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Le prix Nobel d’Economie en six questions

Six questions, six réponses sur le prix Nobel d’Economie qui sera attribué lundi 10 octobre

1. Ce prix Nobel en est-il vraiment un ?

Le prix Nobel d’Economie a l’aspect du prix Nobel, mais ce n’est pas, à proprement parlé, un prix Nobel. En 1968, la banque centrale de Suède, la Riksbank, a convenu avec l’Académie royale de Suède et la Fondation Nobel d’attribuer un «prix d’Economie en mémoire d’Alfred Nobel». C’est donc le seul prix Nobel qui, à ce jour, n’est pas directement issu du testament de l’inventeur de la dynamite.

2. Qu’y gagne-t-on ?

De la reconnaissance sans doute, et parfois on peut même devenir une star. Preuve: Joseph Stiglitz, co-lauréat 2001, devenu vedette mondiale des néo-keynésiens, Paul Krugmann, lauréat 2008, sibylle de l’économie dans les médias ou plus récemment le français Jean Tirole, dont l’ouvrage s’est positionné en tête des ventes d’essais, et qui a été interrogé dans la presse sur un vaste nombre de sujets.

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Mais on gagne aussi de l’argent. Comme les autres prix Nobel, le lauréat de l’économie obtiendra la somme rondelette de 8 millions de couronnes suédoises (environ 890.000 d’euros) et une superbe médaille avec une inscription en suédois (la voir ici). Enfin, le ou les lauréats sera ou seront fêté(s) lors d’une cérémonie à Stockholm le 10 décembre où le prix sera remis par le roi de Suède, Carl XVI Gustaf, en personne.

3. Peut-on le partager ?

Oui, et c’est fort fréquent. Depuis 1968, soit depuis 44 ans, 76 lauréats se sont partagé les 47 prix Nobel d’Economie. Seuls 24 chercheurs ont été les uniques récipiendaires du prix. Par 17 fois, le prix a été partagé entre deux lauréats et par 6 fois, entre trois lauréats. La tendance du reste s’accélère, ces six triplés ayant attribué à partir de 1990 (précisément en 1990, 1994, 2001, 2007, 2010 et 2013). Le dernier à avoir reçu seul le prix est le britannique Angus Deaton, en 2015. Il n’est en revanche pas possible de partager le prix à plus de trois.

4. A-t-on plus de chance d’obtenir le prix Nobel d’Economie lorsque l’on est Américain ?

Les Etats-Unis sont évidemment les champions toute catégorie de ce prix, avec 46 lauréats sur 76. Le Royaume-Uni suivent avec 7 lauréats, puis viennent la Norvège (trois titres) et la Suède (deux titres). Le Canada, l’Allemagne, l’Inde, les Pays-Bas, Israël, Chypre, la petite île des Caraïbes de Sainte-Lucie (Arthur Lewis, 1979) et même l’Union soviétique (Leonid Kantorovitch, 1975) ont obtenu chacun un titre. La France a obtenu deux ou trois titres, puisque, outre Maurice Allais en 1988 et Jean Tirole en 2014 le franco-américain Gérard Debreu a obtenu le prix en 1983. Proportionnellement à la population, on peut donc dire qu’on a plus de chances statistiques d’avoir ce prix en vivant à Sainte-Lucie (187.000 habitants en 2016) qu’aux Etats-Unis (324 millions)

5. Les hommes ont-ils plus de chance d’obtenir le prix Nobel ?

Sans aucun doute. Ce prix est le plus masculin de tous les Nobel: une seule femme, Elinor Ostrom en 2009, a reçu le prix à ce jour.

6. Le prix Nobel d’Economie a-t-il une teinte idéologique ?

Les prix Nobel, lorsqu’ils ne sont pas très techniques, déclenchent souvent des polémiques. En 1976, le prix de Milton Friedman, père de l’école monétariste avait déclenché l’ire de la gauche. Par la suite, l’Université de Chicago, bastion monétariste, avait fait le plein de prix Nobel et détient encore le record universitaire avec 12 prix. Dans les années 2000, ce sont plutôt les penseurs critiques du marché et du néo-classicisme qui l’ont emporté. La Riksbank peut toujours avancer deux prix qui prouvent leur indépendance: celui de 1974 qui était partagé entre le prophète de l’école autrichienne Friedrich Hayek et le chantre du réformisme social-démocrate suédois Gunnar Myrdal. L’année suivante, le prix Nobel était, en pleine guerre froide partagé entre le Soviétique Leonid Kantorovitch et l’Américain Tjalling Koopmans.

La Tribune

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