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Fronts du Djihâd : & l’ « Andalousie du Nord-Est » ? Pardon : la France…

Après ces Européennes qui nous auront (trop) occupé : Back to basics ! Comment se portent donc les Fronts du Djihâd européens ? &, parmi eux, l’Andalousie du Nord-Est – pardon : la… France, comme nommée (ce que fait d’abord tout chef militaire qui se respecte) par le primus inter pares de ISIS/DA’ECH, le Calife Rolex Ibrahim1, & ses petit camarades. À quoi s’attend-elle. À quoi est-elle prête ? À peu de choses, hélas, semble-t-il….

| Q. Comment interprétez-vous les dénégations du ministre français de l’Intérieur quant aux violences policières ?

Jacques Borde. J’ai du mal à comprendre où Castaner veut en venir, en fait.

En démocratie – lire la Bible en la matière : l’indispensable Cité grecque de Gustave Glotz – la violence… est nécessairement collective et, par-là, policière. Il ne peut pas en être autrement, d’ailleurs. Après… je veux dire, par essence, ça se discute quant aux critères selon laquelle cette violence doit être distribuée. Voire son applicabilité même. Mais les propos de Castaner démontrent, surtout, son immense inculture politique.

C’est un problème plus général d’ailleurs. Qui, de nos jours, a les connaissances d’un Vincent Desportes2 ou d’un Pierre Lellouche, pour exercer des tâches régaliennes de cette nature ?

| Q. Où est le débat, alors ?

Jacques Borde. Comme disait une série célèbre : La vérité est ailleurs !

| Q. Mais, en quoi la violence est nécessairement policière ?

Jacques Borde. Parce c’est une des bases mêmes de la démocratie, pardi. Relisez Glotz, bon Dieu ! Que nous dit-il ?

Qu’« Alors surgit Dracon. Un homme sut accomplir en quelques mois l’œuvre où depuis de longues années peinait vainement tout un collège. Il laissa un nom sinistre et redouté, parce qu’il arma l’État de la puissance judiciaire ; il passa pour un législateur sanguinaire, parce qu’il s’efforça de mettre fin à l’effusion du sang. Les guerres civiles étaient un enchaînement de guerres privées où les génè se lamaient les uns contre les autres avec toutes leurs forces. Pour pousser la partie lésée à s’adresser aux tribunaux, Dracon détermine les conditions du recours à la vengeance ou à la composition. Pour désagréger les groupes familiaux, il distingue dans chacun d’eux des cercles de parentèles plus ou moins proches, et même, dans certains cas, il exige des parents appelés à prendre une décision qu’elle soit prise à l’unanimité ; il fait appel dans le génos à l’individualisme… »3.

La démocratie confisquant l’usage de la violence aux individus, aux clans – et, aujourd’hui, théoriquement, à ceux régnant en zones de non-droit et/ou de Charia takfirî, si l’État et ses corps ad hoc faisaient leur travail, bien sûr – c’est à elle (la démocratie) de l’exercer, justement, lorsque cette violence est nécessaire.

Le problème n’est pas que des CRS, gendarmes ou policiers – dont tout nous démontre qu’ils sont épuisés, dépassés, au plus haut hiérarchiquement mal dirigés – fassent usage de violence. C’est aussi pour ça qu’ils sont formés et entraînés. Le souci majeur est que l’État au-dessus d’eux instrumentalise leurs savoir-faire et expertise à des fins dépourvues d’équité et de justice. C’est la causalité des ordres données (et, par-là, exécutés, ce qui est la moindre des choses) et non les méthodes des forces de l’ordre de l’ordre qui posent question.

| Q. Vous pensez que c’est là le problème ?

Jacques Borde. Oui, largement.

Vous noterez que, la plupart du temps, les plus vives critiques associées au maintien de l’ordre tel que mis en œuvre face aux Gilets jaunes, vont de pair avec le regret que cette violence ne soit pas appliquée à ceux qui font régner terreur et/ou Charia en zones de non-droit.

Ce qui signifie, qu’en dépit de ces mois de violence disproportionnée et inutile face au Gilets jaunes (qui ont fortement délité la confiance d’une partie des Français envers les forces de l’ordre) subsiste une assez bonne perception de ce que doit être la violence policière : son applicabilité systématique face aux criminels, délinquants et tous ceux qui violent de manière inacceptable les lois de la République.

Le reste, comme disaient les communistes chinois à propos de leur ennemi politique alors au pouvoir, est que Le poisson pourrit toujours par la tête ! Et, la nôtre, pour beaucoup, serait en bien piteux état.

| Q. Et, c’est ce qui explique le désaveu qui frappe actuellement Castaner ?

Jacques Borde. De toute évidence, oui.

Selon une étude YouGov, réalisée pour L’Obs, 53,7% des personnes interrogées estiment que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, devrait quitter son poste, contre seulement 24,4% qui souhaitent le voir rester au gouvernement.

| Q. Pourquoi reste-t-il, alors  ?

Jacques Borde. Donnez-moi les noms que ceux qui se manifestent pour lui succéder. Après, on en reparlera…

| Q. Et les risques sont toujours là, je parie ?

Jacques Borde. Les risques sécuritaires ? Tout à fait. Plus que jamais même. Et, hélas, nous ne sommes pas prêts à grand-chose face aux dangers que nous risquons de devoir affronter.

| Q. C’est à ce point-là ?

Jacques Borde. Oui.

Un exemple parlant : autour 5.000 Jound al-Khilafah4 européens, trop souvent francophones, sont partis combattre en Syrie. Beaucoup, et c’est très bien comme ça, y ont laissé leur peau. A contrario, ceux qui ont survécu sont les plus aptes et les plus entraînés à la guerre asymétrique et aux meurtres de masse. Ils auraient même fait « du bon boulot » à en croire certains de nos politiques à la belle époque de Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)5 et du  Jabhat an-Nusrah li-Ahl ach-Chām6.

Comme l’a dit un internaute-ami sur sa page Facebook : « s’ils s’avisent de continuer le ‘bon boulot’ en France une fois qu’ils vont être rapatriés, ça va être Falloujah-sur-Seine ».

| Q. Pourquoi dites-vous « trop souvent francophones » ?

Jacques Borde. Parce que pour le membre d’une 5e colonne takfirî, débarquant – merci les navires-passeurs du Crime organisé immigrationniste – sur le sol de la Vielle Europe, mieux vaut parler la langue pratiquée sur le front du djihâd où il est projeté.

Donc, dans dans l’ordre décroissant :

1- Andalousie du Nord-Est, pardon :la France.
2- Belgique.
3- Suisse.

Comme vous le voyez, nous sommes gâtés !…

| Q. Et que peut-on y faire ?

Jacques Borde. Mon avis, et je vous l’ait dit à de nombreuses reprises, appliquer les recettes qui marchent.

Pour être tout à fait clair – relisez-là, ça sera plus simple, nos précédents entretiens – les modi operandi israéliens, birmans. Voire syriens. Modes opératoires modulables et combinables entre eux, évidemment, en fonction de nos propres besoins opérationnels.

En dehors de çà, je ne ne vois guère d’autres solutions.

| Q. Et, bien sûr, le cas syrien reste un cas à part ?

Jacques Borde. Oui, mais seulement parce que le camp occidental auquel nous appartenons, en fait ce cas à part.

Là encore, prenons un exemple : personne (en Occident, je veux dire…) ne veut refiler ses terroriste takfirî prisonniers au gouvernement syrien. Pourquoi pas ? Ce sont des prisonniers de guerre. Ils sont en Syrie, ils ont commis leurs crimes en Syrie, la Syrie a un ministère de la justice, le gouvernement syrien est tout à fait apte à les juger.

Mais, ce serait là, reconnaître la souveraineté de la Syrie alors que les pays de la coalition occidentale ont semé le chaos et détruit de fonds en comble cette même Syrie, depuis 2011, pour virer Bachar el-Assad.

Échec et mat !

| Q. Mais, à quoi joue-t-on, alors ?

Jacques Borde. Au Grand jeu, bien sûr. Mais joué, hélas, par de bien petits joueurs!

Les (pour ne pas dire nos) djihâdistes combattaient Bachar el-Assad pour les mêmes raisons que les pays de la coalition. Est-ce que cela veut dire que les pays européens veulent récupérer ces combattants survivants, leurs proxys en quelque sorte ? Pour en faire quoi, alors ?

Et si des mercenaires et des troupes para-militaires US prennent le relais des forces US qui devraient normalement se retirer de Syrie (selon les promesses de Donald J. Teflon Trump), est-ce à dire que les Occidentaux, Américains en tête, veulent aussi se débarrasser au plus vite de ces Jound al-Khilafah européens incontrôlables et désormais inutiles ?

Oui, mais comment ? Ah, l’Orient compliqué, mon bon Monsieur !…

Notes

1 Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri, dit Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi. Il succède en 2010 à Hamid Daoud Muhammad Khalil al-Zawi à la tête de ISIS/DA’ECH, le 29 juin 2014, premier jour du mois de Ramadan, il se proclame calife de l‘État islamique.
2 Ex-patron du Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF), ancien directeur de l’École de guerre (ex-Collège interarmées de Défense), Professeur associé à Sciences P.o Paris, diplômé de l’US Army War College (équivalent US du Centre des hautes études militaires de l’armée de Terre).
3 La Cité Grecque, Gustave Glotz, p. 420.
4 Ou Soldats du califat. Terme officiel de DA’ECH pour qualifier ses combattants armés. Vient en droite ligne de Jound al-Khilafah fi Ard al-Jazair, groupe armé terroriste salafiste, qui s’est fait connaître par l’assassinat d’Hervé Gourdel. A fait scission d’AQMI (officiellement en septembre 2014) et prêté allégeance à DA’ECH.
5 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
6 Ou Front pour la victoire du peuple du Levant, ou de manière abrégée Front al-Nosra.

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