Girorgio Pietrostefani (à droite)

Brigades Rouges… Un État de Droit à Géométrie Variable

L’arrestation le 27 avril de sept anciens terroristes italiens de gauche et la disponibilité de Macron de les extrader, violant ainsi la doctrine Mitterrand, n’est pas une très belle page pour la France qui, après avoir permis à ces personnes de vivre dans son pays, après tant d’années les abandonne.

On sait évidemment déjà que l’engagement contre le terrorisme djihadiste ne portera pas beaucoup de fruits et l’Elysée se fait beau en harcelant les fantômes d’un passé lointain.

Ne vaut pas mieux l’Italie qui, depuis plusieurs années, a abandonné la civilisation du droit romain pour arriver à une philosophie du droit protestant, fondée sur la férocité comme fin en soi. C’est la seule façon de concevoir les prescriptions annulées pour des crimes peut-être commis il y a trente ou quarante ans par des personnes qui sont maintenant bien âgées.

De plus, la France avait refusé leurs extraditions, comme tant d’autres nations (Suède, Espagne, Suisse, Canada, Autriche), car les droits des accusés dans les procès politiques des années de plomb étaient constamment bafoués par la justice italienne.

L’Italie ne se comporte pas de manière noble ou exemplaire. Les années de plomb n’ont pas été déterminées seulement par les extrémistes de gauche, mais par toute une classe dirigeante qui, dans la magistrature, la politique, les services secrets, le cinéma, la presse, l’enseignement scolaire et les programmes universitaires, a enivré tout le monde pendant des décennies, en y dirigeant les jeunes, vers l’idéal du terrorisme partisan.

Un manifeste en faveur de la lutte armée a même été publié, signé par des hommes de spectacle er des intellectuels, dont Umbero Eco. Ils ont exhorté sans rien risquer: armons-nous et partez! Quand les choses allèrent mal, ils se détournèrent.

Quand il fut temps de clore l’expérience, tous les mauvais professeurs, qui se comptaient par dizaines de milliers, s’en lavèrent les mains. Certaines des plus importantes ont gravi les marches des principales institutions italiennes.

Aujourd’hui, ils liquident les boucs émissaires et font les moralistes.

Pendant ce temps, pourtant, personne n’a jamais payé pour les militants d’extrême droite assassinés, ni pour les civils tués dans les massacres de masse. Seuls ceux qui sont supposés avoir commis des crimes contre des agents de l’État paient. Peut-être parce que ceux qui sont toujours au sommet de cet État doivent se faire pardonner par leurs serviteurs pour toutes les ordures qu’ils ont commises et pour leurs lourdes responsabilités dans ces meurtres.

Un cas exemplaire est celui de l’ancien dirigeant de Lotta Continua Giorgio Pietrostefani, un homme de 78 ans souffrant de cirrhose, recherché pour responsabilité morale présumée dans un crime d’il y’a 48 ans. Si ce n’est pas un acharnement envers les faibles, qu’est-ce que c’est? Et il est étonnant qu’un tel cas soit aujourd’hui pris en considération dans un pays qui a décrété l’amnistie générale pour la Commune de Paris neuf ans seulement après les événements.

Le procès en dehors du temps des anciens terroristes de gauche est une pitoyable bouffonnerie, portant atteinte à la dignité humaine.

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Incroyable, la prescription pour les délinquants de droit commun est sacrée, mais pas celle des anciens brigadistes! Qu’en pensent Dupont-Moretti, Amnesty International ?

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