Accueil ACTU Société Comment les managers gèrent la montée du fait religieux en entreprise

Comment les managers gèrent la montée du fait religieux en entreprise

Selon une étude réalisée par l’Institut Randstad et l’Observatoire du fait religieux en entreprise, la part des managers rencontrant régulièrement le fait religieux au travail est de plus en plus élevée, avec 9% de cas conflictuels.

Les faits religieux nécessitant une intervention managériale augmentent depuis 2014, selon les résultats d’une étude commune réalisée par Randstad et l’Observatoire du fait religieux en entreprise (OFRE). Dans pratiquement une manifestation de fait religieux sur deux (48%), le manager doit intervenir, contre «à peine», 38% en 2015 et 24% en 2014.

Mais de quel type d’intervention parle-t-on? Il ne s’agit pas systématiquement de résoudre des problèmes ou des conflits, précise l’étude. En effet, ces situations marquées par le fait religieux sont également traitées par un management de proximité de plus en plus rodé à l’exercice, puisque, comme le signale l’étude, 65% des personnes interrogées en 2016 ont déclaré avoir observé des faits religieux au travail contre 50% en 2015 et 44% en 2014. Ces managers ont donc une meilleure connaissance du cadre légal et savent mieux faire appel en interne au soutien juridique et des RH, entre autres.

Menaces d’accusation de discrimination

La part des cas bloquants est donc faible (en proportion). Néanmoins, elle a doublé en quatre ans (première étude) passant de 6% des cas conflictuels en 2013 à 14% en 2016.

Quels sont donc les types de situations conflictuelles? Il s’agit de menaces d’accusation de discrimination religieuse ou raciale dans 81% des cas, remise en cause de la légitimité de l’entreprise (56%), refus de discuter (27%), remise en cause de la légitimité du manager (20%) ou demande collective (14%), présence de tiers extérieurs à l’entreprise (11%) expliquent ces conflits.

Un total de 18% des managers en 2016 sont débordés par ces situations. En d’autres termes, ils font face à des faits religieux très fréquents et correspondant autant à des demandes personnelles qu’à des faits transgressifs et perturbants. Ils étaient 16,8% dans la même situation en 2015.

Face à ces situations les entreprises réagissent différemment. Certaines font le choix de proscrire le fait religieux, d’autres de s’adapter. Parmi les personnes interrogées, 57% ne veulent pas que l’entreprise s’adapte aux pratiques religieuses de ses salariés. Mais tout dépend de quoi il s’agit.

En revanche, une minorité de personnes (un peu moins de 35%) est favorable à ce que l’entreprise impose à ses salariés la neutralité religieuse. Mais une grande majorité (84%) s’oppose à ce que cela se traduise par la mise en place de dispositifs officiels tels que des menus confessionnels, des salles de prières ou la prise en compte de calendriers religieux dans les plannings. En effet pour 75% des personnes interrogées, une demande pour motifs religieux devrait simplement être traitée comme une demande pour motifs personnels même si les sondés reconnaissent à 61% qu’une situation en lien avec le fait religieux est plus délicate à gérer pour un manager qu’une autre.

Informer le service juridique

Parmi les managers interrogés dans l’étude, la plupart ne tiennent effectivement jamais compte de la pratique du fait religieux des collaborateurs dans l’organisation du travail. C’est d’ailleurs ce que conseillait, lors du colloque sur le fait religieux en entreprise organisé par l’Institut Montaigne lundi 12 septembre, Eric Manca, avocat chez August & Debouzy.

Mais la situation peut se compliquer. Et si 61% des personnes interrogées attendent que ce soit le manager qui gère en direct les demandes d’absence pour motifs religieux par exemple, en cas de conflit, 79% des personnes pensent que le manager doit se référer à sa hiérarchie ou aux RH, 62% souhaitent même que le service juridique de l’entreprise doit être informé dans ces cas.

Le Figaro

 

Consulter aussi

Macron Vs Shoah : Le Coup de gueule de Finkielkraut

Alain Finkielkraut, n’a pas du tout apprécié la visite de Macron au Mémorial de la …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close