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La députée démocrate Gabbard fait un voyage secret en Syrie

Tulsi Gabbard, représentante Démocrate d’Hawaii, vient de quitter Damas, qui a été déchirée par la guerre, après ce que son assistante décrit comme une mission d’enquête sur le terrain visant à mettre fin à un conflit de près de six ans en Syrie.

Le voyage d’un membre du Congrès dans un pays dévasté est extrêmement rare, d’autant plus que les combats continuent, en violation directe d’un récent accord de cessez-le-feu négocié par la Turquie et la Russie. Cette semaine, des forces gouvernementales syriennes soutenues par des militants libanais ont tenté de récupérer une zone contrôlée par les rebelles près de Damas, dont la station de pompage approvisionne la majeure partie de la ville en eau.

Tulsi Gabbard, vétéran de la guerre en Irak qui a été sujette à des spéculations sur une possible nomination dans l’administration Trump, après avoir rencontré en privé le président élu en novembre, a fréquemment désavoué son parti et l’establishment de la politique étrangère de Washington dans des débats sur le conflit syrien.

Pendant des années, elle s’est opposée à une politique américaine de changement de régime et a dit que le pays deviendrait plus instable et dangereux si le président syrien Bashar al-Assad était évincé.

En décrivant l’objectif du voyage, la porte-parole de Gabbard, Emily Latimer, a déclaré qu’elle : –

« estimait qu’il était important de rencontrer un certain nombre d’individus et de groupes, y compris des chefs religieux, des travailleurs humanitaires, des réfugiés et des dirigeants gouvernementaux et communautaires ».

Ce mois-ci, elle a présenté la loi Stop Arming Terrorists, qui interdit au gouvernement américain de fournir des fonds et des armes à des groupes militants sunnites travaillant au renversement du régime d’Assad, comme le Front du Levant, Jabhat Fateh al-Sham et Al-Qaïda.

Dans des interviews, elle a appelé les États-Unis à abandonner leur objectif d’éliminer Assad pour se concentrer sur l’élimination d’État islamique et d’al-Qaïda.

« Gabbard est depuis longtemps engagée pour la paix et la fin des guerres contre-productives et interventionnistes » , a-t-elle déclaré à Foreign Policy.

Lorsqu’on lui a demandé si Gabbard a rencontré Assad, l’homme fort souvent blâmé pour un conflit qui a tué 400 000 personnes et en a déplacé des millions, Latimer a refusé de commenter, en citant des questions de sécurité et de logistique.

Pour ses critiques, Gabbard est une apologiste d’un régime qui a commis d’innombrables crimes de guerre et déstabilisé le grand Moyen-Orient. Pour ses partisans, elle est une voix solitaire en bonne santé mentale contre le flot croissant d’interventionnisme bipartisan qui risque d’embourber les États-Unis dans un autre conflit au Moyen-Orient.

Elle a, à plusieurs reprises, comparé Assad à Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein, des dictateurs brutaux qui ont été la proie de l’intervention occidentale dans des conflits devenus plus tard impopulaires.

« Je ne pense pas qu’Assad devrait être retiré, a déclaré Gabbard à CNN. Si Assad est retiré et renversé, ISIS, al-Qaïda, al Nusra – ces groupes extrémistes islamiques vont marcher tout droit sur Damas et prendre toute la Syrie. […] Ils seront encore plus forts. »

Le président Barack Obama et les dirigeants du Congrès ont soutenu que toute résolution du conflit en Syrie doit aboutir au départ d’Assad. Mais les vues de Gabbard ont trouvé l’appui de Trump, qui a longtemps soutenu que l’opposition syrienne avait été infiltrée par les extrémistes islamiques et ne peut pas être digne de confiance.

Stephen Bannon, principal stratège de Trump, apprécierait Gabbard pour ses opinions sur l’extrémisme et sa capacité à canaliser les sentiments populistes de gauche.

Après la rencontre entre Gabbard et Trump en novembre, elle a publié une déclaration disant que le président élu : –

« m’a demandé de le rencontrer au sujet de nos politiques actuelles concernant la Syrie, notre lutte contre des groupes terroristes comme al-Qaïda et ISIS » .

« Lorsque je ne serai pas d’accord avec le président élu Trump sur certaines questions, je n’hésiterai pas à exprimer ce désaccord, a-t-elle ajouté. Cependant, je crois que nous pouvons être en désaccord, même fortement, mais toujours nous réunir sur des questions qui comptent pour le peuple américain et affectent leur vie quotidienne. »

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