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Syrie : Un arrière-Ghouta de médiamensonge occidentalocentré [2]

Plus j’y pense & plus le mythe de la Ghouta m’apparaît comme le nouveau médiamensonge de l’Occident. La version 2018 des couveuses de Koweït-City & des ADM de Saddam ! C’est bien connu : seuls les Occidentaux font la guerre avec tact & modération. & lorsqu’ils commettent, non pas des crimes de guerre (c’est bon pour les Russes & les Syriens), mais des dommages collatéraux, c’est par inattention & à regrets. Combien de temps encore de tels errements bobards vont-ils être défendus ? 2ème Partie.

| Q. Où en est-on de la trêve ?

Jacques Borde. Celle gérée par les Russes fonctionne peu ou prou. À rappeler à tous ceux qui s’indignent de la poursuite des combats, que :

1- avant même son instauration, les groupes terroristes takfirî rejetaient toute idée d’évacuation des civils et des combattants hors de leur fief de la Ghouta. Cela alors que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï V. Lavrov, venait d’évoquer son plan d’évacuation.
2- comme l’a rappelé, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, « Les terroristes qui se trouvent dans la Ghouta orientale ne déposent pas les armes, ils retiennent les habitants en otage et cela exacerbe les tensions ».

| Q. Il n’y a pas moyen d’étendre la trêve actuelle au-delà des cinq heures initialement consenties par les Russes ?

Jacques Borde. Cela va être difficile. Voire impossible.

Interrogé sur un éventuel renforcement au-delà des cinq heures quotidiennes prévues, Dmitri Peskov, a estimé que cela dépendait d’abord « de la manière dont se comportent les groupes terroristes, s’ils continuent à faire feu, s’ils poursuivent leurs provocations ».

« Nous regrettons qu’en ce qui concerne la Ghouta orientale, nos vis-à-vis [les Occidentaux, NdlR] ignorent le désordre, la situation qui y est provoquée par les terroristes qui se protègent en tenant la population civile en otage », a-t-il poursuivi lors d’un point de presse, ajoutant que la Russie allait néanmoins « continuer le travail en vue de la mise en œuvre de la résolution » du Conseil de Sécurité de l’ONU.

De son côté, lors de sa rencontre avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, Lavrov, a mis les pieds dans le plat, déclarant que la Russie espérait « que ceux qui ont une influence sur les opposants qui continuent de bombarder Damas prendront sur eux la responsabilité de les convaincre de la nécessité de mettre en œuvre la résolution » du Conseil de sécurité.

Pour l’instant, on en est là…

| Q. Mais une telle offensive, je veux dire d’une telle ampleur, s’imposait-elle ?

Jacques Borde. Bien sûr qu’elle s’imposait. Elle était même inévitable. Tous les jours de la Ghouta, des obus tombent sur plusieurs quartiers de Damas.

Devant le Conseil de sécurité, le représentant permanent de la Syrie, Bachar al-Jaafari, a rappelé qu’à partir de la Goutha tenue par les terroristes takfirî, « des milliers d’obus s’étaient abattus sur Damas, même sur le siège du Croissant rouge arabe syrien, et avaient fait des centaines de victimes ».

Clairement, depuis la libération de Deir ez-Zor, l’Al-Jayš al-’Arabī as-Sūrī (AAS)1 concentre, à juste raison ses efforts sur la Ghouta orientale, qu’il est plus que temps de libérer de ses métastases à la fois nazislamistes et mafieuses.

En plus, lorsque nous parlons de la Ghouta orientale, précisons, comme l’a fait Antoine de Lacoste, que : « Seules deux enclaves islamistes subsistent : une petite au sud (avec plusieurs centaines de combattants de DA’ECH) et une plus importante à l’est, 110 kilomètres carrés qui échappent à Damas. 400.000 civils y vivent »2.

De fait, « C’est cette dernière enclave qui fait l’objet de l’offensive syrienne, d’ailleurs pas si récente : depuis plusieurs mois, l’armée a repris plusieurs dizaines de villages et tente de négocier avec les milices islamistes pour une reddition puis un transfert vers Idleb, comme cela avait été le cas à la fin du siège d’Alep »3.

| Q. Quels groupes combat au juste Damas ?

Jacques Borde. À peu près toujours les mêmes.

Notamment, comme l’indique Lacoste, « l’Armée de l’islam (soutenue par l’Arabie Séoudite) est prête à discuter, ce n’est pas le cas de ses deux concurrents : Fatah al-Chām (l’ex Al-Nosra, proche d’Al-Qaïda) et Faylak al-Rahmane (affilié aux Frères musulmans et au Qatar). Ces groupes reproduisent exactement la même tactique qu’à Alep : prise en otage de la population (tout civil qui veut quitter la zone est abattu), installation d’armes lourdes dans les hôpitaux (pour obliger l’aviation à les bombarder et, ainsi, discréditer le régime), interception des rares convois de ravitaillement à leur profit »4.

Par ailleurs, les combattants armés takfirî, sont tout sauf sur le point de s’effondrer, même s’ils encaissent des coups très durs. En effet,

1- selon les Russes, un centre de commandement unique de cinq groupes terroristes s’est formé dans la Ghouta orientale. Et, de ce fait, « la tension continue de monter (…). Les formations armées illégales Jayš al-Islam, Jabhat al-Nosra, Ahrar al-Chām, Faylaq al-Rahmane5 et Liwa Fajr al-Oumma6 ont formé un centre de commandement unique dans l’enclave », a indiqué le commandement russe dans un communiqué.
2- Malgré les déclarations faites par Jayš al-Islam sur la réconciliation en Syrie, des tirs de mortier visant la capitale syrienne Damas proviennent toujours du territoire contrôlé par ce groupe, ont ajouté les Russes. En moins de 24 heures, les terroristes takfirî ont notamment tiré 31 obus contre les quartiers résidentiels de Damas blessant 13 civils et un soldat de l’armée syrienne.

Par ailleurs, il y a clairement un double jeu occidental autour de la Ghouta orientale…

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Comme l’a justement noté Richard Labévière, « Les media occidentaux ne relaient que les 400 civils de la Ghouta, selon l’OSDH, qui est une officine des Frères musulmans à Londres. Cela dit, ils parlent beaucoup moins des centaines d’obus de mortier qui pleuvent [sur Damas]. Il faut être un peu équitable ».

Et, c’est, bien sûr, tout sauf un hasard. Comme le souligne Labévière, on assiste bien à la « réactivation » de « vieilles machineries propagandistes », en l’occurrence celles observées lors de la reprise d’Alep, fin 2016. Avec des éléments de langage récurrents chez nos Je Suis Partout pro-golfiques.

« Sur le plan des termes », poursuit Richard Labévière, « c’était tellement inversé, puisqu’on libérait Raqqa et Mossoul alors qu’Alep était assiégé par sa propre armée nationale (…).  Vous avez même des pseudo-analystes, dans des journaux comme Libération, qui s’étonnent que l’armée gouvernementale syrienne cherche à reconquérir l’ensemble de son territoire national ».

Aujourd’hui, la Ghouta c’est le « nouvel Alep médiatique ». Ça et rien d’autre. Évitons de tomber dans le panneau !…

| Q. Où en est-on des échanges et des positions des uns et des autres entre les parties au Grand jeu au Levant ?

Jacques Borde. Cela dépend. Moscou a, clairement, monté d’un cran dans son engagement aux côtés de Damas :

Primo, en réagissant aussitôt à la rupture de la trêve par les groupes terroristes takfirî.

Secundo, en mettant en place son propre système de trêve.

Tertio, en expédiant une première paire de ses tous derniers appareils de combat, le Su-57, bombarder les positions terroristes. Un signe fort à n’en pas douter. Et, enfin, une Russie proactive et pas seulement réactive.

| Q. Des Su-57 en Syrie, c’est sûr comme info ?

Jacques Borde. Apparemment, oui. Au-delà des sources russes, des images satellites ont été publiées par l’Israélien ImageSat. On y voit assez distinctement deux de ces appareils de cinquième génération, sur la Base de Hmeimim.

Par ailleurs, une source proche du ministère de la Défense a confirmé à l’agence de presse RBK que les deux avions avaient été envoyés à Hmeimim « pour un test en condition réelle ».

Chose promise, chose faite…

| Q. Qu’entendez-vous au juste par « test en condition réelle » ?

Jacques Borde. En fait, à ce que l’on sait :

1- les Su-57 aperçus au dessus de Damas provenaient effectivement de la Base de Hmeimim.
2- ils n’avaient aucun emport apparent.
3- leur survol de la capital syrienne a coïncidé avec de très fortes explosions dans la Ghouta orientale.

En fait, l’un des deux Su-57 aurait lancé un ou plusieurs missiles air/surface d’un nouveau type. Le ou les engins tirés étant transportés en interne, en soute, et non sur des point d’emport extérieurs. Ce qui signifie que le Su-57 vient de réussir son baptême de feu dès sa première entrée en service. Pas mal !

Et une mauvaise nouvelle pour pas mal de monde. À commencer par Paris et ses idées d’intervention sur le terrain…

Notes

1 Armée arabe syrienne.
2 Syrie : que se passe-t-il vraiment à la Ghouta ? 
3 Syrie : que se passe-t-il vraiment à la Ghouta ? 
4 Syrie : que se passe-t-il vraiment à la Ghouta ? 
5 Ou la Légion du Tout Miséricordieux.
6 Ou la Brigade de l’aube de la communauté des croyants.

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