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Les maires désarmés face au trafic de drogue

Le trafic de drogue ne cesse de progresser en France, gangrenant de plus en plus de villes et empoisonnant la vie de leurs habitants.

En 2015, les saisies de cannabis ont augmenté de 65% (60,8 tonnes de résine et 16,8 tonnes d’herbe) mais le «marché» criminel reste immense, entretenu par une demande en hausse constante. «Deal» au vu et au su de tout le monde, vandalisme pour détruire les caméras de vidéosurveillance, règlements de compte en pleine agglomération… Les maires sont aujourd’hui désarmés face à cette explosion de violence. D’autant plus désarmés que la riposte policière n’est pas toujours efficace et que la réponse judiciaire est jugée insuffisante par nombre d’édiles.

Désemparés, les élus sont aujourd’hui partagés. Certains, à gauche surtout mais aussi à droite, prônent la dépénalisation (réduction ou assouplissement des peines prévues par la loi), préférant une amende à une longue procédure. D’autres, plus rares, sont partisans de la fin de la prohibition en «légalisant» le cannabis. Les derniers, une opinion majoritaire à droite, veulent une répression accrue et surtout une riposte judiciaire plus dure. Dans l’intervalle, le fléau continue ses ravages.

Aux portes de Paris, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) est livré aux délinquants

Deux journalistes du Parisien, Claire Guédon et Nathalie Perrier, publient ce mois-ci Une ville sous emprise aux éditions du Rocher. Un constat terrible qui montre que l’action conjuguée de la police, de la justice et de la municipalité ne parvient pas à détruire un véritable supermarché de la drogue secoué par de violents règlements de comptes en 2015, suivis par l’envoi de renforts policiers. Aujourd’hui, le trafic a repris de plus belle dans les rues, devant le tribunal de police, les écoles, une crèche… Un véritable calvaire pour les habitants.

Plus d’un milliard de chiffre d’affaires et plus de 200.000 personnes impliquées

Dans un rapport publié ce mois-ci, l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) précise que le trafic de cannabis a généré en 2010, 1,1 milliard de chiffre d’affaires. Un des auteurs de ce rapport, Nacer Lalam, explique au Figaro qu’il y a un peu plus de 1000 individus «têtes de réseau», qui perçoivent en moyenne 380.000 euros de gains annuels. Sous leurs ordres, on dénombre 10.000 grossistes avec chacun près de 65.000 euros de chiffre d’affaires et 92.000 semi-grossistes. En bas de l’organisation, on dénombre 133.000 vendeurs de rue, de moins en moins bien payés, avec des responsables qui tirent les salaires vers le bas.

Une police qui peine à pénétrer les réseaux de trafiquants

La lutte contre le trafic de stupéfiants est érigée au premier rang des priorités policières, avec le terrorisme et la lutte contre les cambriolages. Mais le cannabis, importé à 80 % du Maroc et de plus en plus concentré en produit actif, inonde toujours le marché. En 2015 les douanes et la police nationale ont saisi plus de 140 tonnes de résine et d’herbe. Mais ce n’est que la partie émergée d’une tentaculaire économie souterraine que les services spécialisés peinent à pénétrer.

L’échec de la «transaction pénale»

Frapper au porte-monnaie l’usager de stupéfiants a été une piste qui sitôt lancée a été mise de côté. Votée en août 2014, cette transaction pénale avait pour objectif de sanctionner sur-le-champ un consommateur, en remplacement d’une longue procédure qui aboutit rarement à la peine encourue. Mais la méthode s’est avérée trop lourde et elle est peu utilisée.

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