Accueil DÉBATS Invités Bartolone : «En France, nos Donald Trump fourbissent leurs armes»

Bartolone : «En France, nos Donald Trump fourbissent leurs armes»

Dans un billet publié sur son blog, le président de l’Assemblée nationale s’alarme de la «dérive berlusconienne» qui touche selon lui la droite française.

Alors que la campagne présidentielle américaine s’accélère, Donald Trump multiplie les sorties outrancières. Après avoir invoqué les partisans du second amendement de la Constitution, garantissant le droit de porter des armes, pour faire barrage face à son adversaire Hillary Clinton, le candidat républicain a récemment accusé Barack Obama d’être le «fondateur» de l’organisation État islamique.

Des provocations dénoncées dans un billet de blog par le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone. «Il dit n’importe quoi, mais, ce qui est nouveau, c’est que certains sondeurs lui conseillent de le faire. En cela, les historiens de notre temps jugeront sans doute Donald Trump (qui, je l’espère, demeurera seulement pour eux un simple candidat) comme l’aboutissement parfait d’un phénomène qui n’est pas si nouveau en Occident», assure le socialiste.

Qui n’hésite pas à dresser un parallèle avec la scène politique française. «Pour un homme politique de gauche qui a commencé sa carrière sous la droite giscardienne au pouvoir, l’évolution de la droite occidentale laisse songeur. La droite était souvent brutale et appliquait une politique de rigidité sociale, mais elle acceptait le jeu républicain de la représentation parlementaire en jouant le jeu du débat et de l’expression. Quand on lit et écoute les déclarations des candidats à la primaire de droite actuelle en France, on se rend compte que la dérive berlusconienne, triomphante aujourd’hui aux États-Unis, n’a pas épargné la France. Certains hommes politiques de droite évoquent explicitement Donald Trump, sinon comme modèle, du moins comme référence».

Sarkozy a changé d’avis sur Trump

Une probable référence à Nicolas Sarkozy, qui avait un temps laissé entendre qu’il pourrait s’inspirer des méthodes du milliardaire américain. «Regardez ce que donnent aux États-Unis les candidats soutenus par l’establishment et les médias, ils sont balayés par les candidats du peuple», avait-il déclaré début mars, selon Le Monde. «Cela montre qu’on ne gagne pas au centre, avec une campagne aseptisée, mais en clivant», assurait alors son lieutenant Brice Hortefeux au quotidien du soir. Depuis, le camp Sarkozy a changé d’avis, dénonçant le «populisme» et la «vulgarité» du candidat républicain à la Maison-Blanche. «Ça fait frémir. Ça me fait frémir aussi sur l’état d’une partie de l’Amérique profonde», assurait Nicolas Sarkozy fin mars lors d’un meeting.

«Nos Donald Trump fourbissent leurs armes», poursuit cependant Claude Bartolone sur son blog. «Face à eux, la gauche ne peut se permettre d’incarner un système trop timoré, trop prudent, pas assez actif sur le plan social. L’État de droit et les principes républicains résisteront en France si la gauche parvient, à long terme, à incarner l’espoir et l’amélioration des conditions de vie. Nous pouvons, nous devons le faire. Le peuple français n’a rien à voir avec les nouvelles vulgarités des nouveaux milliardaires et de leurs amis», conclut-il.

Le Figaro

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