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L’élection de Trump, cet énième naufrage des sondages

Jusqu’à la veille du scrutin, l’écrasante majorité des sondeurs prédisait la victoire d’Hillary Clinton…

Après le Brexit , la présidentielle américaine. L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche est un revers majeur pour les instituts de sondage américains. Car, depuis le début de la campagne, la victoire d’Hillary Clinton était unanimement attendue.

La débâcle est quasi-générale. A la veille du scrutin, le New York Times estimait que Hillary Clinton avait 84% de chances de l’emporter. Bravache, l’agence Reuters surenchérissait à 90% . De son côté, le site d’analyse politique FiveThirtyEigh évaluait à 71% la probabilité qu’Hillary Clinton devienne la première femme présidente des Etats-Unis.

Lundi, un sondage national pour la chaîne ABC et le quotidien Washington Post donnait quatre points d’avance à la candidate démocrate (47% contre 43%). L’écart était le même pour les chaînes CBS (45-41) et Fox News (48-44). Une enquête de Bloomberg et de Selzer (un centre d’études politiques) accordait une avance de trois points à la candidate démocrate (44-41).

Le site Real Clear Politics , qui établit une moyenne des sondages, estimait de son côté l’écart entre la démocrate et le républicain à 3 points – Hillary Clinton était créditée de 47,2% des voix et Donald Trump de 44,2%.

Mais, dès les premiers dépouillements des votes, les faits ont puissamment démenti ces prédictions. Et des “swing states” promis à la candidate démocrate ont été remportés par celui présenté comme l’outsider de cette élection qui a bel et bien fini par la remporter, compte tenu, aussi, de la démographie de son électorat, ainsi que le démontre le graphe réalisé pour “Les Echos” par Statista .

Vote caché ?

Selon le Daily Telegraph , les instituts de sondage américains auraient commis la même erreur que leurs confrères britanniques quelques mois plus tôt avec le Brexit, à savoir sous-estimer le vote de droite et/ou conservateur caché. “Les électeurs refusant de dévoiler leur orientation politique sont souvent ceux qui votent pour un parti conservateur”, avance le quotidien britannique.

Le Daily Telegraph rappelle aussi que depuis une semaine, certains proches des Républicains insistaient sur l’idée que les sondages ne tenaient pas compte de ce phénomène qu’ils qualifiaient de “vote secret pour Trump”, et dont le New York Times questionnait la véracité il y a deux jours.

« Les sondeurs ont raconté n’importe quoi »

“Les sondeurs ont raconté n’importe quoi (…) Leurs prédictions ne valent même pas le prix du papier sur lequel elles sont imprimées”, s’est elle agacée la présentatrice vedette de Fox Megyn Kelly. “Je ne vois pas un seul sondage qui ait prédit que Trump allait passer ce type de nuit”, s’est désolé Jake Tapper, le présentateur de CNN.

Une assertion pas tout à fait exacte. Les sondages de l’institut Dornsife et du L.A. Times ont plusieurs fois prédit la victoire du candidat républicain. Ces dernières semaines, leur méthodologie a été passé au crible par la presse américaine qui l’a souvent critiquée, tout particulièrement le New York Times .

“On permet aux gens d’exprimer leur incertitude, et ça me semble pertinent”

Chaque jour, 1/7 de l’échantillon sélectionné (3.200 personnes) était interrogé sur leur vote, ainsi sur la probabilité de celui-ci. “Nous leur demandons quel est le pourcentage de probabilité qu’ils votent aux élections de novembre (…) Ils peuvent dire, par exemple, qu’ils sont à 25% pour un candidat et à 75% pour un autre. On permet aux gens d’exprimer leur incertitude, et ça me semble pertinent”, décortiquait Arie Kapteyn , l’un des trois experts derrière ce sondage, rapporte Libération .

Interrogée sur des sondages nationaux donnant Trump vainqueur ces derniers jours, Buffy Wick – conseillère politique démocrate – avait répondu à Libération : “Ces sondages ne veulent rien dire (…) Les sondages ne sont pas fiables et ne reflètent pas l’organisation sur le terrain. Hillary a des milliers de militants dans tous ces Etats qui frappent aux portes et recueillent les votes. Trump n’a rien de tout ça”.

Dans un billet publié sur le New York Times ce mercredi matin et intitulé “Notre pays inconnu”, l’économiste Paul Krugman écrit : “Nous savons une chose : les gens comme moi, et la grande partie des lecteurs du New York Times, ne comprennent absolument pas le pays dans lequel nous vivons. » Qu’il se rassure, ils sont très loin d’être les seuls.

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