passagers. « Nous les aurions transporté, mais cela n’a pas de sens. Ils ne pourraient de toute façon pas entrer dans le pays », a reconnu une porte-parole de la compagnie.

Air France aurait été, rapidement dépassé par la situation. Ce qui pour ceux qui connaissent Air France est une situation somme toute normale…

Tout ceci n’est pas un peu difficile à justifier ?

Jacques Borde. Tout dépend de quel point de vue on se place. Les pays visés, et les pays musulmans de manière plus généralement, ne peuvent pas se défausser de leurs responsabilités et demander qu’on leur passe tous leurs caprices, sans jamais rien céder. Do ut des11 dit l’adage latin.

Comme l’a dit Roland Jaccard, sur Causeur : « Les islamistes ne tolèrent ni les athées, ni les juifs, ni les chrétiens. À titre individuel, il va de soi que chaque musulman mérite d’être respecté : après tout chacun d’entre nous a droit à ses croyances, voire à ses délires. Mais dès lors, qu’il n’y a pas réciprocité, il est normal, voire même plutôt sain, que des mesures de rétorsion soient prises. Il n’a échappé à personne, tout au moins je l’espère, que l’islam est peut-être une religion, mais aujourd’hui avant tout un instrument de conquête. Je ne nie pas non plus qu’il peut y avoir dans cet esprit de conquête, outre une violence plutôt jouissive, une forme d’idéal que chacun est libre de partager, mais aussi de combattre. C’est ce que fait Donald Trump en prenant des mesures qui permettent, pour un temps au moins, de ne pas laisser le champ libre à celles et ceux qui menacent la démocratie américaine. Les Européens, certainement beaucoup plus menacés, auraient tort de ne pas s’inspirer de ses méthodes, voire de celles des Chinois ou des Japonais ».

Et, selon vous, Trump peut-il céder sur ce dossier ?

Jacques Borde. Je n’y crois guère. Au-delà qu’il n’a pas le choix, il a le soutien de ses électeurs. Voire plus si l’on en croit le sondage de Rasmussen Report  qui fait était du soutien de 57% des Américains interogés.

« Donald Trump a compris, tout comme Reagan avant lui et W. Bush, que les États-Unis ne sont forts que dans la mesure où ils sont haïs », note encore Roland Jaccard. « Il va l’être. Il l’est déjà. Il n’aura ni prix Nobel de la Paix, ni ne figurera au Panthéon des grands hommes qui s’illustrèrent par leur amour de l’Humanité ».

Trump, « C’est un lonesome cow-boy qui fait le job, quoi qu’il doive lui en coûter. Et le job aujourd’hui consiste à dire stop à ces islamistes  qui, profitant et de leurs pétrodollars et de notre mauvaise conscience, tentent d’imposer à un Occident tantôt sidéré, tantôt lâche, leur religion, leur forme de vie et leur pouvoir. Donald Trump a donné, contrairement à Obama, un signal clair : nous ne voulons pas de vous. Ce n’est sans doute ni très poli, ni très charitable, mais sommes-nous encore en mesure de l’être ? Et pourquoi se mettre au service de ceux qui ont juré notre perte ? ».

Trump parle d’accueillir des réfugiés chrétiens. L’idée est-elle populaire ?

Jacques Borde. Pour les Américains qui l’ont choisi pour président, oui, l’idée tient la route. C’est ce qu’a dit le Robert J. Jeffress Jr., pour qui, « le président Trump a parfaitement raison de donner la préférence aux minorités persécutées, les chrétiens, venant de Syrie notamment ».

Finissons, si vous le voulez bien sur ces propos de bon sens tenue par la toute nouvelle Miss Univers, la Française, Iris Mittenaere, qui, interrogée sur le thème des flux migratoires, a au ces mots : « Les pays peuvent avoir le choix de fermer ou ouvrir leurs frontières, dans l’Europe nos frontières sont ouvertes parce que nous souhaitons avoir le plus d’exportations, le plus de mondialisation possible, et en France pour le moment nos frontières sont ouvertes, mais si un jour nous décidons de les fermer je pense que c’est un droit que nous avons ».

Si même les Miss s’y mettent !

Notes

1 Ministre de la Justice.
2 Sécurité Intérieure.
3 Ancien patron du US Southern Command (USSOUTHCOM). Lui aussi, un technicien à un poste où il aura, de toute façon, des comptes à rendre à Flynn et à Trump.
4 Porte-parole de la Maison-Blanche.
5 Représentante du 2ème district d’Hawaï à la Chambre des représentants depuis le 3 janvier 2013. Première Americano-Samoane et première Hindoue élue au Congrès. Et, avec Tammy Duckworth, une des rares femmes-vétérans bardée de décorations à arriver aussi loin en politique.
6 Opération Frontières souveraines, en français.
7 Désormais à la tête de l’ADF.
8 Depuis le 16 mai 2015.
9 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
10 Pas seulement politiques, les fonctions judiciaires (du moins une partie d’entre elles) sont électives.
11 Je te donne afin que tu me donnes.

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