Le Réel Tel qu’il Est

En finir avec la nostalgie et la déploration. Mais, s’adapter au réel et s’organiser.

A la dégradation continue de la situation sociale depuis plusieurs années dans beaucoup de pays européens, s’ajoute maintenant la crise sanitaire d’une teneur dont les habitants des pays développés ne pouvaient soupçonner le retour. Surtout qu’on leur avait mis dans la tête que la mondialisation était heureuse. Interminable, et sans doute reproductible, elle contribue à générer le sentiment que tout était, finalement, mieux autrefois. Cependant, tandis que le temps passe, les transformations du monde apparaissent de plus en plus claires, et à bien y regarder, elles signifient que l’histoire du monde a tourné la page.

En ce qui concerne les Européens, leur dépendance vaccinale vient confirmer une vulnérabilité constatée dans tant d’autres domaines. Mais ce n’est ni l’évocation répétitive des grandeurs passées, des splendeurs perdues, ni la déploration du déclin et de la perte de la maîtrise du destin [ faits auxquels ont contribué plusieurs générations depuis 1968, par leur goût du confort quelque peu immodéré, au point d’en oublier les obligations civiques qui permettent à une collectivité de vivre dans la solidarité et de se reproduire, mais aussi par leur aveuglement idéologique, toujours présent] qui permettront de sortir de l’ornière, de surmonter les difficultés qui ne font que commencer.

Il importe, au contraire, d’admettre le réel tel qu’il est, et de s’y adapter. C’est-à-dire de prendre en compte le changement mondial et les nouvelles réalités de la puissance qui lui sont propres. Il faut arrêter de croire et de faire croire, comme certains zélateurs du souverainisme bien en vue sur les plateaux de la télévision, que les Etats-nation européens sont en mesure de rivaliser avec les Etats-Unis ou avec la Chine, quand aucun d’entre eux n’est capable de ramener à la raison le petit dictateur turc. Vieux, endettés comme jamais et dirigés par une classe politique composée d’éléments le plus souvent incompétents (parce qu’ils n’ont qu’une piètre connaissance du monde) et qu’ils soient idéalistes ou simplement intéressés, les Etats européens n’ont plus aucune prise sur le cours des événements et sur les grandes décisions mondiales. Ils subiront Biden comme ils ont subi Trump.

Entre temps, la Chine a profité de la crise de la covid pour accentuer son avance technologique sur tous les pays européens (lequel parmi ces derniers est en mesure de la concurrencer, par exemple, dans la conquête spatiale ?). La Chine poursuit l’homogénéisation de son territoire (avec l’intégration forcée du Sinkiang après celle du Tibet et celle de la Mongolie) alors que les populations des pays européens ressemblent de plus en plus à des mosaïques de diasporas, qui chez certains d’entre eux ont de plus en plus de mal à cohabiter. On se demandera dans peu de décennies où sont passées les nations d’antan, alors que déjà les rapports de force intercommunautaires de la nouvelle démographie commencent à faire ressentir leurs effets. Il faut, enfin, arrêter de croire à une régulation, ou mieux à une mise au pas, des oligopoles globaux sans l’existence d’un Etat européen conséquent.

Dans ces conditions, tous les débats nationaux comme tous les combats politiques nationaux, au même titres que les ressassassions des récits nationaux, qui ne se situent pas dans une perspective de renaissance et de puissance européennes sont sans issue. A l’échelle du monde d’aujourd’hui, toutes les élections présidentielles et législatives nationales que l’on peut envisager ne sont que des événements paroissiaux qui ne changeront rien au déclin observable, si leurs résultats ne sont pas en mesure et ne sont pas destinés à engendrer une dynamique continentale.

Face à une telle impasse, peut-être est-t-il encore temps de faire émerger une authentique opinion publique européenne ? En commençant par faire circuler, malgré l’hégémonie communicationnelle de tous les agents de l’universalisme réducteur, d’un bout à l’autre du continent, d’une part, les aspirations et les inquiétudes légitimes des citoyens de ses différentes régions, et d’autre part, les réponses qui peuvent leur être données dans une perspective solidaire et constructive européenne.

On peut se féliciter que les Lansquenets d’Europe, avec le site Voxnr – Nouvelles Réalités, aient pris l’initiative d’ouvrir ce chantier fondamental. Si d’autres acteurs conscients de ces réalités aisément constatables le comprennent, alors il leur sera possible d’aller plus loin tous ensemble et d’organiser une activité politique supranationale susceptible de faire entendre la voix des Vrais Européens dans les futurs débats, et plus encore dans les prochaines luttes politiques vitales pour le destin de tous les Européens.

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Les fresques de l’aéroport de Denver nous indiquent clairement que la race jaune prédominera sur toutes les autres nations, les georgia guidestones nous montrent la fin des états européens, les fresques de la bank of America nous fait comprendre ce qu’il adviendra bientôt de notre civilisation, qu’ajouter de plus.

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