Le post-carbone deboussolera-t-il le panorama mondial ?

Ouvrir la brèche : politique du monde post-carbone

Alors que le consensus de la modernité verte semble s’imposer partout, nous pouvons encore choisir son modèle. Au-delà de l’alternative stérile entre capitalisme décarboné et apocalypse, l’Europe a les moyens d’inventer une proposition politique moins tributaire de l’esprit de conquête que celles de la Chine et des États-Unis.

Green Deal versus écologie : l’ère de l’environnementalisme productiviste

Lors du sommet pour le climat qui s’est tenu les 22 et 23 avril derniers et qui devait marquer le retour des États-Unis dans la diplomatie de l’après carbone, les différents leaders qui se sont succédé à la tribune ont pu éprouver leurs meilleurs éléments de langage. Joe Biden a ainsi décrit le défi climatique comme l’occasion d’un retour à la compétitivité des États-Unis, à l’avenir fondée sur les « énergies propres » (ce par quoi il faut entendre bas carbone), et son émissaire John Kerry a ajouté « No one is being asked for a sacrifice, this is an opportunity ». Les décennies passées à disqualifier l’environnementalisme comme un fardeau imposé au travailleur comme à l’entrepreneur ont payé : pour ouvrir la voie à un avenir sous les 2°C de réchauffement climatique, c’est la rhétorique de la faisabilité technique et de l’opportunisme économique qui emporte tout sur son passage. Jennifer Granholm, la ministre de l’énergie du gouvernement démocrate, a de son côté recyclé l’une des plus célèbres métaphores de guerre froide en annonçant que l’ouverture des marchés et des innovations dans la green tech constituaient le « moon shot » de notre génération1. L’écho historique est évident : dans les années 1940 déjà, la diplomatie économique américaine déclarait de façon grandiose que la coopération technique et scientifique était en mesure de sauver le monde contre la faim et la guerre, que la « frontière infinie » du projet Manhattan et du programme spatial2 théorisée par les ingénieurs comme Vannevar Bush ouvrait les possibilités techniques au point que la misère et la peur ne seraient bientôt plus que de lointains souvenirs. Le gouvernement Biden reconnaît d’ailleurs explicitement ces références historiques en baptisant son projet de loi sur le financement de la recherche le « Endless Frontier Act ».

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