Accueil DÉBATS Invités La société des femmes 2/3 – D’Aphrodite à Héphaïstos

La société des femmes 2/3 – D’Aphrodite à Héphaïstos

Sans un apprentissage nécessaire à la croissance de l’esprit humain, la jeune fille connaîtra une vie entière d’excès divers et le jeune homme deviendra un incapable.

Même la personne la plus ignorante au monde remarquera d’un coup d’œil qu’il existe des différences significatives entre un homme et une femme, qu’elles sont marquées et qu’il est impossible de les ignorer. Le corps féminin, notamment chez les mammifères, est particulièrement spécialisé. C’est là l’origine de la « faiblesse » physique de la femme par rapport à l’homme : toute l’énergie dépensée pour concevoir un système reproducteur aussi avancé a bien dû être prélevée quelque part.

De toute évidence, si l’organe masculin est comparativement plus simple, c’est que plus de puissance a pu être utilisée pour renforcer le reste du corps : l’homme moderne est spécialisé en tant que gardien de la femme, alors que cette dernière l’est désormais en tant « qu’épouse ».

Pourtant cette supériorité manifeste, née de la faible utilité reproductrice de l’homme, n’est qu’une puissance nécessaire à sa fonction sociale : aux yeux de la vie, le genre masculin est conçu pour faire office de serviteur totalement efficace pour le foyer, en tant qu’esclave. Malgré cela, la tâche du sexe masculin ira tout de même croissante, mais pour la société et pour elle seule. Car c’est cette dernière qui a rendue possible la libération de l’homme face à la femme. La vie, organisée en Cité, autorise que ce soit le père qui domine le groupe, alors que dans un état de nature plus primordial, c’est la mère qui décide.

Pour un insecte, l’absence d’utilité implique la mort, à court terme. Alors que dans une société ouverte, une telle « liberté » et un tel « contrôle sur son propre destin » sont de fantastiques opportunités, qui permettent à l’homme de se spécialiser entièrement dans une activité, qu’elle soit martiale ou productrice : c’est ainsi que les premiers métiers apparurent. La femme refusa d’abandonner son ancienne fonction immémoriale, là où l’homme fut libre de s’en concevoir chaque jour de nouvelles.

On le disait frivole ? Il devint artisan et sa puissance se démultiplia soudainement, d’autant qu’il fut capable de placer la nature sous son contrôle. La société se stabilisa, petit à petit, dans un patriarcat, mais pas n’importe lequel : au sein d’une Cité dominée par ses artisans et non ses guerriers, puisque ceux-là restent invariablement sous contrôle féminin.

Cette puissance grandit, alors même que les femmes repoussaient toujours l’idée d’opérer d’autres fonctions que celles liées au foyer, de peur de passer pour des épouses stériles et impropres à assurer une descendance. Par-là, elles craignaient d’être assimilées comme vulnérables aux yeux de leurs rivales, une fragilité qui conduisait à la mort, quelques millénaires plus tôt à peine. Cette crainte demeure si fortement ancrée dans l’esprit féminin, si profondément implantée dans la nature de notre espèce, qu’elle est encore en vigueur aujourd’hui et n’a pas faibli.

La femme est taillée à la conception d’un enfant, à sa sauvegarde. Aussi, elle demeurera singulièrement territoriale : la première priorité d’une jeune fille n’est pas de s’assurer un emploi, mais un logement. L’emploi est encore assimilé à une extension du domaine masculin, là où le logis reste une prérogative féminine, aux yeux des intéressés. Si les femmes sans-abris se font plus rares que les hommes, c’est qu’elles supportent moins de telles conditions sur la durée et n’hésiteront pas autant à accepter des conditions dégradantes pour se garantir un semblant de territorialité.

Il n’y a pas, chez la jeune fille, d’instinct « maternel » moins développé que chez le chat ou le hamster. Comme ces deux espèces, il consiste surtout à la fabrication, à l’entretien et à l’organisation du territoire où la progéniture sera amenée à prospérer. Toutefois, cette protection n’impliquera pas toujours celle de la personne, de l’individu vivant qu’est le jeune : les mères sont propices à l’expulsion de leurs enfants, qui finiront par déranger son territoire, même avant qu’ils ne soient assez adultes pour en réclamer un.

Chez elle, la femme est seule propriétaire et l’homme n’est qu’un invité. Les habitudes de la préhistoire n’ont pas disparues et la compétition pour les meilleurs gardiens ne s’est pas effacée non plus, s’ajoutant naturellement à la rivalité pour les plus grands territoires. Même la plus petite enfant entre dans ce jeu, dès la première semaine où elle se trouvera mise en communauté dans une école, compétition que le petit garçon ne comprendra qu’à l’adolescence et qui se fera à ses dépens durant toute son enfance.

Ce dernier n’est rien de plus qu’un jouet, pour une petite fille, qui sera appelé à devenir un outil à la fin de l’adolescence : un instrument de prestige social tout d’abord, puis de pouvoir à l’âge adulte. Les garçons qui imaginent leur petite amie comme un accessoire de leur « supériorité » de mâle, auprès de leurs camarades, seraient probablement effrayés à l’idée de savoir qu’ils sont beaucoup moins que ça encore à ses yeux.

Une fille est toujours précoce : elle s’avèrera mature, organisée, calculatrice et, si elle peut être impatiente, se montrera en contrepartie des plus tenaces. Alors que le garçon se présente à l’inverse comme un être frivole, touche à tout, impatient et spontané qui ne réfléchit jamais à rien. Pourtant, tous deux ont en commun une immense soif de puissance : qu’il soit clinquant et explosif, tel que recherché par l’homme, ou intellectuel et précis, tel qu’organisé par une femme.

Le mâle souhaite asservir à son autorité ses semblables, par la force, il demeure assujetti à des règles et s’appuie sur des contextes qui lui sont dictés par sa propre biologie : l’honneur, le courage et le devoir sont de ces limitations, implantées pour faire d’eux de parfaits serviteurs du foyer. Alors qu’à l’inverse, une femme opère par la gestion et la maîtrise des conditions qui lui sont proposées, pour les faire s’effondrer à son avantage, par tous les moyens. La petite fille est attirée non pas par le « poupon » ou la « cuisine », mais par l’activité maternelle elle-même, qui lui permet de placer une petite part du territoire dans son propre terrain et de le faire croître sous sa seule autorité, par défi pour sa mère.

En cela on peut observer que la vie ne met pas vraiment en avant la moralité humaine, puisque dès ses plus jeunes années, la petite fille se prépare déjà à évincer sa propre mère de son territoire, pour pouvoir ensuite prendre le contrôle de l’ensemble de la maison.

Mais ce monde figé d’une enfant placée sur un trône et d’un garçon un peu « arriéré » mais tout de même « intéressant » va drastiquement changer au début de l’adolescence. Les hommes n’ont pas la moindre idée de ce qu’implique cette période pour une jeune fille : son organisme entier va être réorganisé en vue de la préparer à donner naissance. L’évolution de l’homme n’étant arrangée, quant à elle, qu’autour de la seule étape d’accouplement.

La future « épouse » va connaître des mutations critiques pour tout ce qui se déroulera après cette étape, s’étendant jusqu’à plusieurs années suivant la naissance de l’enfant. Pour cette opération, le besoin en énergie est si immense que le développement va quasiment s’arrêter, pour quantité d’autres dispositions, perçues comme plus triviales par les génomes des organismes sexués.

Une jeune fille adolescente entre dans « l’âge bête » au sens littéral et pour de bonnes raisons : la perte de maturité est inévitable, compte tenu des changements physiologiques qui s’opèrent. C’est une époque charnière où la femme va naître avec violence, presque contrainte de comprendre sa place, face à un mâle qui sera, durant toute cette période, bien plus mature, puissant et développé qu’elle. Il se trouve en position de force pendant toute l’adolescence. Pour le garçon, c’est à ce moment qu’il va commencer à comprendre ce qu’est une femme, comment elle fonctionne et ce qu’elle peut offrir. La compétition entre mâles démarre dans la seconde même où le développement des organes génitaux est terminé.

Les jeunes adolescentes sont si chargées d’hormones et connaissent de telles mutations corporelles que leur caractère de petite fille va disparaitre complètement en quelques semaines, pour laisser la place à une attitude particulièrement excessive, correspondant au grossier prototype de ce qu’elles seront, une fois adultes.

Car c’est bien l’excès qui est, en tout, l’attitude de l’adolescente par excellence : la compétition est excessive, la volonté d’avoir un foyer est exagérée et, si la société ne réprimait pas cette attitude avec habitude, la puissance sexuelle le serait aussi. Les enfants ne peuvent comprendre le principe caché derrière le mot « guerre » avant d’avoir atteint l’âge où les jeunes filles vont représenter l’Alpha et l’Oméga de la vie dans la cité.

La société moderne a tort d’imaginer que l’école mixte fut une grande victoire face à la « société patriarcale », puisque s’il y a bien un moment où une fille se trouve totalement vulnérable et peut aisément tomber sous l’autorité d’un « mauvais garçon » c’est au cours de la seule période de sa vie où elle répondra difficilement non.

Le garçon se remet plus vite de sa croissance et parvient même à supporter son évolution, suffisamment du moins pour commencer à décider de sa vie future. Alors que son double féminin éprouvera des difficultés à prendre la moindre décision, puisque sous le calme apparent des adolescentes, c’est une véritable guerre qui s’opère. C’est le moment où l’on est incapable de faire la part des choses et où tout, même ce qui apparaitra dans l’avenir comme le plus insignifiant, va prendre une importance vitale et d’autant plus pour celle qui assurera la survie de ses enfants dans son propre corps.

Les différences entre les deux sexes se marquent bien après la naissance, dans l’enfance, une petite fille est au moins aussi forte que peut l’être un petit garçon, en plus d’être plus organisée : elle est plus dangereuse que lui. En cela, la croissance de l’être humain n’est qu’une maquette de l’évolution de la vie terrestre toute entière1. Pourtant, lorsqu’il atteint l’adolescence, même précocement, le garçon devient plus dangereux que la fille : il peut lui faire bien plus mal.

Le concept même de « viol » n’est complètement compris qu’à l’adolescence et s’avère une douloureuse marque de son entrée, que l’on a de plus en plus de mal à contrôler dans nos écoles, du fait de nos idées reçues sur l’âge que l’on dit « sexuel ». On peut être adolescent à huit ans, dans certains cas, puis devenir entièrement mature à seize ans. Le principe d’agression sexuelle ne deviendra une caractéristique « spécifiquement masculine2 » qu’à l’âge adulte : dans sa jeunesse, une fille n’est certainement pas un modèle de gentillesse en la matière. Si l’on en fait un crime dont seule l’adolescente peut revendiquer être, alors elle s’en servira comme d’une arme, au même titre que n’importe quel privilège que l’on concèderait à un être humain.

Plus la société met en avant la féminité pour sa douceur et cesse sa surveillance accrue, plus les agressions entre filles ou de filles envers des garçons augmentent : ce n’est pas la période la plus dangereuse de la vie humaine pour rien. Aucune action que l’on pourra tenter, pour assainir les collèges, ne fonctionnera jamais dans tous les cas : la vie d’un « jeune » est dangereuse parce qu’il commence à devenir une menace pour son environnement. Mais on ne règle pas la discipline d’un futur « soldat » ou d’une future « mère » en laissant faire, mais en faisant comprendre que l’environnement et notamment la société civile est aussi capable de riposter avec une extrême violence, implacablement.

Sans cet apprentissage, nécessaire à la croissance de l’esprit humain puisqu’il jalonne la vie de limites à ne pas franchir, la jeune fille connaîtra une vie entière d’excès divers et le jeune homme deviendra, dans le meilleur des cas, un incapable.

Notes
  1. Les très jeunes enfants sont bien plus proches de l’Homo Habilis que de l’Homo Sapiens.
  2. les hommes n’assimilent pas le concept de « viol » de la même manière qu’une femme, ce qui implique d’autant plus la nécessité de punir avec une extrême sévérité le moindre excès de violence. Cependant, les femmes adultes ont eu tendance à attendre des hommes, ces derniers siècles, une certaine autorité qui conduisit au final à placer la contrainte dans les rapports sexuels comme une norme. Enfin, puisque la société patriarcale de la civilisation que l’on dit « judéo-chrétienne » a établi qu’il était tabou pour la femme d’être consentante à un rapport, la force s’est naturellement placée comme le seul moyen d’y satisfaire.

La société des femmes 1/3 – Le sexe fort
La société des femmes 2/3 – D’Aphrodite à Héphaïstos
La société des femmes 3/3 – Son Empire

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